Boumerdès :  lorsque la solidarité devient une patrie et que l’Algérie ouvre son cœur au Sahara Occidental

Par : Dr SALHI Amina

À Boumerdès, cet été, l’image dépasse largement celle d’une université d’été inscrite dans le calendrier des manifestations politiques.

Il y a quelque chose de plus profond.

Plus de 330 cadres du Front Polisario et de la République Arabe Sahraouie Démocratique se retrouvent en Algérie, à l’occasion de la 14 édition de l’Université d’été, dans un espace consacré à la formation, au dialogue, à l’échange d’expériences et à l’analyse des évolutions politiques, juridiques, régionales et internationales.

Mais au-delà des salles, des conférences et des discours, il existe un message profondément humain qui n’a besoin que de quelques mots : se retrouver parmi ses frères.

L’Algérie n’a pas seulement ouvert à ses frères Sahraouis les portes de ses institutions. Elle leur a également ouvert un espace de sa mémoire, de son histoire et de son cœur.

Depuis quatorze éditions, Boumerdès est ainsi devenue un lieu où se rencontrent des Algériens et des Sahraouis, deux peuples liés par la proximité, l’histoire et une mémoire profondément marquée par la valeur de la liberté et de la dignité.

C’est aussi ce qui donne à l’Algérie une place particulière.

L’Algérie, qui a connu la colonisation et qui a payé un lourd tribut pour son indépendance, sait mieux que beaucoup d’autres peuples ce que signifie porter la question de la liberté dans sa mémoire collective.

C’est pourquoi la solidarité Algérienne envers le Peuple Sahraoui ne peut être réduite à une simple position politique. Elle peut également être comprise comme le prolongement d’une mémoire nationale construite autour des valeurs de libération, de dignité, de souveraineté et de respect du droit des peuples.

Mais cette université d’été ne regarde pas uniquement vers le passé.

Elle ouvre également une réflexion sur l’avenir.

Les différents axes abordés touchent notamment à l’histoire et à la mémoire, au droit international, aux évolutions politiques et juridiques, aux ressources naturelles ainsi qu’aux transformations régionales et internationales.

Et c’est précisément cette dimension prospective qui mérite d’être soulignée.

Les grandes causes ne se construisent pas uniquement avec la mémoire. Elles ont également besoin d’hommes et de femmes capables de comprendre les mutations du monde, de maîtriser les outils du droit, de la diplomatie, de la communication et de la connaissance.

Dans cette perspective, l’Université d’été devient bien davantage qu’un rendez-vous de solidarité.

Elle devient un investissement dans l’être humain.

Un investissement dans la connaissance, dans la formation des cadres, dans l’échange d’expériences et dans la construction de passerelles entre les sociétés Algérienne et Sahraouie.

Et peut-être que le plus beau message qui puisse être porté depuis Boumerdès est justement celui-ci :

L’Algérie n’accueille pas ses frères Sahraouis comme de simples visiteurs de passage. Elle les accueille comme des frères qui ont une place dans sa mémoire et dans son cœur.

À nos frères de la République Arabe Sahraouie démocratique, nous pouvons simplement dire :

Bienvenue en Algérie.

Ce n’est pas seulement une formule de bienvenue. C’est la parole d’un pays à un peuple frère.

Un pays qui considère que la solidarité envers ses frères dans les moments difficiles n’est pas un privilège, mais une valeur, une responsabilité et une fidélité à son histoire.

Depuis Boumerdès, nous pouvons donc dire :

Merci à l’Algérie, parce qu’elle continue de croire que la solidarité peut devenir une action, que la connaissance peut devenir une force et que la fraternité entre les peuples peut dépasser les frontières.

Et au peuple Sahraoui, nous adressons toute notre considération et notre affection.

Pour les Algériens, le Sahara Occidental n’est pas simplement un nom sur une carte ou un dossier parmi d’autres dans l’agenda international. C’est la cause d’un peuple frère, dont nous respectons l’histoire, les aspirations et la dignité.

Les circonstances peuvent changer, les équilibres internationaux peuvent évoluer et les instruments politiques et juridiques peuvent se transformer. Mais certaines choses demeurent.

Les peuples préservent leur mémoire. Les frères ne s’oublient pas.

Et lorsque l’Algérie dit à ses frères Sahraouis « Bienvenue », elle n’ouvre pas seulement une porte.

Elle ouvre son cœur.

De Boumerdès, toute notre considération au peuple Sahraoui frère, et toute notre fierté pour l’Algérie, terre de solidarité, de fidélité et de fraternité. 

Par : Dr SALHI Amina – Alger

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