
Par : Mohammed CHOUAKI
L’industrie automobile Algérienne attire de nouveau les grands constructeurs internationaux. Après Fiat, déjà installé à Oran, Toyota et Hyundai multiplient les signaux d’intérêt pour identifier des partenaires industriels locaux capables d’accompagner leurs futurs projets.
L’Algérie veut augmenter le taux d’intégration locale, structurer une véritable filière de sous-traitance et réduire sa dépendance aux importations automobiles. Deux constructeurs majeurs, le Japonais Toyota et le Sud-Coréen Hyundai, ont choisi de sonder le marché Algérien avec une approche industrielle concrète.
Toyota prospecte le tissu industriel Algérien
Une délégation de la marque Toyota, composée notamment de responsables techniques, effectues-en cette semaine de juin 2026 une tournée de prospection en Algérie. Le groupe Japonais visite plusieurs régions, de l’Est au Centre, avant de poursuivre vers l’Ouest du pays en fin de semaine.
L’objectif est clair : repérer des entreprises Algériennes capables d’intégrer ses futures chaînes d’approvisionnement. Toyota cherche à évaluer les compétences locales dans des segments sensibles de l’industrie automobile : composants mécaniques pour la motorisation, faisceaux électriques, systèmes de câblage automobile, plasturgie, métallurgie, structures et éléments de carrosserie, lubrifiants, pièces de rechange pour maintenance et emboutissage de pièces métalliques.
Pour Rachid Bekhchi, Président de la Bourse de Sous-Traitance et de Partenariat de l’Ouest (BSTPO), cette démarche confirme « une dynamique de rapprochement entre les constructeurs internationaux et le tissu industriel Algérien ».
Hyundai a déjà envoyé ses équipes en Algérie
Toyota n’est pas seul à sonder le marché Algérien. Selon Rachid Bekhchi, des responsables de Hyundai ont mené une mission similaire ces derniers jours. Le constructeur Sud-Coréen cherche lui aussi à identifier des partenaires industriels capables de répondre aux standards exigés par les grandes marques mondiales.
Ces standards portent notamment sur : la qualité des produits, la traçabilité des composants, le respect des délais, la compétitivité des prix et la capacité à produire de façon régulière.
Pour les entreprises Algériennes, l’enjeu est donc clair : obtenir une homologation et devenir des fournisseurs crédibles pour les constructeurs internationaux.
Hyundai prépare un retour triomphal avec un investissement de 400 Millions de Dollars pour une usine visant 50 000 véhicules par an dès fin 2026. Le concessionnaire exclusif Hyundai Motor, Majestic Autos (société Algéro-Omanaise), a scellé des partenariats stratégiques avec dix opérateurs indépendants pour couvrir 14 Wilayas dès le troisième trimestre 2026.
Les modèles prévus pour le marché local sont : le Tucson (SUV), le Creta (SUV compact), l’Accent (berline) et le Grand i10 (citadine).
L’Algérie mise sur 200 entreprises industrielles
Le potentiel existe déjà. Selon Rachid Bekhchi, l’Algérie dispose d’environ 200 entreprises industrielles capables d’intervenir dans la sous-traitance automobile. Parmi elles, près de 100 PME sont en cours d’homologation à travers le pays.
À Oran, l’usine Fiat de Stellantis sert déjà de laboratoire industriel avec 30 PME homologuées, 26 partenaires travaillent directement avec le constructeur, 20% d’intégration locale en 2025, 30% visés en 2026 et l’objectif porté à 35%.
Le cap gouvernemental : atteindre 40% d’intégration locale pour produire 300 000 véhicules. Avec 40 fabricants de pièces de rechange déjà opérationnels et plus de 100 acteurs réunis lors du Salon Mechanica, la filière automobile prend forme.
Une opportunité rare pour les industriels locaux
Pour Toyota, Hyundai et d’autres constructeurs, l’Algérie apparaît désormais comme un marché à surveiller. Pour les industriels locaux, c’est une opportunité rare : passer du statut de simples fournisseurs nationaux à celui de partenaires intégrés aux chaînes de valeur automobiles internationales.
Une délégation Allemande, accompagnée par les Chambres de Commerce et d’Industrie Allemandes à l’étranger (AHK), est également attendue à la fin du mois de juin 2026 pour rencontrer des industriels Algériens et visiter plusieurs sites de production.
L’industrie automobile Algérienne est en pleine mutation, avec l’arrivée stratégique de nouveaux acteurs internationaux qui reconnaissent le potentiel du marché et la qualité du tissu industriel local.
Par : Mohammed CHOUAKI – Lille
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