
Par : Mohammed CHOUAKI
Un nouveau dossier industriel d’envergure vient de s’ajouter à la feuille de route du Ministre d’État, Ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab : un complexe intégré de fer réduit bas carbone et d’acier vert, en partenariat avec le géant Chinois China Baowu Group.
Une rencontre au sommet à Alger
Ce mardi, Mohamed Arkab a reçu, au siège de son Ministère, une délégation de haut niveau du groupe China Baowu, l’un des plus grands producteurs mondiaux d’acier. Au cœur des discussions : l’examen d’un projet industriel structurant à réaliser en partenariat avec la Société nationale des sidérurgies (SNS).
L’initiative vise à implanter en Algérie un complexe intégré de production de fer réduit à faible empreinte carbone (DRI – Direct Reduced Iron) et d’acier vert. Ce projet s’appuie sur un modèle d’intégration tirant parti des ressources énergétiques nationales — notamment le gaz naturel et les énergies renouvelables — combinées aux technologies industrielles de pointe et aux procédés de capture et de réduction des émissions de carbone.
Un projet qui s’inscrit dans une dynamique plus large
Ce dossier s’ajoute à une série de projets stratégiques Algéro-Chinois déjà engagés ou en cours de finalisation :
• La mine de fer de Gara Djebilet (Tindouf), avec un consortium Chinois (CWE, MCC, Heyday Solar) et la création de sociétés mixtes avec Feraal pour l’exploitation minière et la transformation en produits semi-finis à Béchar.
• Le mégaprojet intégré de phosphate à l’est (Tébessa, Souk Ahras, Skikda, Annaba), porté par Asmidal, Manal et les Chinois Wuhuan et Tian’an, via la société Algerian Chinese Fertilizers Company (ACFC).
• Des infrastructures de transport (ligne ferroviaire Béchar–Tindouf–Gara Djebilet, projets portuaires à Annaba, Cherchell et El-Hamdania) et des projets dans les énergies nouvelles, dont une usine de batteries au lithium.
La visite d’État du Président TEBBOUNE en Chine, en juillet 2025, avait déjà donné un nouvel élan à cette coopération, avec la signature de 19 documents couvrant les infrastructures, la pétrochimie, l’industrie automobile, les mines, l’agriculture, les nouvelles technologies, l’énergie nucléaire et les renouvelables.
Enjeux et arrière-plan des négociations
Derrière ce nouveau projet « acier vert » se lisent plusieurs objectifs stratégiques pour Alger :
• Diversification industrielle : passer d’une économie centrée sur les hydrocarbures à une industrie lourde à forte valeur ajoutée, en valorisant localement le gaz et le minerai de fer.
• Transition énergétique maîtrisée : utiliser le gaz Algérien comme vecteur de décarbonation partielle (DRI) tout en intégrant progressivement les énergies renouvelables et les technologies de capture du carbone.
• Positionnement géoéconomique : renforcer le rôle de l’Algérie comme hub industriel et logistique entre l’Afrique, l’Europe et l’Asie, en s’appuyant sur des partenaires Chinois disposant de capacités technologiques et financières majeures.
Côté Chinois, l’intérêt est double :
sécuriser des débouchés pour ses technologies et son savoir-faire sidérurgique, et ancrer davantage la Chine dans les chaînes de valeur industrielles Nord-Africaines, dans un contexte de recomposition des alliances économiques mondiales.
Ce qui pourrait se jouer dans les mois à venir
Les prochaines étapes devraient porter sur :
• La structuration juridique et financière du projet (répartition du capital, schéma de financement, garanties souveraines éventuelles).
• Le choix du site d’implantation du complexe DRI/acier vert, en fonction des ressources gazières, des infrastructures existantes et des axes ferroviaires et portuaires.
• L’articulation de ce projet avec les autres dossiers miniers et industriels (Gara Djebilet, phosphate, lithium), afin d’éviter les doublons et optimiser les synergies logistiques et énergétiques.
Si ce mégaprojet aboutit, il pourrait devenir l’un des piliers de la nouvelle stratégie industrielle Algérienne, aux côtés de la sidérurgie, de la pétrochimie et des engrais, tout en consolidant le partenariat stratégique avec Pékin dans un secteur clé de la souveraineté économique.
Par : Mohammed CHOUAKI – Lille
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