
Par : Abdelkader REGUIG
Il est des voix qui, dans le brouhaha médiatique et la frénésie des interventions lisses, nous manquent cruellement. Dominique de Villepin en est une. Invité sur BFM TV, l’ancien Premier Ministre a une fois de plus fait preuve de cette clairvoyance qui lui est propre, dénonçant avec une gravité solennelle la dérive de la politique Israélienne sous Benjamin Netanyahou et les risques d’embrasement général au Proche-Orient.
« Vous êtes bien tièdes, la réalité est plus crue »
D’emblée, Dominique de Villepin a corrigé les analyses convenues. Alors que la guerre menée par Israël contre l’Iran, via ses relais au Liban et en Syrie, s’intensifie, l’ancien chef de la diplomatie Française met en garde : la stratégie de destruction sans limite ne garantira jamais la sécurité de l’État hébreu.
« Cette logique de l’administration Netanyahou, cette réalité par tous les moyens d’assurer la sécurité d’Israël, quelque soient les destructions sans limite – c’est le cas du Liban, c’est le cas de la Syrie, c’est le cas de l’Iran – est-ce que cela va se traduire par la sécurité d’Israël ? Je le dis très solennellement : non. »
Pourquoi ? Parce que la sécurité, à partir d’un certain moment, dépend des conditions politiques. Or, Benjamin Netanyahou refuse tout objectif politique : ni État Palestinien, ni compromis avec l’Iran. Il s’installe, selon Villepin, « pour des raisons personnelles et politiques, dans une guerre illimitée, une guerre sans fin, au risque de trahir les idéaux mêmes d’Israël. »
Une loi sur la peine de mort et une « logique d’apartheid »
L’ancien Premier Ministre a appuyé son propos par un fait récent, glaçant : l’adoption à la Knesset d’une loi instaurant la peine de mort pour les « terroristes » Palestiniens. Il a rappelé avec dégoût l’image d’Itamar Ben-Gvir, Ministre de la Sécurité Nationale, débouchant une bouteille de champagne pour fêter ce texte.
« On voit et on reconnaît clairement – il n’y a pas d’autres mots que celui-ci – une logique d’apartheid. À partir du moment où on traite les Palestiniens différemment, où il y a plusieurs règles qui s’appliquent, on voit bien une pente, une logique qui est désormais fatale. »
Une déclaration qui résonne comme un avertissement solennel à la communauté internationale, alors que les États-Unis, eux, n’ont condamné ni la loi ni la provocation, contrairement à la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni ou l’Italie.
L’impuissance des pays Arabes et la folie des frappes Américaines
Mon affirmation personnelle est que les dirigeants Arabes signataires des accords d’Abraham sont incapables de porter un jugement logique sur la catastrophe en cours. Et la situation vient de basculer : Donald Trump a annoncé ce soir l’envoi d’avions B-12 (depuis le Royaume-Uni) pour bombarder l’Iran. Le monde retient son souffle.
Albert Einstein – Physicien théoricien : « Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire. »
L’ancien chef du Gouvernement a conclu son intervention comme pour appeler chacun à sortir de sa tiédeur. Car voilà un homme – Dominique de Villepin – dont la stature et le courage manquent cruellement à la tête de la France. En ces temps de chaos annoncé, sa parole éclaire, dérange et, espérons-le, réveille les consciences.
En conclusion, il faut souligner que beaucoup partagent l’analyse de Dominique de Villepin. Il nous appartient, par notre travail, de relayer ces voix qui tentent d’endiguer la fuite en avant de Netanyahou et de ses alliés, avant qu’il ne soit trop tard. Comme le disait encore Einstein, le pire n’est pas toujours celui qui frappe, mais celui qui regarde sans agir.
Par : Abdelkader REGUIG – Oran
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