Dominique de Villepin, le « Dauphin »   du Général de Gaulle ? Anatomie d’une candidature Gaulliste pour 2027

Par : Abdelkader REGUIG

« Français Ouvrez vos yeux »

À l’approche de l’élection Présidentielle de 2027, une figure surgit des marges du paysage politique Français, portée par une rhétorique qui emprunte autant à la grandeur Gaullienne qu’à la critique acerbe du Macronisme. Dominique de Villepin, ancien Premier Ministre de Jacques Chirac, se présente comme l’héritier du Général de Gaulle, un             « homme d’État » dressé contre la médiocrité ambiante. Mais que vaut cette posture ? Éléments de réponse.

Un héritage Gaulliste revendiqué

Pour Dominique de Villepin, se réclamer du Général de Gaulle n’est pas une simple coquetterie. Il convoque régulièrement « la conception de l’élection Présidentielle » chère au fondateur de la Ve République : « la rencontre d’un homme et d’un peuple ». Dans un paysage politique qu’il juge confisqué par les extrêmes, il incarnerait selon ses partisans une race de politiciens en voie de disparition : « celle des hommes d’État pour qui l’honneur prime sur la carrière ».

Son parcours lui confère une légitimité certaine aux yeux de ses soutiens : diplomate, Secrétaire Général de la Présidence de la République sous Jacques Chirac (1995-2002), Ministre des Affaires Etrangères (2002-2004), Ministre de l’Intérieur (2004-2005) puis Premier Ministre (2005-2007). Mais surtout, il reste dans les mémoires comme l’homme qui a dit « non » à la guerre en Irak en 2003, à l’ONU, au Conseil de Sécurité. Un geste qui, pour ses admirateurs, incarne la        « voix de la France et de la communauté internationale » et qui le place dans la filiation directe de l’indépendance Gaullienne.

La charge contre le « globalisme » et le macronisme

C’est dans ce contexte que s’inscrit la déclaration fracassante de Pierre Lellouche, ancien Ministre, que l’utilisateur cite en exergue. Lellouche y dénonce sans filtre « ces ténors du globalisme », qu’il qualifie de « pantins dociles, exécutant les ordres de leur mentor, ou plutôt de leur gourou ». Il fustige la succession de sept Premiers Ministres sous Emmanuel Macron – d’Édouard Philippe à Sébastien Lecornu – qu’il décrit comme « des figurants interchangeables », « des illustres inconnus propulsés sur le devant de la scène », « bons tout au plus pour la série B, la série C, ou pire, la série W ».

Le constat est sans appel : « un déficit abyssal de 1 300 Milliards, un bilan financier catastrophique ». Quant à François Bayrou qui est devenu Premier Ministre en décembre 2024), il aurait        « battu en retraite » après avoir promis 40 Milliards d’économies, pour finalement léguer « une ardoise de 51 milliards d’impôts supplémentaires ».

Cette charge contre le macronisme rejoint la vision de Villepin, qui dénonce un « jeu politique confisqué par une double polarité : le Rassemblement national à l’extrême droite et La France insoumise à l’extrême gauche », avec entre les deux « une sorte d’Atlantide qui s’enfonce ».

« Ouvrez les yeux » : la mise en garde contre la menace Trump-Musk

La véhémence du propos de Dominique de Villepin trouve son expression la plus forte dans sa mise en garde contre ce qu’il perçoit comme une menace existentielle est tirée de son passage dans l’émission télévisée Quotidien animée par Yann Barthès sur la chaîne TMC. il déclare :

« Nous sommes face à l’Histoire. Ouvrez les yeux. […] Ils incarnent une menace, un risque existentiel. Nous connaissons déjà l’issue de telles dérives : la collusion des puissants, la tentation de l’hyperpuissance. Et le pire, c’est la guerre, c’est la destruction. »

Il fustige le « drill, baby, drill » de Donald Trump, « l’injure faite au ventre de la Terre », et dénonce un Président Américain qui « joue avec les Américains, il joue avec les Palestiniens, avec tout le Proche-Orient, avec les Ukrainiens ». Pour Villepin, « le trumpisme n’est pas la maladie du monde, c’est un symptôme ». Il alerte sur « le ralliement de la tech à la cause de Trump », qu’il qualifie de      « grave problème démocratique » et de « propagande permanente ».

Le parallèle avec de Gaulle est explicite : comme le Général avait su dire « non » aux États-Unis et défendre l’indépendance Française, Villepin appelle à résister à « la soumission, la vassalisation, le diktat ».

L’héritage du Général de Gaulle : entre mythe et réalité

La comparaison avec de Gaulle est-elle pertinente ? Sur la forme, indéniablement. Villepin cultive un style oratoire ampoulé, une stature altière, une propension à se placer « au-dessus des partis ». Il a créé un mouvement, « La France humaniste », qu’il présente comme « ouvert à tous, l’inscription est gratuite », une stratégie qui n’est pas sans rappeler celle du RPF Gaulliste.

Sur le fond, le rapprochement est plus discutable. Si Villepin défend le droit international et critique la guerre à Gaza. Son Gaullisme est teinté d’une plasticité politique qui doit davantage à Jacques Chirac, son mentor.

Une candidature crédible pour 2027 ?

Sur le terrain électoral, les chiffres sont têtus. En juillet 2026, Dominique de Villepin plafonne « sous les 5 % d’intentions de vote ». Aucune personnalité ne s’est encore ralliée à sa démarche. Lui-même n’est pas officiellement candidat déclaré, bien qu’il  « travaille comme si [il] l’était ».

Pourtant, il mise sur un scénario de rassemblement : « Les responsables politiques que je rencontre commencent à se demander si, pour éviter le pire, il ne faudrait pas s’entendre ». Son pari : incarner une       « alternative aux Français qui échappe au schéma de l’homme ou de la femme providentielle », tout en se posant en recours face à une « France en morceaux ».

La question de Jean-Michel Aphatie :       « Vous êtes prêt ? »

C’est à cette question que se résume l’enjeu. en citant de Gaulle (« si Israël ne respecte pas le droit des Nations Unies, l’ONU n’a qu’à déchirer sa charte »), met Villepin Comme le Général, il incarne à la fois la rupture et la continuité, la fermeté et la rassembleur ?

Les Français ont parlé. « Ouvrez les yeux ! » Dans ce champ politique en quête d’âme, Dominique de Villepin incarne une voix qui élève. Sa rhétorique cinglante n’est pas un artifice : c’est un appel. Ses soutiens y voient l’étincelle d’un sursaut nécessaire. Et si ce coup d’éclat était le début d’une renaissance ? La France cherche son éternité, peut-être vient-elle de trouver un homme pour la lui rappeler. Oui, la hauteur peut encore changer le cours d’une époque. À nous d’oser la saisir.

Sources : Wikipedia France Culture, La Tribune, BFMTV, Radio France.TMC

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