Hydrocarbures : l’ARH envoie une délégation au Tchad pour concrétiser la coopération Algéro-Tchadienne

Par : Mohammed CHOUAKI

L’Autorité de Régulation des Hydrocarbures (ARH) a annoncé l’envoi d’une délégation en République du Tchad, dans le cadre d’une mission de travail prévue du 10 au 19 septembre. Cette initiative vient concrétiser le mémorandum d’entente signé à Alger le 23 avril dernier entre l’ARH et son homologue Tchadienne, l’Autorité de régulation du secteur pétrolier aval (ARSAT), et illustre la montée en puissance du partenariat énergétique Sud-Sud entre les deux pays.

Présidée par Amine Remini, l’ARH poursuit ainsi la mise en œuvre d’une feuille de route bilatérale engagée depuis plusieurs mois avec N’Djamena, dans un secteur — celui de l’aval pétrolier — jugé stratégique pour le développement énergétique Tchadien.

Un mémorandum né d’une visite d’État à forte portée économique

Le protocole de coopération qui sert de cadre à cette mission a été signé le 23 avril 2026 à Alger, en présence des Présidents Abdelmadjid TEBBOUNE et Mahamat Idriss Déby Itno, à l’occasion de la visite Officielle du Chef de l’État Tchadien en Algérie. Ce déplacement avait donné lieu à la signature d’une trentaine d’accords bilatéraux, décrits par les Autorités Tchadiennes comme le passage « d’une amitié à un partenariat stratégique ».

Parmi les documents paraphés ce jour-là figurait notamment un accord-cadre confiant au groupe Sonatrach une mission d’accompagnement du Tchad dans la construction d’une raffinerie d’une capacité visée de 20 000 Barils par jour — un projet destiné à réduire la dépendance du pays Sahélien aux importations de produits pétroliers, même si son calendrier et son site d’implantation restent, à ce stade, à préciser.

C’est dans ce même cadre que l’ARH et l’ARSAT ont signé leur propre protocole de coopération technique et institutionnelle, dont la mission de septembre constitue une nouvelle étape opérationnelle.

Une coopération déjà engagée sur le terrain

La mission actuelle de l’ARH au Tchad s’inscrit dans la continuité d’échanges réguliers entre les deux régulateurs depuis la signature du mémorandum d’avril. Dès la mi-juin 2026, une délégation de l’ARSAT, conduite par son Directeur Général Hassan Adoum Younousmi, avait effectué le déplacement inverse en se rendant à Alger, du 11 au 17 juin, pour un atelier conjoint de travail. Cette visite avait permis aux experts Tchadiens de bénéficier de l’expérience Algérienne en matière de raffinage, de stockage, de distribution des produits pétroliers et de régulation économique et tarifaire du secteur aval, à travers des ateliers techniques et des visites de terrain dans plusieurs installations industrielles et logistiques, dont le complexe pétrolier et pétrochimique d’Arzew.

Ces travaux avaient été reçus par le Ministre d’État, Ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, en présence du Président de l’ARH, Amine Remini, qui avait réaffirmé « la disponibilité de l’Algérie à poursuivre son accompagnement de la République du Tchad dans le développement de son secteur énergétique », en s’appuyant sur l’expertise combinée de Sonatrach, de l’ARH et de l’Institut Algérien du Pétrole (IAP).

La mission du 10 au 19 septembre marque ainsi le retour du balancier, avec cette fois une délégation Algérienne se rendant à N’Djamena pour poursuivre le travail engagé — une dynamique de coopération Sud-Sud que l’ARSAT elle-même qualifie d’« immersion complète dans le modèle industriel Algérien » lorsqu’elle en bénéficie, et qui fonctionne désormais dans les deux sens (ARSAT).

Un partenariat qui couvre toute la chaîne de valeur

Au-delà du seul volet régulation, la coopération Algéro-Tchadienne dans les hydrocarbures s’est structurée, depuis fin 2025, autour de plusieurs axes complémentaires :

• Le cadre réglementaire et juridique, avec le renforcement de la coopération entre les agences Algériennes ALNAFT et ARH d’une part, et l’agence Tchadienne ARSAT d’autre part.

• L’amont pétrolier, incluant l’exploration, le développement et l’augmentation de la production, ainsi que l’étude d’une possible participation de Sonatrach à des projets prioritaires en République du Tchad.

• L’aval et le GPL, avec le développement de toute la chaîne de valeur, de la production à la distribution, et le renforcement des normes de sécurité.

• La formation, à travers des accords entre l’Institut Algérien du Pétrole (IAP), le Ministère Tchadien du Pétrole, des Mines et de la Géologie, et l’Institut National Supérieur du Pétrole du Tchad (INSPEM), portant sur la formation des formateurs, l’accueil d’étudiants Tchadiens et le lancement de programmes de master conjoints.

Cette architecture de coopération avait déjà donné lieu, en janvier 2026, à la signature de trois accords à N’Djamena en marge du Salon international des mines, des carrières et des hydrocarbures (SEMICA Tchad 2026), où l’Algérie était pays invité d’honneur — dont un mémorandum d’entente entre Sonatrach et la Société des hydrocarbures du Tchad (SHT).

Des échanges commerciaux encore modestes, mais en forte dynamique

Sur le plan strictement commercial, les échanges bilatéraux en hydrocarbures entre l’Algérie et le Tchad restaient évalués à environ 120 Millions de Dollars en 2025 un montant encore limité au regard du potentiel affiché par les deux parties, mais appelé à croître significativement si le projet de raffinerie et les partenariats de valorisation gazière venaient à se concrétiser.

Un pilier de la stratégie Africaine de l’Algérie

Cette mission de l’ARH s’inscrit plus largement dans une stratégie Algérienne de déploiement énergétique vers l’Afrique Subsaharienne, portée par le Ministre Mohamed Arkab, qui multiplie les déplacements et rencontres avec les homologues Tchadiens depuis plus d’un an — qu’il s’agisse de la visite Officielle à N’Djamena de janvier 2026, de la réception à Alger de la Ministre Tchadienne du Pétrole, Ndolenodji Alixe Naïmbaye, en décembre 2025, ou encore de l’audience accordée par le Président Mahamat Idriss Déby Itno à la délégation Algérienne en marge du SEMICA 2026.

Le secteur de l’énergie s’affirme ainsi comme l’un des piliers les plus actifs de la relation stratégique tissée entre Alger et N’Djamena, aux côtés des chantiers d’infrastructures — dont la route transsaharienne — et de la coopération universitaire et de formation professionnelle.

Article rédigé à partir de sources Officielles et de presse : RFI – APS – Le Courrier d’Algérie – Eco matin – ARSAT –  Radio Algérie – Algérie Solidaire – Africa24 –  TV – Portail

Par : Mohammed CHOUAKI – Lille

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