Synthèse : Le rôle déstabilisateur des Émirats Arabes Unis en Afrique selon le SWP

Par : Abdelkader REGUIG

Président de l’Ordre des Ingénieurs Experts Arabes -Genève Suisse

Le pourquoi d’une rupture diplomatique

Aux confins de l’Algérie, un pacte empoisonné : des experts militaires Israéliens, dissimulés derrière une couverture Émiratie, seraient déployés en secret afin d’établir des bases ennemies aux portes du pays.

Terrorisme et subversion :

-Financement sans limite du MAK, de Rachad et de milices sanglantes au Sahel pour embraser le voisinage Algérien.

Une croisade anti-Algérienne

« Plusieurs Milliards de Dollars auraient été débloqués pour saboter le projet de Gazoduc Transsaharien Algérie-Nigeria et rediriger le transit Gazier via le Maroc. »

Face à ce qu’Alger qualifie d’agression systématique, la rupture est consommée sans ménagement : expulsion de l’ambassadeur émirati et fermeture totale de l’espace aérien. Le message est sec, cinglant, sans appel : la souveraineté d’Alger ne s’achète pas avec les pétrodollars.

Un acteur agressif et méthodique

Le Cheikh Mohamed Ben Zayed Al Nahyan, Président des Émirats Arabes Unis et Émir d’Abou Dhabi, est perçu dans le monde Arabe comme un relais actif des intérêts Israéliens. Certains responsables Algériens allant jusqu’à le désigner comme un agent d’Israël. Selon le rapport du SWP (Institut Allemand des Affaires Internationales et de Sécurité) de mai 2026, les Émirats Arabes Unis sont devenus l’un des acteurs extérieurs les plus agressifs dans les conflits Africains, de la Libye au Soudan en passant par l’Éthiopie et la Somalie. Abou Dhabi nie obstinément son soutien aux belligérants, mais celui-ci est documenté et maintenu même pendant la guerre Israélo-Américaine contre l’Iran

Les interventions militaires directes

Libye

-Soutien précoce aux Forces armées Arabes Libyennes (FAAL) de Khalifa Haftar dès 2014

-Soutien décisif à l’offensive contre Tripoli en 2019-2020, transformant l’attaque en guerre civile prolongée

-Coopération étroite avec le groupe Wagner Russe : logistique via vols Émiratis, systèmes Pantsir opérés par Wagner, coordonnées de cibles pour drones Émiratis

-Responsabilité partagée dans la présence militaire Russe permanente en Libye

Soudan

-Principal soutien militaire, logistique et financier des Forces de soutien rapide (RSF) de Hemedti

-458 vols impliquant des avions de transport lourd depuis des aéroports militaires Émiratis vers l’est de la Libye entre octobre 2024 et fin 2025 (dont 239 vers Kafra, centre de soutien aux RSF)

-Violations documentées des embargos de l’ONU sur les armes en Libye et au Darfour

-Soutien maintenu même après le début de la guerre contre l’Iran

-Camp d’entraînement pour les RSF à Benishangul-Gumuz, dans l’ouest de l’Éthiopie depuis l’automne 2025

Éthiopie

-Drones Émiratis utilisés par le Gouvernement d’Abiy Ahmed pour repousser l’offensive tigréenne à l’automne 2021

-Soutien au Gouvernement Fédéral pendant la guerre du Tigré (2020-2022)

Somalie/Somaliland

-Soutien à la Police maritime du Puntland (PMPF)

-Soutien aux forces de police et militaires du Somaliland

-Coopération avec Israël pour établir une présence militaire au Somaliland

-Frappes aériennes Émiraties contre des cellules de l’État Islamique dans le Puntland

Un réseau logistique transnational

Les Émirats ont établi un réseau transnational pour soutenir leurs alliés :

-Routes via la Libye (Kafra), le Tchad (N’Djamena, Amdjarass), le Kenya, l’Ouganda, le Rwanda

-Bosaso (Puntland) comme base pour la PMPF et pour transporter des armes depuis le Yémen

