Ségolène Royal : une voix Française courageuse qui ose nommer le Génocide à Gaza

Par : Abdelkader REGUIG

En tant qu’Algérien, je suis depuis longtemps les relations Franco-Algériennes. J’ai vu trop de responsables politiques Français reculer face à la vérité historique. Mais Ségolène Royal fait exception. Non seulement elle œuvre en tant que Présidente de l’Association France-Algérie à la réconciliation entre nos deux pays, mais elle a surtout eu le courage, dans un climat médiatique Français sous haute pression, de qualifier clairement ce qui se passe à Gaza : un Génocide.

De candidate Présidentielle à Présidente de l’Association France-Algérie

Ségolène Royal est née le 22 septembre 1953 à Dakar. En 2007, elle est devenue la première femme de l’histoire de la Ve République à accéder au second tour d’une élection      Présidentielle, obtenant 46,94 % des voix face à Nicolas Sarkozy. Son parcours Ministériel couvre l’Environnement, l’Éducation, la Famille, ainsi que l’Écologie et l’Énergie.

Le 18 décembre 2025, elle a été élue Présidente de l’Association France-Algérie (AFA), succédant à Arnaud Montebourg. Cette association n’est pas une organisation ordinaire : fondée en 1963 avec le soutien du Général de Gaulle, elle compte parmi ses membres fondateurs Germaine Tillion et François Mauriac, et a été présidée par des figures comme Stéphane Hessel et Pierre Joxe.

Son action en Algérie

Dès sa prise de fonction, Ségolène Royal s’est rendue à Alger. En janvier 2026, elle a été reçue par le Président Abdelmadjid TEBBOUNE. Lors de cette visite, elle a appelé à la restitution des biens culturels Algériens, y compris les objets personnels de l’Émir Abdelkader, ainsi que des archives coloniales conservées à Aix-en-Provence . Elle a également exigé la déclassification complète des dossiers relatifs aux essais nucléaires Français dans le Sahara Algérien entre 1960 et 1966, afin de mesurer l’ampleur des dommages et d’envisager des réparations .

Elle a déclaré : « Je suis venue écouter et apprendre… l’Association pour l’amitié entre la France et l’Algérie que je préside travaille depuis plus de 60 ans au développement du dialogue, de l’amitié, de l’échange, de la compréhension mutuelle » . Elle a également insisté sur le respect de la souveraineté Algérienne, appelant à          « faire reculer les postures politiciennes, les provocations, les discours qui déchirent » .

En avril 2026, elle s’est à nouveau rendue à Alger pour participer aux « Rencontres Afro-Méditerranéennes de la pensée », où elle a été reçue par le Ministre des Affaires Etrangères Ahmed Attaf .

Le courage face à Gaza

Ce qui a véritablement fait de Ségolène Royal une figure remarquable, c’est sa prise de position lors du débat de la primaire sociale-démocrate du 23 septembre 2026.

Elle a déclaré : « Il faut dire aussi qu’à Gaza, il y a un génocide, qu’il faut rompre l’accord Israël-Union Européenne, d’arrêter d’autoriser Netanyahu à survoler le territoire Français » . Elle a également affirmé que la montée de l’antisémitisme en France n’était « pas due à Israël » mais « aux actuels dirigeants » Israéliens, et qu’« il faudrait plus de voix israéliennes et juives pour dire que ce qui se passe » à Gaza « est intolérable » .

Face à Raphaël Glucksmann, qui refusait d’employer le terme « génocide », elle a rétorqué : « Si les mots sont importants, il faut reconnaître le génocide. »

Glucksmann ne peut pas dénoncer pleinement, car sa position repose sur un paradoxe indéfendable : environ 6 464 soldats de nationalité Française ont été recensés au sein de l’armée Israélienne durant le conflit. Ce chiffre, issu de documents internes de l’armée Israélienne obtenus par l’ONG Hatzlacha et relayés par des médias d’investigation, place la France comme le deuxième contingent étranger représenté dans l’armée Israélienne, juste après les États-Unis.

