Porte de Clichy : le Judoka d’Origine Algérienne qui a fait tomber l’homme aux deux couteaux

Par : Mohammed CHOUAKI

Lundi 27 juillet 2026, vers 11 h 30, un homme armé de deux couteaux de cuisine a agressé trois femmes près de la porte de Clichy, dans le 17 arrondissement de Paris. Deux d’entre elles ont été grièvement blessées. Au milieu de la panique, Mohamed‑Ali Bouhadjar, 26 ans, d’Origine Algérienne, a décidé d’intervenir. Ceinture noire de judo, il a contribué à faire chuter puis à immobiliser l’assaillant, avant l’arrivée de la Police. Retour sur une scène d’horreur et un acte de courage civique.

Une matinée ordinaire qui vire à l’horreur

Mohamed‑Ali Bouhadjar, commercial de métier, venait de quitter un supermarché de l’avenue de Clichy après un rendez‑vous professionnel. La journée avait commencé « normalement », raconte‑t‑il. Soudain, il aperçoit un homme s’en prendre à une femme par‑derrière, dans un secteur très fréquenté du Nord‑Ouest de Paris.

« J’ai vu un homme armé de deux couteaux. J’étais choqué », décrit le jeune homme. Une première victime reçoit un coup de couteau dans le dos. La scène se déroule en plein jour, sous les yeux de nombreux passants qui, dans un premier temps, cherchent surtout à s’éloigner.

« Il faut l’arrêter ! » : la décision d’intervenir

Face à la violence des faits, Mohamed‑Ali ne reste pas spectateur. « J’ai vrillé. Je me suis dit que cet homme, il faut l’arrêter. J’ai crié à des gens de venir m’aider à le maîtriser », relate‑t‑il. Ceinture noire de judo, il se lance à la poursuite du suspect, tout en alertant les personnes autour de lui.

Plusieurs passants décident alors de le suivre. Le jeune homme affirme avoir couru derrière l’individu pendant plusieurs minutes, en scandant : « Il faut l’arrêter ! Venez, on l’arrête ! ». L’adrénaline, dit‑il, « l’a fait agir ».

La valise, la « balayette » et la chute de l’assaillant

Tout s’accélère lorsque l’assaillant croise un autre passant. Celui‑ci lui lance sa valise au niveau du torse, un geste qui le déséquilibre et le contraint à lâcher ses deux couteaux, qui tombent sur la chaussée. Mohamed‑Ali profite de cette seconde d’hésitation pour se rapprocher.

« Quand j’ai aperçu l’attaquant dans la rue, il y avait un autre homme à côté de moi. Celui‑ci lui a jeté une valise au visage, ce qui l’a sonné. Il a alors lâché ses deux couteaux au milieu de la rue. Puis, j’ai couru au‑devant de lui, et je lui ai fait une “balayette” », explique‑t‑il.

Le suspect tombe au sol. Plusieurs personnes participent alors à son immobilisation, l’empêchant de récupérer ses armes ou de reprendre sa fuite.

Mohamed‑Ali maintient l’homme au sol avec son pied, jusqu’à l’arrivée des forces de l’ordre. Il décrit un individu « avec une attitude étrange », « un peu perdu, perché », qui semblait souffrir de troubles psychiatriques.

Trois blessées, dont deux en urgence absolue

L’attaque a fait trois blessées : des femmes de 19, 24 et 36 ans, agressées à l’arme blanche avec deux couteaux de cuisine. Deux d’entre elles ont été grièvement blessées et prises en charge en « urgence absolue », selon le préfet de police de Paris, Laurent Nuñez.

Les faits se sont déroulés dans le secteur très fréquenté de la porte de Clichy, provoquant une forte panique parmi les passants. Une partie de la scène a été filmée par Mohamed‑Ali, qui a partagé des images sur les réseaux sociaux, montrant l’assaillant immobilisé au sol et les deux couteaux à proximité, sur un passage piéton.

Garde à vue levée pour « raison psychiatrique »

L’homme interpellé, âgé de 31 ans, a été placé en garde à vue dans le cadre d’une enquête ouverte pour tentative d’homicide aggravé. Mais dès le mardi 28 juillet, sa garde à vue a été levée pour « raison psychiatrique », son état de santé ayant été jugé « incompatible avec la garde à vue » après un examen de comportement.

Le suspect a été conduit à l’infirmerie psychiatrique de la préfecture de police de Paris, indique le parquet. L’enquête se poursuit pour établir les circonstances exactes des agressions et les antécédents de l’individu.

Un acte de courage civique salué

L’intervention de Mohamed‑Ali Bouhadjar a rapidement été relayée par plusieurs médias et saluée sur les réseaux sociaux. « C’est l’adrénaline qui m’a fait agir », résume‑t‑il, refusant pour autant le statut de « héros ». Pour lui, il s’agissait avant tout d’une réaction face à une situation inacceptable : des femmes agressées en pleine rue, en plein jour.

Son récit met en lumière un autre aspect de l’affaire : le rôle décisif des citoyens ordinaires dans la neutralisation d’un agresseur, avant même l’arrivée des forces de l’ordre. Un passant lance sa valise, un judoka fait une « balayette », d’autres aident à plaquer l’homme au sol : une chaîne de gestes simples, mais déterminants.

Origines Algériennes et parcours discret

Mohamed‑Ali Bouhadjar, 26 ans, est d’origine Algérienne. Commercial, il se déplace régulièrement dans différents quartiers de Paris pour son travail. Jusqu’à ce lundi matin, il n’avait jamais été au cœur d’un fait divers de cette ampleur.

Son intervention, filmée et commentée, a toutefois rapidement circulé en ligne, notamment sur Snapchat et d’autres réseaux, où de nombreux utilisateurs ont salué son sang‑froid et son sens de l’action collective.

Par : Mohammed CHOUAKI – Lille

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