Trillo relance la controverse sur les attentats du 11-Mars 2004 à Madrid

Par : Mohammed CHOUAKI

Federico Trillo, ancien Ministre Espagnol de la Défense sous le Gouvernement Aznar, a formulé des accusations explosives lors de la présentation de son livre Mémoires d’avant-hier à Barcelone le 21 avril 2026. Il affirme que les attentats du 11 mars 2004 à Madrid, qui ont fait 193 morts et près de 2 000 blessés dans des trains de banlieue, ont été perpétrés par un commando “moritos” (terme péjoratif pour désigner des Nord-Africains) envoyé depuis le Maroc, sous le contrôle direct des services secrets Français. Trillo exprime une “conviction absolue” sur cette implication étatique, regrettant d’être aussi clair, sans toutefois fournir de nouveaux éléments factuels probants.

Contexte des déclarations

Ces propos ont été tenus à l’Atheneo Barcelone ou au Círculo Ecuestre, lors d’un événement culturel animé par l’ex-Député PP Manuel Milián Mestre. Trillo, figure du Parti Populaire (PP), cite des analyses de la CIA et du MI6 selon lesquelles un “service de renseignement continental” se cachait derrière les exécutants Marocains. Il évoque aussi une coordination impliquant des services Européens, ravivant une vieille théorie complotiste sur les attentats, souvent instrumentalisée politiquement en Espagne.

Rappel historique des attentats

Les explosions du 11 mars 2004, survenues 911 jours après le 11 septembre 2001, visaient des trains de banlieue Madrilènes avec des bombes dynamite. La justice Espagnole a conclu en 2007 à la responsabilité d’une cellule Jihadiste liée à Al-Qaïda, recrutant des Islamistes dont plusieurs Marocains interpellés dès le 13 mars ; sept d’entre eux, incluant le chef Sarhane ben Abdelmajid Fakhet, périrent dans un suicide à Leganés. Aucune implication d’États Etrangers comme le Maroc ou la France n’a été retenue officiellement, malgré des soupçons initiaux sur l’ETA puis sur Al-Qaïda punissant l’engagement Espagnol en Irak.

Réactions et implications géopolitiques

Ces déclarations, publiées dans des médias Maghrébins comme Maghreb Emergent ou Algérie Patriotique, soulèvent des tensions au Maghreb, où elles sont relayées comme des “révélations” sur un rôle Marocain. En Espagne, elles alimentent un débat récurrent sur le 11-M, lié à la chute d’Aznar après les élections anticipées. Aucune réaction Officielle Française ou Marocaine n’est rapportée à ce stade, mais elles risquent d’empoisonner les relations bilatérales Espagne-Maroc-France, déjà tendues par le dossier migratoire et Sahraoui.

Aucune réaction Officielle du Gouvernement Marocain n’a été rapportée publiquement à ce jour concernant les accusations de Federico Trillo sur les attentats du 11-M.

Silence observé

Les déclarations de l’ancien Ministre Espagnol, prononcées le 20 avril 2026 lors de la promotion de son livre Mémoires d’avant-hier à Barcelone, ont été largement relayées dans les médias Maghrébins et Espagnols. Cependant, ni le Ministère des Affaires Etrangères Marocain (dirigé par Nasser Bourita), ni le Palais Royal, ni le porte-parole du Gouvernement n’ont publié de communiqué ou de démenti formel dans les jours suivants, au 24 avril 2026. Cela contraste avec la pratique habituelle de Rabat, qui réagit souvent fermement aux allégations impliquant le Maroc dans des affaires sensibles, comme les cas d’Espionnage Pegasus ou les rapports sur les droits humains.

Contexte des réactions passées

Historiquement, le Maroc dément catégoriquement toute implication dans des actes terroristes et exige des preuves tangibles face aux accusations. Par exemple, face à des soupçons similaires sur des opérations d’espionnage ou des ingérences, des Ministres comme Bourita ont qualifié de “totalement infondées” les allégations, menaçant parfois de poursuites ou de fermetures de bureaux d’ONG. L’absence de réponse immédiate pourrait indiquer une stratégie de non-engagement sur une thèse jugée complotiste, ou une attente d’enquêtes journalistiques plus approfondies, dans un climat bilatéral tendu par le Sahara Occidental et la migration.

Implications diplomatiques

Ce silence risque d’alimenter les spéculations dans les cercles pro-Algériens ou anti-Marocains au Maghreb, où les propos de Trillo sont présentés comme des “révélations”. Sans réaction, les relations Espagne-Maroc, déjà fragiles sous le Gouvernement Sánchez, pourraient pâtir d’une instrumentalisation politique, tandis que la France reste muette sur l’implication présumée de ses services secrets. Une réponse officielle pourrait émerger lors de la prochaine session de la commission mixte Hispano-Marocaine.

Par : Mohammed CHOUAKI – Lille

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