« Trump contre l’Espagne : entre menaces commerciales et courage diplomatique

Par : Mohammed CHOUAKI

Le Chef du Gouvernement Espagnol Pedro Sánchez est devenu, aux yeux de nombreux observateurs, l’un des rares responsables Européens à avoir pris publiquement position contre la guerre menée par les États‑Unis et Israël en Iran, tout en refusant de se joindre aux applaudissements triomphalistes saluant le simple cessez‑le‑feu.

Une position de fermeté contre la guerre

Dès le début de l’escalade, Pedro Sánchez a clairement affiché un « non à la guerre », au nom du droit international et de la stabilité Mondiale. Il a rejeté          l’ « Action Militaire unilatérale » des États‑Unis et d’Israël, la qualifiant d’escalade dangereuse et inacceptable pour la région et pour le système international.

Concrètement, Madrid a refusé que les bases militaires communes Espagnol‑Américaines de Rota et de Morón soient utilisées pour les opérations offensives en Iran, mobilisant ainsi sa souveraineté sur ces installations pour ne pas être « complice » d’un conflit qu’il juge insensé et contraire aux intérêts globaux.

Un cessez-le-feu salué mais sans glorification

Quand les États‑Unis et l’Iran ont annoncé un cessez‑le‑feu, Sánchez a reconnu que la trêve constituait une « bonne nouvelle » méritant d’être saluée, reflétant le soulagement légitime face à une pause dans les bombardements. Pourtant, il s’est fermement refusé à célébrer ceux qui ont embrasé le Moyen‑Orient ; sur X, il a écrit que le Gouvernement Espagnol « n’applaudira pas ceux qui mettent le feu au monde simplement parce qu’ils se présentent avec un seau d’eau pour éteindre l’incendie ».

Dans ce même message, il a insisté sur le fait que ce répit momentané ne doit pas faire oublier le « chaos, la destruction et les vies perdues » causés par la guerre. Cette formulation place l’Espagne sur un terrain moral et politique distinct : reconnaître la nécessité d’un cessez‑le‑feu, tout en rappelant que la responsabilité de la crise reste portée par les acteurs qui en ont déclenché l’escalade.

Un appel à la diplomatie et au droit international

Au‑delà de la critique, Sánchez a fait de la diplomatie, du dialogue et du respect du droit international le socle de sa vision pour la paix au Moyen‑Orient. Il a martelé que « la diplomatie, la négociation et le droit international sont les seules voies menant à une paix durable » que méritent les populations de la région.

Le Ministre Espagnol des Affaires Etrangères, José Manuel Albares, a renforcé ce message en appelant toutes les parties à faire preuve de responsabilité, à cesser les attaques et à désamorcer les tensions, dans le cadre d’une approche multilatérale et non militaire.

Une rupture politique remarquée en Europe

Face à des alliés Européens plus ambigus ou alignés sur Washington, la position de l’Espagne tranche nettement. En refusant de fournir ses bases pour les opérations offensives et en dénonçant sans détour l’action militaire unilatérale, Sanchez expose son pays à des tensions politiques et économiques, mais assume le risque pour préserver une ligne de principe.

Aux yeux de nombreux commentateurs, cette stance fait de Pedro Sánchez un Chef de Gouvernement courageux, capable de défendre, dans un contexte global très polarisé, une vision de la paix qui ne se satisfait ni de la guerre ni des simples gestes de façade. Pour vos lecteurs, l’Espagne apparaît ainsi comme un exemple de responsabilité politique : combattre la guerre avant qu’elle ne s’installe, résister à la pression de l’alliance, et refuser de transformer un cessez‑le‑feu en ovation pour les instigateurs d’un conflit dévastateur

Donald Trump menace de suspendre l’ensemble des échanges commerciaux entre les États‑Unis et l’Espagne, comme punition pour le refus de Madrid de mettre ses bases militaires à disposition pour les opérations contre l’Iran.

Nature des représailles annoncées

• Trump a affirmé publiquement vouloir « couper tout commerce avec l’Espagne » et « rompre toutes les relations commerciales » avec le pays.

• Il a dit avoir donné l’ordre au secrétaire au Trésor d’« arrêter les relations commerciales » avec l’Espagne, ce qui ouvrirait la voie à des sanctions douanières, des restrictions d’import‑export ou le gel de flux commerciaux.

Motifs invoqués par Trump

• Le principal grief est le refus de Madrid de laisser l’aviation Américaine utiliser les bases de Rota (Andalousie) et Morón pour les frappes contre l’Iran.

• Trump critique aussi l’Espagne sur le plan de l’OTAN, en l’accusant de ne pas respecter l’objectif de consacrer 5% de son PIB à la défense et de n’être pas « coopérative » dans l’alliance.

Réponse et risques pour l’Espagne

Le Gouvernement Espagnol se dit prêt à assumer le risque économique, en rappelant que l’Espagne est un partenaire commercial fiable pour près de 200 pays, dont les États‑Unis, et que l’UE s’est dit prête à réagir pour défendre les intérêts Européens.

En pratique, la menace imagine donc un blocage massif du commerce bilatéral (exportations d’agriculture, vin, fruits, véhicules, tourisme, mais aussi importations Américaines), ce qui pourrait frapper à la fois l’économie Espagnole et les entreprises Américaines exposées au marché Ibérique.

Par : Mohammed CHOUAKI – Lille

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