Léon XIV à Paris une marée humaine de la Concorde aux Champs-Élysées

Par : Mohammed CHOUAKI

Pour sa deuxième journée en France, le Pape Léon XIV a vécu le temps fort de son séjour Parisien. Il a célébré une messe géante en plein air, place de la Concorde et sur les Champs-Élysées, devant des Centaines de Milliers de fidèles. Sa matinée avait été consacrée aux exilés et aux nouveaux baptisés, avant son départ pour Lourdes.

Paris a vécu ce samedi 26 septembre une journée hors du commun. Au lendemain d’une première journée marquée par un accueil populaire dans les rues de la capitale et une veillée avec quelque 80 000 jeunes au Stade de France, le Pape Léon XIV a présidé l’événement phare de sa visite : une messe en plein air à la Concorde. Près de 600 000 personnes s’y étaient inscrites, selon le diocèse de Paris.

Une matinée auprès des exilés

Le souverain pontife a commencé sa journée vers 9 heures à la Maison Bakhita, dans le 18e arrondissement. Ce centre diocésain accueille et accompagne des réfugiés, des exilés et des personnes en situation de précarité. Il porte le nom de sainte Joséphine Bakhita, ancienne esclave Soudanaise devenue religieuse.

Loin des caméras et sans public, le Pape s’est entretenu avec six exilés, Musulmans et Chrétiens, originaires notamment d’Algérie, d’Afghanistan, de Biélorussie, d’Irak et de Côte d’Ivoire. Il a salué un lieu « qui témoigne qu’il est possible de se rencontrer et de vivre ensemble dans la dignité et la paix ». Il a aussi affirmé que l’histoire de l’humanité « n’est pas écrite par ceux qui donnent l’impression de vaincre en s’imposant et en occupant l’espace », mais par ceux qui « instaurent des processus de paix, suscitent la confiance et encouragent la vie ».

À sept mois de l’Election Présidentielle Française, alors que la question migratoire occupe une place centrale dans le débat public, le geste a une portée qui dépasse le cadre religieux.

Le « paradoxe Français » à l’Institut catholique

Le pape s’est ensuite rendu à l’Institut Catholique de Paris, où l’a accueilli le Recteur Emmanuel Petit. Il s’est recueilli devant l’escalier des martyrs, lieu de mémoire des massacres de septembre 1792. Il a ensuite rencontré des membres de l’Assemblée Synodale provinciale, des catéchumènes, qui se préparent au baptême, et des néophytes, récemment baptisés.

Devant eux, Léon XIV s’est dit   « émerveillé par le nombre de personnes qui se présentent aujourd’hui au nom de la foi ». Il a évoqué un « paradoxe Français » : un retour vers l’Évangile dans une société     « marquée par une culture fortement sécularisée ». Selon les chiffres cités, la France a enregistré 13 000 baptêmes d’adultes en 2026, soit une hausse de 26 % en un an. Parmi les témoignages entendus, celui de Jawad, catéchumène du diocèse de Nanterre, a marqué l’assistance : « En poussant la porte de la paroisse, j’ai eu peur d’être jugé à cause de mon apparence Maghrébine. »

Les Champs-Élysées noirs de Monde

En début d’après-midi, le Pape a descendu les Champs-Élysées en papamobile, sur plus de deux kilomètres, jusqu’à la scène installée place de la Concorde. Les fidèles occupaient un axe d’environ trois kilomètres, jusqu’à la place de l’Étoile et une partie de l’avenue de la Grande-Armée. Une véritable marée humaine l’a acclamé tout au long du parcours. Les accès avaient ouvert dès 9 heures, et des entrées de dernière minute avaient été prévues pour ceux qui n’étaient pas inscrits.

À 15 heures, la messe solennelle a commencé. C’est l’un des plus grands rassemblements religieux organisés dans la capitale depuis des décennies. Le dispositif de sécurité était à la mesure de l’événement, dans un Paris transformé pour quelques heures en immense Cathédrale à ciel ouvert. Le Président de la République, qui avait reçu le Pape la veille à l’Élysée, n’a pas assisté à la célébration.

Cap sur Lourdes

Après la messe, le pape devait quitter la capitale en fin d’après-midi pour s’envoler vers Lourdes. Il y poursuivra ce voyage apostolique de quatre jours, du 25 au 28 septembre, qui s’achèvera à Metz. Cette première visite en France depuis le début de son pontificat restera marquée par l’ampleur de la ferveur populaire à Paris. Elle a aussi porté un message clair, adressé aux croyants comme à l’ensemble de la société : la dignité humaine, l’accueil et la paix.

Par : Mohammed CHOUAKI – Lille

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