-Mercenaires colombiens acheminés pour les RSF

-Adaptation continue des routes selon la situation militaire

Les conséquences humanitaires

-Soudan : plus grande crise humanitaire Mondiale (33,7 Millions de personnes dépendantes de l’aide, plus de 15 Millions de déplacés, famine extrême)

-El-Fasher : massacres qualifiés de génocide par une mission d’enquête de l’ONU

-Réfugiés Soudanais : doublement des arrivées en Italie (3% à 6% entre 2024 et 2025), deuxième groupe le plus important en Grèce en 2025

-Tchad : déstabilisation du fragile équilibre, tensions au sein de l’élite militaire

-Libye : division persistante du pays

Une diplomatie de façade

-Participation aux processus diplomatiques (format du Quatuor) pour se présenter comme acteur constructif

-Engagements de cessez-le-feu non respectés (Soudan, septembre 2025)

-Promesses humanitaires non tenues (200 M$ puis 500 M$ promis, seulement 33 M$ versés au plan ONU en 2025)

-Sabotage des efforts diplomatiques (Processus de Berlin sur la Libye, 2019-2020)

-Pression sur le Parlement Européen pour éviter les critiques (Ministre Lana Nusseibeh à Bruxelles, novembre 2025) À la suite d’un lobbying actif mené par la Ministre, l’Union Européenne a retiré toute mention textuelle du rôle des Émirats Arabes Unis dans sa déclaration officielle concernant la situation critique à Al-Fâcher (Soudan).

-Appel hypocrite à un embargo de l’ONU sur les armes pour l’ensemble du Soudan

Les motivations

-Intérêts économiques : DP World et AD Ports Group développent des ports en Somalie, Sénégal, Tanzanie, Mozambique, Angola, Égypte

-Contrôle des routes commerciales et énergétiques de la mer Rouge

-Accès aux matières premières et exportation/contrebande d’or des zones de conflit

-Opposition idéologique aux Frères Musulmans : politique de contaminent actif

-Rivalité avec l’Arabie Saoudite : stratégies concurrentes de développement régional

-Enrichissement personnel : décisions prises au sein d’un petit cercle autour de Mohammed ben Zayed

Les recommandations du SWP à l’Allemagne et l’UE

-Dimension réputationnelle : dénoncer ouvertement les activités déstabilisatrices dans les forums internationaux

– Sanctions financières : élargir et appliquer plus cohéremment les sanctions de l’UE

-Politique d’exportation d’armes : révision fondamentale (risque de transfert ou d’utilisation dans des conflits tiers)

-Lutte contre le blanchiment : critères plus stricts pour les centres financiers émiratis

-Engagement diplomatique : suspendre le « partenariat stratégique » de 2004 tant que les Émirats ne réorientent pas leur politique Africaine vers la désescalade

Conclusion

Le SWP conclut que les Émirats arabes unis n’ont pas été un partenaire fiable pour les efforts européens de prévention et de résolution des conflits en Afrique. Ils agissent comme un perturbateur dont les interventions exacerbent les dynamiques locales, renforcent les économies de guerre et favorisent la fragmentation des États. Cette approche n’est pas un défaut isolé mais l’expression d’une stratégie cohérente de projection de puissance : promouvoir des acteurs perturbateurs et lier systématiquement le soutien militaire à des intérêts commerciaux et idéologiques.

Les tensions avec l’Arabie Saoudite, et l’Algerie, les vulnérabilités exposées par la guerre en Iran et la critique croissante au Moyen-Orient offrent une opportunité de changement de politique à Abou Dhabi — que l’Europe devrait saisir.

Contact: orarexe@ gmail.com

Par : Abdelkader REGUIG

Sources:

-Pour consulter leurs analyses le Site officiel de la SWP.

-La Stiftung Wissenschaft und Politik (SWP)

-Un empire maritime : Regional Power United Arab Emirates,

-consulter le site web du SWP : https://www.swp-berlin.org/en/about-swp/quality-management-for-swp-publications/

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