Glucksmann se contente de reprendre les termes de la Cour Pénale Internationale — « crimes contre l’humanité » et « crimes de guerre » — mais refuse de prononcer le mot « génocide ». Il affirme : « L’important n’est pas le mot, c’est ce qu’on fait. »

Mais comme le lui a lancé Ségolène Royal : si l’on n’ose même pas nommer les choses, comment prétendre agir ?

Alors que des citoyens Français participent à l’opération militaire à Gaza, alors que des responsables politiques Français invoquent la « sensibilité des mots » pour éviter la vérité, la franchise de Ségolène Royal apparaît d’autant plus précieuse. Elle n’a pas choisi la prudence à la manière de Glucksmann. Elle a choisi le courage.

La polémique et sa défense

Ces propos ont immédiatement déclenché une tempête. Yonathan Arfi, Président du CRIF, a dénoncé « une trahison de l’idéal républicain », affirmant que « sommer les Juifs de se positionner sur Gaza… fait des Juifs les responsables de la haine dont ils sont les victimes » . Philippe Meyer, Vice-Président du CRIF, a qualifié ces propos de « moralement et politiquement intolérables » .

D’autres responsables politiques, comme Jérôme Guedj, ont accusé Royal            d’« essentialiser » les Juifs de France . Aurore Bergé, Ministre de la Lutte contre les discriminations, a déclaré qu’« il n’y a pas un seul Français Juif responsable de la situation à Gaza » .

Ségolène Royal s’est défendue dès le lendemain : « Voilà ce que j’ai dit : il faut soutenir et encourager les Israéliens qui se dressent contre le régime du Criminel de guerre Netanyahu. Je n’ai jamais essentialisé nos compatriotes de confession Juive » . Elle a dénoncé   « une parole déformée » et affirmé qu’« il faut avoir le courage de dire certaines choses » .

Pourquoi cela compte pour nous

En tant qu’Algériens, nous savons ce que signifie le silence face à l’injustice. Nous savons ce que coûte le fait de nommer les choses par leur nom. Ségolène Royal a osé dire ce que beaucoup pensent tout bas : Gaza vit un Génocide ; la politique de Netanyahu est responsable de la montée de l’antisémitisme ; et il faut avoir le courage de le dire malgré les pressions.

Environ 6 464 soldats de nationalité Française ont été recensés au sein de l’armée Israélienne durant le conflit. Ce chiffre, issu de documents internes de l’armée Israélienne obtenus par l’ONG Hatzlacha et relayés par des médias d’investigation, place la France comme le deuxième contingent étranger représenté dans l’armée Israélienne, juste après les États-Unis.

Le CRIF n’est qu’une association religieuse et communautaire. De quel droit se mêle-t-il de la parole d’une responsable politique Française, Présidente d’une association d’amitié entre deux peuples souverains ? De quel droit crie-t-il à la      « trahison » lorsqu’une voix Française ose dire tout haut ce que des millions de citoyens pensent tout bas ?

La véritable trahison, ce n’est pas de nommer le Génocide à Gaza. La véritable trahison, c’est de rester silencieux pendant qu’on massacre des innocents. La véritable trahison, c’est de laisser une organisation communautaire dicter ce qu’un responsable politique Français a le droit de dire ou non. La véritable trahison, c’est de confondre la critique légitime d’un État criminel avec la haine d’une communauté.

Ségolène Royal a choisi de ne pas se taire. Elle a choisi de dire la vérité, même si cela déplaît au CRIF. Elle a choisi la justice plutôt que la tranquillité. Et pour cela, en tant qu’Algérien, dont le peuple a lui aussi connu le colonialisme, la violence et le déni ,je lui exprime mon profond respect.

Car il faut du courage pour parler ainsi en France aujourd’hui. Et ce courage mérite d’être salué.

Contact:orarexe@gmail.com

Par : Abdelkader REGUIG

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