Hommage à Mohamed BOURICHA, Moudjahid et serviteur de l’État

Par – Mohammed CHOUAKI

Il est des hommes dont le parcours se confond avec l’histoire de leur pays. Feu Mohamed BOURICHA, disparu en 2018 à la suite d’une maladie, fut l’un de ces hommes de conviction, de devoir et de fidélité. Moudjahid durant la Guerre de Libération Nationale, militant du Front de Libération Nationale et haut cadre de l’État, il a consacré son existence à l’Algérie et au service de ses concitoyens.

Durant la Révolution, Mohamed BOURICHA rejoint les rangs de l’Armée de Libération Nationale, l’ALN, avant de poursuivre son engagement politique et national au sein du FLN après l’indépendance. Son parcours reflète celui d’une génération qui a placé la souveraineté nationale, l’unité du pays et le service public au-dessus de toute considération personnelle.

Dans les années 1970, il exerce les fonctions de Mouhafadh adjoint à la Mouhafadha du FLN d’Oran. Il est ensuite désigné Mouhafadh à Guelma, à la fin des années 1970, avant d’être nommé à la tête de la Mouhafadha d’El Asnam, où il exerce jusqu’en 1983. Il poursuivra par la suite ses responsabilités politiques et organisationnelles en tant que Mouhafadh à Annaba.

Son passage à El Asnam demeure marqué par une épreuve nationale et humaine particulièrement douloureuse. En mars 1980, Si Mohamed BOURICHA m’avait fait l’honneur et accordé sa confiance en me nommant Mouhafadh adjoint. Quelques mois plus tard, le 10 octobre 1980, un violent tremblement de terre frappa El Asnam, causant d’importantes destructions dans toute la Wilaya et laissant derrière lui de nombreuses victimes et des familles plongées dans la détresse.

Au cœur de cette tragédie, l’un de ses enfants fut touché par les débris provenant de l’effondrement de leur maison. Si Mohamed BOURICHA dut alors l’accompagner afin qu’il reçoive les soins nécessaires. Dans ces circonstances exceptionnelles, j’ai assuré les fonctions de Mouhafadh par intérim, jusqu’à la nomination d’un autre Mouhafadh. J’ai ensuite été muté à la direction du Secrétariat Permanent du Parti du FLN, en qualité de Directeur Central Haut Cadre de la Nation.

Cette période a révélé, une fois encore, la confiance que Mohamed BOURICHA plaçait dans ses collaborateurs, ainsi que sa capacité à faire face aux responsabilités les plus lourdes. Même dans l’épreuve personnelle, il demeurait un homme attaché au devoir, à la solidarité et à l’intérêt général.

Homme de terrain, responsable rigoureux et militant profondément convaincu, Mohamed BOURICHA a ensuite poursuivi son parcours au sein des institutions de l’État. Il est notamment nommé Wali de Blida, fonction qu’il exerce du 22 août 1999 au 7 mai 2008. Durant près de neuf années, il met son expérience et son énergie au service du développement de cette Wilaya, de l’amélioration des conditions de vie des citoyens et du bon fonctionnement de l’administration locale.

La maladie l’a contraint à quitter ses fonctions de Wali. Il s’est éteint en 2018, laissant derrière lui le souvenir d’un Moudjahid authentique, d’un responsable dévoué et d’un homme profondément attaché à sa patrie.

Pour ma part, je garde de lui le souvenir précieux d’un ami très cher, loyal, généreux et sincère. Au-delà de ses hautes responsabilités, Mohamed BOURICHA était un homme de confiance et de valeurs, dont la simplicité, l’humanisme et l’amour de l’Algérie resteront gravés dans la mémoire de tous ceux qui l’ont connu.

Que Dieu, le Tout-Puissant, accorde à feu Mohamed BOURICHA sa vaste miséricorde, l’accueille en son Vaste Paradis et apporte patience et réconfort à sa famille, à ses proches, à ses compagnons de lutte et à tous ceux qui l’ont aimé.

À Dieu nous appartenons et à Lui nous retournons.

Par : Mohammed CHOUAKI – Lille

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