Lettre de M. Abdelkader REGUIG Algérien à M. Bruno Retailleau, ou comment répondre à un pamphlet haineux

Monsieur Bruno Retailleau,

Vous avez adressé une lettre au Président de la République Française. Vous l’avez chargée de votre fiel ordinaire, de cette obsession maladive qui vous ronge et vous consume : l’Algérie. Puisque vous refusez de voir en face votre propre dérive, permettez-moi, en tant qu’Algérien, de vous répondre. Non pas au nom d’un Gouvernement ou d’un régime ,vous aimez ces mots fourre-tout, mais au nom de la dignité d’un Peuple que vous insultez par procuration depuis des années.

Vous osez écrire au Chef de l’État Français pour vous plaindre d’avoir été traité de « Maboul » ? Mais regardez-vous, Monsieur. Vous êtes l’homme qui ne vit médiatiquement qu’à travers ses crachats contre l’Algérie. Vous vous êtes auto-proclamé « bête noire » de mon pays. C’est un titre que vous portez avec une fierté malsaine, comme d’autres portent une décoration. En novembre 2025, vous avez prononcé le mot « Algérie » plus de 147 fois en trente jours. En mars 2026, encore 14 fois. Vous êtes, Monsieur Retailleau, un homme de la haine, un obsédé.

Votre lettre est un chef-d’œuvre de mauvaise foi. Vous faites un procès d’intention au Président Français pour justifier votre propre acharnement thérapeutique. Vous dites avoir été « empêché » au Gouvernement. Mais la vérité, vous la fuyez : vous avez saboté toutes les initiatives des Ministres qui voulaient une relation apaisée. Aujourd’hui, vous récidivez en vous attaquant directement au Président, parce que vous ne pouvez exister sans cet ennemi extérieur que vous avez fabriqué de toutes pièces. Vous êtes un perverti politique, pire que l’OAS : l’OAS, au moins, avait un projet (abject) pour l’Algérie. Vous, vous n’avez qu’une obsession : détruire tout lien possible, tout respect, toute réciprocité.

Vous parlez de « fermeté ». Mais la fermeté suppose une relation adulte. Or vous infantilisez la France vous-même en la rendant otage de vos humeurs. Vous exigez que l’Algérie reprenne ses ressortissants : c’est écrit dans un accord de 1994, dites-vous. Et les accords de 1968, qui lient nos deux pays et que vous voulez dénoncer, qu’en faites-vous ? Vous les piétinez quand ils vous déplaisent, vous les brandissez quand ils vous arrangent. Vous parlez de « privilèges exorbitants » de l’Algérie. Quels privilèges, Monsieur ? Celui d’avoir été pillée, colonisée, saignée ? Celui de voir encore aujourd’hui ses élites traînées dans la boue par un homme qui n’a jamais mis un pied dans un village de Kabylie ou dans une rue d’Alger ?

Vous osez évoquer Boualem Sansal, Kamel Daoud, Christophe Gleizes. Mais la liberté d’expression que vous prétendez défendre, vous la confisquez dès qu’un Algérien ose vous regarder en face.

« Vous instrumentalisez nos écrivains et nos journalistes pour mieux nous humilier. Kamel Daoud et Boualem Sansal sont des voix Algériennes qui finissent par tomber dans le piège de votre petite guerre politicienne. » Quant à notre hymne national, ce couplet « anti-Français » qui vous hérisse : il raconte l’histoire d’un peuple qui a chassé un colonisateur. Si ce récit vous brûle les oreilles, c’est que vous n’avez toujours pas accepté la fin de l’Algérie Française.

Monsieur Retailleau, vous ne parlez jamais des Français d’origine Algérienne autrement que pour dire que vous ne les confondez pas avec le régime. Mais vous les visez, en réalité, à chaque mot. Car votre « fermeté » contre Alger, c’est toujours, au bout du compte, une suspicion jetée sur des millions de nos frères qui vivent en France, travaillent, aiment la France. Vous dites ne pas faire d’amalgame, mais toute votre rhétorique est un amalgame rampant.

Vous terminez votre lettre par une leçon de courage. Mais le courage, Monsieur, ce n’est pas d’insulter un pays médiatiquement chaque matin. Le courage, c’est de regarder en face l’histoire. La France a eu le courage, une fois, de reconnaître la guerre d’Algérie. Vous, vous êtes le retour du refoulé : l’homme qui n’a pas fait la paix avec la défaite de l’empire.

Alors oui, vous êtes un « Maboul ». Mais pas au sens médical : au sens politique. Un Maboul de l’anti-Algérie, un pyromane de la mémoire, un obsédé qui ne peut vivre que contre nous. Le Président Français avait raison. Les seuls Mabouls en France, ce ne sont pas les électeurs fatigués de l’insécurité, ce sont vous et ceux qui, comme vous, font de la haine de l’Algérie un fonds de commerce.

Vous ne serez jamais la « bête noire » de l’Algérie. Vous n’êtes qu’un insecte politique : bruyant, agaçant, mais que l’histoire ignorera.

Un Algérien libre.

Alger, le 30 avril 2026.

Contact: orarexe@ gmail.com

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