Un mur, des Millions de mines et une crise oubliée au Sahara Occidental

Par : Mohammed CHOUAKI

La question du Sahara Occidental est revenue avec force à la tribune des Nations Unies, où plusieurs intervenants ont dénoncé le maintien par le Maroc d’un vaste dispositif militaire comprenant des Millions de mines antipersonnel. Au cœur des critiques : le mur de sable érigé par Rabat, considéré comme l’un des plus longs systèmes militarisés au Monde.

S’étendant sur près de 2 700 kilomètres, ce mur, construit progressivement depuis les années 1980, divise le territoire du Sahara Occidental en deux zones distinctes. Selon des organisations internationales et des représentants Sahraouis, il serait entouré de plus de 7 Millions de mines et d’engins explosifs, constituant une menace permanente pour les populations civiles.

Lors des débats récents à l’ONU, des diplomates et ONG ont dénoncé une « situation humanitaire alarmante », pointant les conséquences directes de ces dispositifs sur les civils, notamment les nomades et les éleveurs. Les accidents liés aux mines continuent de faire des victimes, en dépit des campagnes de sensibilisation et des opérations de déminage menées par certaines agences internationales.

Les représentants Sahraouis ont qualifié cette situation de « crime prolongé », accusant le Maroc de maintenir délibérément un environnement dangereux pour empêcher la libre circulation et consolider son contrôle sur le territoire. Ils appellent la communauté internationale à exercer des pressions afin d’obtenir le démantèlement du mur et la dépollution des zones minées.

De son côté, Rabat défend ce dispositif comme une mesure de sécurité nécessaire dans le cadre du conflit qui l’oppose au Front Polisario. Les autorités Marocaines mettent en avant la stabilité qu’aurait apportée ce mur, tout en soulignant leur coopération avec certaines initiatives de déminage.

Cependant, les critiques persistent au sein des instances internationales. Plusieurs intervenants ont insisté sur la nécessité d’une solution politique durable, conforme aux résolutions de l’ONU, incluant le droit à l’Autodétermination du peuple Sahraoui.

Dans ce contexte, la question des mines apparaît comme un symbole des blocages persistants dans ce dossier, mais aussi comme un enjeu humanitaire majeur qui continue d’exiger une mobilisation internationale accrue.

Par : Mohammed CHOUAKI – Lille

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