
Par : Mohammed CHOUAKI
Un nouveau sondage publié en Espagne révèle un net durcissement de l’opinion publique à l’égard du Maroc. Selon l’enquête citée par la presse Espagnole, 61,4% des personnes interrogées estiment que Madrid devrait s’éloigner politiquement de Rabat, tandis que 57,6% considèrent désormais le Royaume comme une menace pour la sécurité nationale.
Cette perception négative ne se limite pas à un camp politique. Le rejet d’un rapprochement avec Rabat est massif chez les électeurs du Parti Populaire et de Vox, mais il existe aussi chez une partie importante des électeurs socialistes, ce qui montre que le sujet dépasse les clivages traditionnels.
Le sondage traduit aussi une inquiétude croissante autour des questions sécuritaires, migratoires et diplomatiques. Dans le débat public Espagnol, le Maroc n’est plus seulement vu comme un partenaire stratégique, mais de plus en plus comme un facteur de pression et d’instabilité à la frontière sud de l’Europe.
Cette évolution est d’autant plus significative qu’elle contraste avec le discours officiel sur la solidité des relations Hispano-Marocaines. Elle montre un fossé croissant entre la ligne diplomatique de Madrid et le ressenti d’une partie importante de l’opinion Espagnole.
Les Espagnols perçoivent le Maroc comme une menace pour plusieurs raisons qui reviennent souvent dans les sondages et le débat public : la question de Ceuta et Melilla, les tensions autour du Sahara Occidental, la pression migratoire, et la crainte d’un usage politique des rapports bilatéraux comme levier de pression sur Madrid.
L’opinion Espagnole est aussi influencée par des épisodes de crise diplomatique récents, notamment les tensions entre les deux pays depuis 2021-2022, ce qui a renforcé l’idée que Rabat peut agir de manière imprévisible ou coercitive.
Un autre facteur important est la lecture sécuritaire : une partie des Espagnols associe le Maroc à un risque pour la sécurité nationale, surtout dans un contexte où les enquêtes d’opinion montrent une hausse de la méfiance vis-à-vis du voisin du sud.
En résumé
Ce n’est pas seulement une perception émotionnelle ; elle repose sur un mélange de contentieux territoriaux, de tensions migratoires, de rivalité diplomatique et d’inquiétudes sécuritaires.
Par : Mohammed CHOUAKI -Lille
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