Hommage à François Patriat, un bâtisseur de la République

Par : Mohammed CHOUAKI

La Bourgogne perd l’un de ses plus fidèles serviteurs, la République l’un de ses plus fins artisans et la Macronie son premier pilier. François Patriat s’en est allé le 19 août 2026, à l’âge de 83 ans, emporté par les suites d’un accident de vélo survenu un mois plus tôt. Une triste fin d’été pour tous ceux qui ont croisé sa route, et pour le Président de la République, Emmanuel Macron, qui perd un ami Cher.

Né le 21 mars 1943 à Semur-en-Auxois, François Patriat a voué sa vie à la politique, mais surtout à son territoire. C’est au sein du Parti Socialiste qu’il fait ses armes, en 1974, avant d’en devenir une figure de la « deuxième gauche », ouverte et libérale. Élu Conseiller Général de la Côte-d’Or dès 1976, Député à quatre reprises, Maire de Chailly-sur-Armançon, il incarne un ancrage local puissant, doublé d’une vision nationale.

Son passage au Gouvernement de Lionel Jospin, comme Secrétaire d’État aux PME puis Ministre de l’Agriculture et de la Pêche en 2002, révèle un homme de dossiers et de convictions. Il n’hésite pas à bousculer les dogmes, critiquant un modèle social qu’il juge trop généreux et coûteux, sans jamais renier son engagement pour la justice sociale.

Mais c’est en 2008, élu Sénateur de la Côte-d’Or, que François Patriat trouve son véritable écosystème. Pendant 18 ans, il y siège avec constance, avant de devenir en 2017 le Président du groupe LREM puis RDPI. Il y fait preuve d’un art consommé du compromis et de la synthèse, tissant des liens d’amitié jusqu’avec son Président Gérard Larcher.

Son plus beau coup de poker reste pourtant sa foi en Emmanuel Macron. Alors que l’actuel Président n’était encore qu’un espoir, François Patriat fut l’un des tout premiers à croire en son projet de      « dépassement » politique. Un soutien indéfectible que le Chef de l’État n’a jamais oublié, comme il l’a rappelé avec émotion : « Pour ma part, je perds un ami cher. »

En juin dernier, François Patriat avait tiré sa révérence politique, annonçant qu’il ne briguerait pas un nouveau mandat. Il laisse derrière lui un héritage immense : celui d’un homme de dialogue, d’un bâtisseur d’alliances et d’un serviteur de l’État, qui aura marqué de son empreinte la Bourgogne et la République tout entière.

À sa famille, à ses proches et à tous ceux qu’il a accompagnés, nous adressons nos plus sincères condoléances. Son parcours restera un exemple de fidélité et d’engagement.

Reposez en paix, Monsieur le Sénateur.

Par : Mohammed CHOUAKI – Lille

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