« Goïta démissionne, la junte se recompose : l’opposition Malienne exige le départ des putschistes »

Par : Mohammed CHOUAKI

Bamako, 28 avril 2026 – Dans un climat de crise sécuritaire et politique exacerbée, le désormais ex‑Président de la transition Assimi Goïta est annoncé comme démissionnaire, au terme d’une nouvelle recomposition de la junte militaire qui dirige le Mali depuis 2020. Cette décision intervient après une série d’attaques Djihadistes sur plusieurs villes, dont une offensive lourde autour de Bamako, qui a mis à mal la crédibilité du régime et ravivé les appels à « un départ complet des putschistes ».

Une démission en coulisses

Selon plusieurs sources proches du pouvoir, Assimi Goïta aurait « négocié une sortie en toute sécurité » de la scène politique, face à la montée des tensions internes et à la pression accrue de la communauté internationale. Cette démission, encore partiellement discrète, s’inscrit dans un scénario de réorganisation de la junte plutôt que dans un transfert clair vers un pouvoir civil. Les cadres militaires restent en première ligne, avec une nouvelle nomination à la tête du Conseil Militaire ou du Comité National censé guider la transition.

Nouvelle donne militaire

Les autorités Maliennes ont annoncé, dans un bref communiqué, la mise en place d’une « nouvelle direction intérimaire » chargée de gérer la crise sécuritaire et de piloter la suite de la transition. Aucun nom de civil n’a été officiellement associé à ce changement, ce qui renforce l’impression que Bamako reste sous tutelle militaire, même si la figure de Goïta disparaît désormais des titres officiels.

L’opposition réclame le départ des putschistes

Dans un contexte de dégradation de la sécurité, les formations politiques d’opposition et certains mouvements de la société civile ont réagi avec fermeté. Une coalition dénommée « Forces pour la République » a appelé à la « démission de la junte militaire » et à l’ouverture immédiate d’une « transition républicaine et inclusive », pilotée par des acteurs civils. Pour les opposants, les putschistes de 2020 et 2021, dont Goïta, ont montré leur incapacité à garantir la sécurité et la stabilité du pays, et leur maintien au pouvoir serait désormais contraire à tout scénario crédible de sortie de crise.

Ce que cette démission change concrètement

Sur le plan formel, la démission de Goïta constitue un tournant symbolique après plusieurs années de règne militaire quasi ininterrompu, marqué par deux coups d’État successifs en 2020 et 2021. Toutefois, sans remise en cause des structures de pouvoir militaire, ni calendrier clair et internationalisé vers des élections, beaucoup d’observateurs voient dans cette recomposition plus une recomposition interne de la junte qu’une véritable rupture avec le régime putschiste.

Perspectives régionales et internationales

À Ouagadougou, Abuja et Dakar, les réactions sont mesurées : les dirigeants de la CEDEAO soulignent la nécessité de respecter un calendrier de transition clair, mais évitent de se positionner publiquement sur la démission de Goïta, conscients de la fragilité du dispositif politique. Les partenaires internationaux, dont l’ONU et l’Union Africaine, préféreraient un scénario civilisé et inclusif plutôt qu’une simple rotation de généraux au sommet de l’État Malien.

Par : Mohammed CHOUAKI – Lille

Auteur/autrice

Views: 8

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *