Algérie et Niger : le pétrole comme levier de rapprochement à la frontière

Par : Mohammed CHOUAKI

La coopération énergétique entre l’Algérie et le Niger connaît un nouvel élan avec la relance du projet pétrolier de Kafra Sud-Est 1, situé dans le Nord du Niger, à proximité de la frontière Algérienne. Le lancement officiel des travaux de forage, effectué le 13 août à Kafra, marque une étape importante dans le rapprochement entre Alger et Niamey, après plusieurs mois de tensions diplomatiques et de ralentissement des dossiers communs.

Selon les informations publiées cette semaine, la cérémonie a réuni le Premier Ministre Algérien Sifi Ghrieb et son homologue Nigérien Ali Mahaman Lamine Zeine, qui ont tous deux insisté sur la portée stratégique de ce chantier. Le forage, qui pourrait atteindre 3 900 mètres, est conduit conjointement par la société Nigérienne SIPEX et ENAFOR, filiale de Sonatrach, dans le cadre d’un partenariat pétrolier présenté comme structurant pour les deux pays.

Un gisement à fort potentiel

Le bloc de Kafra, découvert en 2018, est situé dans une zone frontalière considérée comme sensible mais riche en potentiel énergétique. Les autorités Nigériennes évoquent des réserves estimées à environ 260 Millions de Barils, ce qui en fait un actif important pour un pays en quête de diversification économique et de recettes additionnelles.

Pour Sonatrach, ce projet confirme sa volonté de consolider sa présence dans le Sahel et d’accompagner la montée en puissance de son partenariat avec la société Nigérienne du pétrole. Le site, longtemps freiné par des contraintes logistiques et sécuritaires, entre désormais dans une phase plus concrète, avec des opérations de terrain qui doivent permettre de mieux évaluer le potentiel du bloc.

Une relance politique et économique

Au-delà de la dimension technique, la relance de Kafra a une forte portée politique. Les deux gouvernements cherchent à transformer leur frontière commune en espace de coopération, de développement et de stabilité, dans une région Sahélienne traversée par des défis sécuritaires et économiques persistants.

Cette dynamique s’inscrit dans une normalisation plus large des relations Algéro-Nigériennes. Après une période de brouille, les contacts de haut niveau se sont multipliés depuis le début de l’année, avec la volonté affichée des deux capitales de remettre sur les rails plusieurs projets structurants dans les hydrocarbures, les infrastructures et la sécurité énergétique.

Un dossier lié au TSGP

Le projet de Kafra ne se limite pas à l’exploration pétrolière. Il est aussi perçu comme un maillon d’un partenariat énergétique plus vaste, dans lequel figure le Gazoduc Transsaharien (TSGP), destiné à relier le Nigeria à la Méditerranée via le Niger et l’Algérie.

Pour Alger comme pour Niamey, l’enjeu est double : capter davantage de valeur ajoutée sur les ressources du sous-sol et renforcer leur poids stratégique dans les équilibres énergétiques régionaux. Dans cette logique, Kafra apparaît comme un projet-pivot, à la fois symbolique et opérationnel, au cœur d’une coopération que les deux pays veulent désormais inscrire dans la durée.

Un signal pour le Sahel

La relance de ce chantier envoie aussi un message plus large à l’échelle du Sahel. Dans un contexte de recomposition des alliances et de forte concurrence géopolitique, Alger et Niamey affichent leur volonté de miser sur des projets concrets plutôt que sur les seules déclarations d’intention.

Si les résultats du forage confirment les estimations avancées, le bloc de Kafra pourrait devenir un levier important pour l’économie Nigérienne, tout en renforçant l’influence énergétique de l’Algérie dans la région. Pour les deux pays, il s’agit désormais de transformer cette relance en succès industriel durable.

Sources : rfi – lavoiedalgerie – journalduniger – afrik – capdz – rfi – lechodalgerie –

Par: Mohammed CHOUAKI – Lille

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