
Par : Abdelkader REGUIG
Il y a des moments dans la vie d’une nation où le voile des apparences tombe. Où l’on cesse de voir des individus, des âges ou des classes pour ne voir qu’une seule et même entité, dressée face à l’adversité. L’été de ces incendies meurtriers en Algérie fut l’un de ces moments. Les forêts consumées, les foyers réduits en cendres et les vies fauchées auraient pu plonger le pays dans le désarroi. Il en fut tout autrement.
Devant les langues de feu, ce n’est pas un peuple terrassé que l’on a vu, mais un peuple debout. Une marée humaine venue de tous les horizons – jeunes, vieux, femmes, enfants – se ruant vers les zones sinistrées, les bras chargés d’eau, de nourriture et d’espoir. Les réseaux sociaux, souvent accusés d’être des vecteurs de morosité et de défaitisme, sont devenus les tambours d’une mobilisation légendaire.
À ceux qui, de l’extérieur ou parfois de l’intérieur, osent décrire cette jeunesse comme un fardeau, cette solidarité répond par un démenti cinglant. Cette jeunesse, qui aurait pu être désœuvrée, s’est muée en une cohorte d’anges gardiens. Cette abnégation, cette course contre la montre pour sauver un voisin, un arbre ou un souvenir, n’est pas le fruit du hasard. Elle est puisée dans les gènes d’une Révolution qui, il y a plus d’un demi-siècle, a fait vibrer le Monde. C’est la même flamme, la même générosité dans le sacrifice, le même refus intransigeant de plier.
L’Histoire, et ses plus grands témoins, nous rappellent avec force qui nous sommes. Le Général de Gaulle, dans sa clairvoyance, ne s’y trompait pas : « Les Algériens sont un peuple unique, je n’ai jamais connu un peuple tel que les Algériens ; plus on leur tirait dessus, plus ils se redressaient. » Un peuple qui ne se gouverne pas, disait-il, mais qui se respecte.
Ernest Hemingway, cet amoureux des hommes et des vérités crues, avoua sa honte devant leur bravoure : « J’ai beaucoup écrit sur la guerre, mais je n’ai ressenti une telle honte que lorsque j’ai lu comment les Algériens se battaient les pieds nus avec des pierres et des couteaux et ne reculaient jamais. La liberté chez eux est une foi, non une politique. »
Et que dire de cet hommage du grand Fidel Castro, qui voyait dans le combat Algérien un miroir des révolutions continentales ? « En écoutant les chants dans les montagnes, nous avons compris leur courage. Ils ne s’apprêtaient pas, ils se transmettaient dans le sang. Plus on brûlait leur village, plus ils revenaient avec une arme et une chanson ».
Aujourd’hui, face aux flammes, ils sont revenus. Non pas avec des fusils ni des cris de guerre, mais avec une simple bouteille d’eau et une couverture. Et pourtant, c’était le même courage, la même abnégation, la même flamme intérieure qui animait leurs aïeux sur les champs de bataille de la Révolution. Ce geste modeste, presque anodin en apparence, portait en lui tout le poids d’une histoire héroïque et toute la promesse d’un avenir debout.
Cette unité miraculeuse n’est pas un sursaut éphémère, une simple émotion passagère que les semaines effaceraient. Elle est bien davantage : elle est le miroir fidèle, l’expression vivante d’une Algérie qui tient bon, droite dans ses bottes, fidèle à elle-même depuis toujours. Une Algérie que son Armée Nationale Populaire, bouclier infranchissable de la souveraineté nationale, protège et rend invulnérable face aux assauts du temps et des adversaires. Une Algérie dont la seule existence, fière et libre, fait trembler tous ces cercles obscurs, toutes ces officines tapies dans l’ombre qui, de l’intérieur comme de l’extérieur, ourdissent en silence contre elle. Mais à chaque épreuve, à chaque incendie, à chaque tentative de déstabilisation, ils la découvrent plus debout, plus unie, plus indomptable qu’ils ne l’avaient jamais imaginé. Ils apprennent à leurs dépens que ce peuple ne se brise pas, qu’il se forge dans l’adversité.
Une Algérie, avec son Président Abdelmadjid TEBBOUNE, qui mène sa politique étrangère la tête haute, sans plier ni marchander, sans jamais recevoir de leçon ni d’injonction venue d’ailleurs. Elle ne courbe l’échine devant aucune puissance, ne sollicite aucune permission pour exister et pour agir. Sa voix n’est dictée par aucune chancellerie ; sa parole n’appartient qu’à son peuple et à son histoire millénaire. Elle ne court pas après la validation des puissants, car elle sait, au plus profond de sa conscience nationale, que sa légitimité ne se négocie pas et que son destin ne s’écrit qu’en langue Arabe, en langue Amazighe, et dans le souffle immortel de ses Martyrs qui veillent sur elle.
Elle n’a jamais eu besoin d’un garant étranger pour justifier sa place sur la scène internationale, et elle n’a jamais troqué sa sécurité nationale contre les intérêts éphémères d’autrui. Son rang, elle le tient de son histoire, de sa géographie et de la volonté inébranlable de ses enfants. Dans un monde où les normalisations se négocient au rabais, où les principes sont souvent sacrifiés sur l’autel des intérêts immédiats, l’Algérie reste fidèle à ses causes fondamentales : la Palestine, l’Afrique, la liberté des peuples. Elle n’a pas signé l’abandon de ses principes, et elle ne le fera jamais. Car sa dignité est une forteresse, et sa parole, un engagement sacré que rien, ni le feu ni les menaces, ne saurait éteindre.
Que retiendront les générations futures de ce début de XXIe siècle ? L’historien Britannique Arnold Toynbee avait raison : « Quand les générations futures apprendront la volonté humaine, elles devront connaître l’Algérie. Un peuple debout pendant 100 ans, refusant l’esclavage, préférant mourir libre. L’Algérie a prouvé que la dignité n’a pas de prix. »
En ces jours sombres où la nature se déchaînait, l’Algérie a montré au Monde que le prix de la dignité reste inestimable, et que sa solidarité est une forteresse que rien ne peut ébranler. Ce n’est pas un simple élan de générosité que nous avons vu. C’est une réaffirmation de l’identité. C’est la preuve que, debout sur ses ruines, ce peuple glorieux et fier se relève toujours, plus uni que jamais.
L’Algérie ne se gouverne pas, elle se respecte. Et ce jour-là, elle a respecté ses enfants et sa terre en tendant la main à tous.
Contact: orarexe@gmail.com
Par : Abdelkader REGUIG
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