
Par : Mohammed CHOUAKI
La restauration du quartier historique de Sidi El Houari, à Oran, entre dans une phase décisive après plusieurs années de lenteurs administratives. Les autorités locales ont enclenché de nouvelles mesures destinées à accélérer la sauvegarde de ce secteur classé, emblématique de la mémoire urbaine et patrimoniale de la ville.
Un dossier relancé
Longtemps resté au point mort, le plan permanent de sauvegarde et de réhabilitation de Sidi El Houari a connu une nette accélération ces derniers mois. La troisième et dernière partie de l’étude a récemment été examinée, ouvrant la voie à l’achèvement du dossier technique et à la mise en œuvre des premières opérations concrètes.
Cette relance s’inscrit dans une volonté affichée des Autorités d’en finir avec les retards accumulés depuis le classement du quartier comme secteur protégé en 2015. Depuis l’arrivée de nouvelles orientations locales, le chantier patrimonial a été replacé au cœur des priorités de la wilaya d’Oran.
Mesures annoncées
Parmi les décisions prises figure la mise en place d’une commission spéciale chargée du suivi permanent du dossier. Cette structure doit coordonner les interventions des différents acteurs et accélérer la concrétisation du programme de réhabilitation.
Les autorités ont également demandé une classification précise des bâtiments du quartier afin de distinguer ceux qui peuvent être restaurés de ceux qui doivent être démolis pour des raisons de sécurité. L’objectif est de préserver le cachet architectural du vieux quartier tout en traitant les immeubles menaçant ruine.
Dans le même temps, des travaux urgents ont été évalués à près de 80 milliards de centimes, incluant notamment la prise en charge des bâtisses les plus dégradées et les opérations de mise à niveau de certains espaces publics.
Une approche patrimoniale
Les responsables locaux affirment que la réhabilitation de Sidi El Houari ne se limitera pas à des démolitions. Les terrains récupérés doivent être réaffectés à des constructions respectant le style architectural traditionnel du quartier, afin de préserver son identité historique.
Cette orientation vise à concilier sauvegarde du patrimoine, sécurité des habitants et amélioration du cadre de vie. Elle répond aussi à une attente ancienne des riverains et des défenseurs du patrimoine, attachés à une restauration qui ne dénature pas l’âme du quartier.
Des acteurs publics mobilisés
La dynamique actuelle s’appuie aussi sur l’implication de grandes entreprises publiques. Sonatrach a été citée parmi les premiers bénéficiaires de bâtiments situés dans le secteur protégé, avec un projet de transformation de l’ancien hôpital Baudens en centre de formation de haut niveau.
Sonelgaz, Air Algérie et d’autres structures publiques devraient suivre dans le cadre d’une logique de réutilisation des édifices restaurables. Cette mobilisation est présentée comme un levier pour relancer l’ensemble du périmètre historique et lui redonner une fonction urbaine vivante.
Un enjeu pour Oran
Au-delà du chantier architectural, la restauration de Sidi El Houari représente un enjeu symbolique pour Oran. Ce quartier, l’un des plus anciens et des plus chargés d’histoire de la ville, est considéré comme un berceau du patrimoine Oranais et un repère de mémoire pour plusieurs générations.
Si les nouvelles mesures sont appliquées avec rigueur, elles pourraient enfin donner un contenu concret à un projet longtemps annoncé. Pour les autorités locales, l’objectif est désormais clair : sortir Sidi El Houari de l’abandon et faire de sa restauration un modèle de sauvegarde patrimoniale à l’échelle nationale.
Par : Mohammed CHOUAKI – Lille

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