
Par : Mohammed CHOUAKI
Lors d’une session extraordinaire du Parlement Panafricain, tenue à Midrand, en Afrique du Sud, du 28 au 30 avril 2026, la République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD) est sortie victorieuse d’un scrutin clé pour le poste de rapporteur du Bureau provisoire chargé de superviser l’élection du représentant de l’Afrique du Nord à la Présidence du Parlement Africain. Sur proposition Sahraouie, le candidat Said Brahim Joumani a été élu avec 17 voix contre 12 pour son rival Marocain, infligeant au Royaume du Maroc une défaite diplomatique cinglante au cœur même de l’Union Africaine.
Un revers ciblé au Maroc
Ce vote apparaît comme un camouflet politique majeur pour Rabat, déjà isolé sur plusieurs dossiers régionaux. Le Maroc, qui aspire à renforcer son leadership en Afrique du Nord, n’a pas réussi à décrocher le moindre poste de responsabilité lors de ces scrutins, ce qui ne manquera pas de nourrir les critiques internes sur l’efficacité de sa diplomatie continentale. À Midrand, plusieurs délégations ont rapporté que la délégation Marocaine a multiplié les tentatives de remise en cause du déroulement du scrutin, accusant la RASD de « manœuvrer » et évoquant des « pressions » sur les députés, mais sans parvenir à modifier le résultat.
Une victoire diplomatique pour la RASD
La RASD salue sa victoire comme un message politique fort : une reconnaissance de la légitimité de son État membre de l’Union Africaine et de son droit à représenter l’Afrique du Nord au sein des institutions Panafricaines. Dans un communiqué, les autorités Sahraouies soulignent que cette élection « renforce la position de la RASD sur la scène diplomatique internationale et démontre que l’État n’est pas un simple observateur, mais un acteur politique à part entière en Afrique ». Pour la diplomatie Sahraouie, le scrutin de Midrand illustre également l’efficacité de sa stratégie de lobbying sur le continent et la consolidation de son soutien discret dans plusieurs États Africains.
Conséquences politiques et réactions
Sur le plan technique, la fonction de rapporteur du Bureau provisoire donne à la RASD un rôle central dans la préparation et la supervision des élections du représentant de l’Afrique du Nord, ce qui augmentera sa visibilité dans les instances décisionnelles du Parlement Panafricain. Concrètement, cela signifie que la RASD pourra influer sur l’ordre du jour, la sélection des candidatures et la lecture des résultats.
Politiquement, ce scrutin marque une étape dans la lutte symbolique entre Rabat et les autorités Sahraouies au sein de l’UA. Alors que le Maroc se présente comme un partenaire de l’Union Africaine en matière de développement économique et de sécurité, la RASD utilise ce type de scrutins pour rappeler que la question de la souveraineté et de la décolonisation reste au cœur des débats Africains.
Reste à savoir si ce vote, même s’il n’est pas un vote sur le statut du Sahara Occidental lui‑même, nourrira une nouvelle dynamique au sein de l’UA autour de la question du Sahara, ou s’il restera une simple victoire de procédure dans un hémicycle où les francs‑tireurs politiques deviennent de plus en plus rares.
Par : Mohammed CHOUAKI – Lille
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