
Par : Mohammed CHOUAKI
Un tribunal Syrien a condamné, mardi 11 Août 2026, l’ancien Président Bachar El-Assad à la peine de mort par contumace pour « crimes de guerre » et « crimes contre l’humanité » commis durant la guerre civile déclenchée en 2011. Réfugié à Moscou depuis la chute de Damas en décembre 2024, l’ex-Dirigeant reste hors de portée de toute exécution, ce qui confère au verdict une portée avant tout symbolique et politique.
Contexte du procès et autorités de transition
Le jugement intervient dans le cadre des premières poursuites engagées par les nouvelles autorités de transition Syriennes contre des membres de l’ancien régime, après la prise de Damas par une coalition dominée par des groupes Islamistes. Depuis fin avril, la Quatrième Cour criminelle de Damas a entendu des témoins et examiné documents, images et informations classifiées, avec parfois une retransmission télé Syrie : Bachar El-Assad condamné à mort par contumace
Les faits retenus contre Assad
Le juge Fakhr Al-Din Al-Aryan a déclaré Bachar El-Assad coupable, entre autres, d’homicides volontaires, de meurtres délibérés (y compris d’enfants de moins de 15 ans), de tortures ayant entraîné la mort, d’arrestations arbitraires et d’incitations à des meurtres répétés. Ces actes, qualifiés de crimes contre l’humanité et crimes de guerre, sont liés à la répression des manifestations et à la conduite de la guerre civile, qui a fait environ 500 000 morts et des millions de déplacés.
Autres condamnations prononcées
Outre Bachar El-Assad, plusieurs anciens responsables ont été condamnés à mort par contumace, dont son frère Maher El-Assad, qui commandait une division d’élite, l’ancien Ministre de la Défense Fahd Al-Freij, et Louay al-Ali, ex-Chef du renseignement militaire à Deraa. Seul accusé présent à l’audience, Atef Najib, cousin germain de Bachar et ancien Chef de la sécurité politique à Deraa, a également été condamné à mort pour crimes contre l’humanité, notamment pour la répression à balles réelles de manifestations pacifiques.
Portée pratique et limites du verdict
La sentence reste pour l’instant inapplicable : Bachar El-Assad bénéficie de l’asile à Moscou, et la Russie n’a aucune intention de l’extrader. La Syrie n’a pas aboli la peine de mort, mais aucune exécution n’a été recensée en 2025 selon Amnesty International, qui souligne aussi la forte dépendance des juges Syriens vis-à-vis du pouvoir exécutif.
Les condamnés disposent de 30 jours pour faire appel, a indiqué le Ministre de la Justice Mazhar Al-Wais.
Enjeux politiques et symboliques
Au-delà de l’aspect judiciaire, ce verdict marque une rupture avec l’impunité dont a joui le clan Assad pendant des décennies, et vise à asseoir la légitimité des nouvelles autorités en affichant une volonté de justice transitionnelle. Il s’inscrit aussi dans un contexte régional sensible, où la question de la responsabilité des crimes de guerre en Syrie reste un sujet de tensions diplomatiques et de débats sur les mécanismes de justice internationale.
Par : Mohammed CHOUAKI – Lille
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