« Le Niger est debout grâce à l’Algérie » : à l’ONU, Lamine Zeine rend hommage à Alger

Par : Mohammed CHOUAKI

À la tribune de la 81e Assemblée Générale des Nations Unies, le Premier Ministre Nigérien Ali Mahaman Lamine Zeine a salué le rôle de l’Algérie. Selon lui, cet appui a permis à son pays de résister à trois années de sanctions et d’isolement. Dans le même discours, il a lancé une charge très dure contre la France, qu’il accuse de déstabiliser le Sahel.

« Aujourd’hui, le Niger est debout »

Ali Mahaman Lamine Zeine est d’abord revenu sur la situation de son pays depuis 2023. « Il y a trois ans, certains Prédisaient l’effondrement du Niger sous le poids des sanctions et de l’isolement. Aujourd’hui, le Niger est debout », a-t-il déclaré .

Il a donné trois raisons à cette résistance. La première est un peuple qui « a refusé de courber l’échine ». La deuxième est la Confédération des États du Sahel, qu’il a décrite comme « une famille, une solidarité », « dans toute la signification Africaine du terme ». La troisième est l’Algérie.

L’Algérie, « pays frère et voisin »

Le Chef du Gouvernement Nigérien a réservé une place à part à Alger dans son discours. Il a affirmé que « le Niger est debout parce que la République Algérienne Démocratique et Populaire, pays frère et voisin, a choisi de l’accompagner par un investissement substantiel dans l’exploitation de ses ressources naturelles et par un soutien constant à son système de défense » .

Il a ensuite énuméré les domaines de coopération. « Avec l’Algérie, nous entreprenons également une coopération dynamique dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’énergie, de l’hydraulique et de l’agriculture. » Il a aussi cité deux grands projets régionaux : le Gazoduc Transsaharien Nigeria–Niger–Algérie et la route Transsaharienne. Il a conclu : « Le Niger est surtout debout parce qu’il a repris possession de son sol, de son sous-sol et de sa parole » .

Une coopération qui s’accélère

Ces propos s’appuient sur des projets concrets. L’Algérie a construit à Niamey une centrale électrique de 40 mégawatts. En août, les deux pays ont aussi lancé le forage du puits d’exploration « Kafra Sud-Est 1 », sur le bloc pétrolier de Kafra, dans le nord du Niger.

Ce rapprochement a été rapide. Alger et Niamey ont rétabli leurs relations diplomatiques en février dernier, après plusieurs mois de rupture. Depuis, ils coopèrent de plus en plus dans l’énergie et la défense .

Charge frontale contre Paris

Le discours a aussi eu une partie beaucoup plus offensive. « Notre Sahel est en guerre de Libération contre une conspiration visant sa recolonisation », a lancé le Premier Ministre. Selon lui, ce que l’on appelle terrorisme dans la région est « une ingénierie cynique de recolonisation », dont le vrai but est de s’emparer des richesses du sous-sol : l’Uranium du Niger, l’Or du Mali et du Burkina Faso, le Lithium, le Gaz et le Pétrole.

Il a accusé directement la France : « Cette déstabilisation perfide du Sahel menée par la France, avec la complicité active de l’Ukraine, est désormais documentée. » Il a aussi affirmé qu’au moment même de son discours, des groupes armés soutenus par Paris, Kiev et « deux autres pays » se préparaient à attaquer des positions militaires et des installations pétrolières dans le nord-est du Niger. Il n’a pas nommé ces deux pays.

Alger, pivot du Sahel

À New York, Niamey a donc opposé deux partenaires. D’un côté, l’ancienne puissance coloniale, accusée de tous les maux. De l’autre, le voisin Algérien, présenté comme un partenaire fiable. C’est une reconnaissance diplomatique importante pour Alger, qui veut s’affirmer comme un acteur central de la nouvelle configuration du Sahel.

Sources : TSA – Radio Algérie – TSGP – La Nouvelle Tribune – aa     

Par : Mohammed CHOUAKI – Lille

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