
Par : Abdelkader REGUIG
Pendant que le peuple Marocain descend dans les rues de plus de quarante villes en scandant « Non à l’ambassade », la machine du pouvoir à Rabat répond par les matraques et les fourgons de police. Au même moment, l’avion privé de Netanyahu atterrit discrètement à Abou Dhabi, où se trame dans l’ombre une « coalition Arabo-Israélienne » dirigée contre l’Iran.
C’est la réalité absurde de notre monde Arabe aujourd’hui : le peuple défend la Palestine dans la rue, tandis que certains régimes serrent la main du bourreau dans les salons fermés.
Maroc : la répression sous la « colère de trois jours »
Du 25 au 27 septembre, le Front Marocain de soutien à la Palestine et contre la normalisation a lancé une « colère de trois jours », couvrant une quarantaine de villes, de Casablanca à Tanger, de Marrakech à Meknès. À Casablanca, près d’un millier de personnes ont brandi le drapeau Palestinien, scandant « Free Palestine » et « Non à l’Ambassade », pour protester contre la décision du 16 septembre d’élever la représentation diplomatique Marocaine en Ambassade.
Mais la réponse de Rabat ? À Tanger, les autorités ont purement interdit la marche, avant de la disperser violemment, arrêtant plus de 35 personnes. Parmi les interpellés figurent des militants des droits humains, des avocats, et même le Président de la section de Tanger de l’Association Marocaine des droits Humains. Un militant le dit sans détour : « C’est la punition des opprimés, parce que depuis trois ans nous élevons la voix pour Gaza et refusons la normalisation. »
Voilà le traitement réservé aux « alliés » : quand votre peuple ose dire non, la matraque est la seule réponse.
Le complot d’Abou Dhabi : le coup de poignard dans le dos
Au moment même où les rues Marocaines étaient réprimées, la chaîne Israélienne Channel 12 révélait : Netanyahu s’est envolé secrètement pour Abou Dhabi le 27 septembre, pour rencontrer le Président Emirati Mohammed ben Zayed. La chaîne Israélienne Channel 14 précise que la réunion s’est déroulée en deux parties : d’abord un entretien bilatéral Israélo-Emirati, puis une seconde partie élargie à des représentants de l’Arabie Saoudite, l’Égypte, la Jordanie, Bahreïn, le Maroc, le Koweït et Oman.
Le sujet central ? Un « front uni » contre l’Iran , renforcer la coopération sécuritaire, poursuivre la confrontation avec l’Iran et les Houthis, bâtir une alliance régionale.
Le plus grave, et si c’est vrai, c’est écœurant : des représentants Saoudiens étaient présents dans cette salle. Un pays qui n’a jamais « normalisé » avec Israël participe en secret à une coordination militaire contre son propre voisin Musulman. Riyad parle de la « cause Palestinienne » en public, mais pose le pied sur l’échiquier de Tel-Aviv en privé.
Les médias Irakiens ont révélé un autre détail : Saddam Haftar, le fils du Maréchal de l’Est Libyen, présenté comme le « numéro 2 » du pouvoir, était lui aussi à Abou Dhabi, rencontrant Netanyahu, dans le but d’obtenir le soutien Israélien à sa candidature à la Présidence Libyenne. L’héritier d’un homme fort Arabe se rend dans le Golfe pour mendier l’onction de l’entité Sioniste. Voilà ce que certains appellent la « dignité Arabe ».
Un génocidaire assiégé
Pourquoi Netanyahu voyage-t-il en secret maintenant ? La raison est simple : il ne tient plus dans son propre pays.
Les élections Israéliennes approchent, et le scandale révélé par le journal Haaretz déchire sa survie politique, le Président Emirati aurait, selon ces révélations, téléphoné en septembre 2023, quelques semaines avant l’opération « Déluge d’al-Aqsa », pour l’avertir, mais Netanyahu aurait ignoré l’avertissement. Il se rend à Abou Dhabi, selon les médias Israéliens, notamment pour demander à Mohammed ben Zayed de démentir publiquement avoir lancé cet avertissement.
Pendant ce temps, à New York, au moment même où il montait à la tribune de l’ONU, « Jewish Voice for Peace » organisait une protestation, et une centaine de personnes étaient arrêtées par la police New-Yorkaise. Les manifestants brandissaient des pancartes : « Netanyahu n’a nulle part où se cacher », « Recherché pour génocide ». Devant le siège de l’ONU, des groupes Juifs s’affrontaient aussi, les manifestants anti-Netanyahu étant bien plus nombreux que ses partisans.
Un suspect de génocide, en déroute électorale dans son propre pays, hué par ses propres compatriotes Juifs sur la scène internationale, devient aujourd’hui l’hôte de marque de certains régimes Arabes. C’est en soi une insulte au mot « Arabe ».
La position Algérienne
En tant qu’Algériens, nous regardons tout cela sans contradiction, avec une clarté totale.
Notre frontière touche le Maroc, mais nous n’avons jamais — et ne serrerons jamais — la main de l’entité Sioniste. Quand la Monarchie Marocaine livrait son Ambassade à Israël, la position Algérienne n’a jamais vacillé : la Palestine n’est pas une monnaie d’échange, Jérusalem n’est pas une marchandise à vendre.
Quand les représentants des Émirats, de Bahreïn, du Maroc et de l’Égypte s’assoient dans les salons fermés d’Abou Dhabi pour discuter « d’affronter l’Iran » avec un homme de plus en plus considéré par la communauté internationale comme un criminel de guerre, ils trahissent non seulement les Palestiniens, mais toute la dignité de la nation Arabe.
L’Iran est-il notre adversaire ? C’est une autre question. Mais qui définit l’ennemi du monde Arabe ? Washington et Tel-Aviv, ou les peuples Arabes eux-mêmes ? Quand nous laissons une entité Sioniste « coordonner » les affaires de sécurité Arabes, nous nous sommes déjà réduits au rang de vassaux.
Le peuple Marocain a donné sa réponse dans la rue. Son courage mérite le respect. Mais la réponse ne peut rester dans la rue — elle doit devenir une volonté politique à l’échelle de tout le Maghreb, de tout le monde Arabe.
Le voyage secret de Netanyahu finira par être connu de tous. Ceux qui lui ont serré la main devront un jour rendre des comptes à leur propre peuple : qu’avez-vous gagné en échange de la dignité Arabe ?
Nous, Algériens, connaissons notre réponse. L’histoire prouvera que se tenir aux côtés de la Palestine, aux côtés du peuple, est la seule position juste.
Contact: orarexe@gmail.com
Par : Abdelkader REGUIG
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