Pourquoi l’Algérie a besoin d’une Agence Nationale de prospective alimentaire ?

Par : Dr Amina SALHI

Les grandes nations ne construisent pas leur sécurité alimentaire en réagissant aux crises. Elles la construisent en les anticipant.

Face aux changements climatiques, aux tensions sur les marchés internationaux, aux nouvelles exigences sanitaires et à l’évolution des habitudes de consommation, une question mérite aujourd’hui d’être posée : l’Algérie dispose-t-elle d’un outil national dédié à l’anticipation des défis alimentaires de demain ?

Notre Pays possède des compétences scientifiques, des laboratoires, des universités et des institutions techniques de qualité. Toutefois, la prospective alimentaire mérite d’être davantage structurée afin de transformer les données scientifiques en orientations stratégiques utiles à la décision publique.

C’est pourquoi je propose d’ouvrir une réflexion sur la création d’une **Agence Nationale de Prospective Alimentaire**.

Sa vocation ne serait pas de remplacer les structures existantes, mais de produire des analyses, des scénarios et des recommandations permettant d’anticiper les risques et d’accompagner les politiques publiques.

Ses missions pourraient inclure :

* l’analyse prospective des risques alimentaires ;

* la veille scientifique et technologique internationale ;

* l’élaboration de scénarios d’évolution à l’horizon 2035 et 2050 ;

* l’évaluation de l’impact du changement climatique sur les filières agricoles et agroalimentaires ;

* le soutien aux décideurs grâce à des indicateurs scientifiques et à des rapports stratégiques.

Une telle structure favoriserait également une meilleure coopération entre les universités, les centres de recherche, les opérateurs économiques et les institutions publiques.

Dans un Monde où les crises se succèdent, l’anticipation devient un investissement stratégique. Prévoir les risques, c’est réduire leur coût économique, protéger la santé publique et renforcer la souveraineté alimentaire.

L’Algérie possède les ressources humaines et scientifiques nécessaires pour devenir un acteur de référence en Afrique dans le domaine de la prospective alimentaire. Cette ambition pourrait contribuer à renforcer l’innovation, la compétitivité et la résilience de notre système alimentaire.

La sécurité alimentaire de demain ne dépendra pas uniquement de ce que nous produisons aujourd’hui, mais surtout de notre capacité à prévoir les défis de demain et à nous y préparer dès maintenant.

Anticiper, c’est déjà protéger.

Par : Dr Amina SALHI – Alger

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