Peine de mort contre les Pyromanes : juristes et politologues saluent la décision de TEBBOUNE

Par : Mohammed CHOUAKI

Le Président de la République, Abdelmadjid TEBBOUNE, a ordonné la modification du code pénal afin de réinstaurer la peine de mort, avec exécution, à l’encontre des auteurs d’incendies volontaires.

Dans une conjoncture exceptionnelle marquée par des incendies dévastateurs, l’État change de paradigme. Face à cette crise sans précédent, le Chef de l’État a réuni, dimanche 30 août, au siège de la Présidence de la République, les hauts responsables civils et militaires du pays pour arrêter les mesures nécessaires à la prise en charge des conséquences des feux qui ont ravagé plusieurs Wilayas de l’est et du centre du pays. À l’issue de cette réunion, il a chargé le Ministre de la Justice, garde des Sceaux, Lotfi Boudjemaa, de modifier le code pénal avant le 15 septembre afin de réinstaurer la peine de mort, avec exécution, contre les individus impliqués dans des incendies volontaires.

Une vague d’incendies d’une ampleur inédite

Cette décision intervient après des feux d’une intensité rare, qui ont frappé entre le 26 et le 30 août plusieurs Wilayas, avec une concentration particulière dans la Wilaya de Jijel, dont la bande côtière et montagneuse a été ravagée sur près de 100 kilomètres entre El Milia et Ziama Mansouriah, dans des conditions de température dépassant 45°C et de rafales de vent extrêmes. Selon le bilan officiel communiqué par le Ministère de l’Intérieur, ces incendies ont fait 12 morts — 5 dans la Wilaya de Jijel, 4 à Béjaïa et 3 à Tizi-Ouzou — un bilan endeuillant tout le pays, même si des estimations non officielles, plus élevées, ont circulé sans être confirmées par les autorités. Face à ce drame, le Président TEBBOUNE avait dès le 27 août décrété trois jours de deuil national, avec annulation des manifestations sportives et culturelles.

Ce que prévoit la réforme du code pénal

S’adressant directement au Ministre de la Justice lors de la réunion, le Chef de l’État a été catégorique : « Il faut réviser le code pénal avant le 15 septembre pour rétablir l’exécution de la peine de mort contre les pyromanes. Vous réintroduisez la condamnation à mort par les circuits normaux ». « On réinstaure la condamnation à mort pour les pyromanes », a-t-il martelé, avant d’ajouter : « Il y aura exécution », une fois les voies de recours judiciaires épuisées pour les condamnés. Il a fixé un calendrier institutionnel précis : le texte doit être soumis cette semaine au Gouvernement avant d’être présenté à l’Assemblée populaire nationale (APN), qui devra l’examiner « rapidement » .

Le Président a averti sans ambiguïté :      « Celui qui pense que la loi ne sera pas appliquée doit savoir que la société et la justice lui demanderont des comptes ».

Une sanction déjà inscrite dans la loi, mais jamais appliquée depuis 1993

Contrairement à une lecture rapide, cette réforme ne crée pas la peine capitale dans l’arsenal juridique algérien : celle-ci figure déjà à l’article 399 du code pénal, qui punit de mort quiconque, ayant volontairement mis le feu, a causé la mort d’une ou plusieurs personnes, mais son exécution est suspendue par un moratoire de fait depuis 1993.

La loi n° 23-21 du 24 décembre 2023 relative aux forêts avait déjà durci l’arsenal répressif, en prévoyant la réclusion à perpétuité pour tout incendie volontaire visant à nuire à l’environnement, et la peine capitale en cas de pertes humaines. Ce que change la décision présidentielle, c’est la levée explicite du moratoire pour cette catégorie de crimes et l’engagement d’une exécution effective des peines prononcées, une fois les recours épuisés.

Le Monde judiciaire déjà acquis à un durcissement

Cette orientation s’inscrit dans une dynamique institutionnelle amorcée depuis plusieurs mois. Le Procureur Général Adjoint près la cour d’Alger, Mohamed-Kamel Touidjini, avait déjà rappelé sur les ondes de la Radio Algérienne que les incendiaires encouraient « la réclusion à perpétuité, voire la peine de mort si un incendie volontaire provoque la mort d’une ou plusieurs personnes ». Dès octobre 2025, le Président de la cour de Béjaïa, Mustapha Smati, évoquait un engagement Présidentiel à rétablir la peine capitale pour les crimes jugés les plus graves, signe d’une évolution déjà amorcée au sein de l’institution judiciaire. Ces prises de position successives, conjuguées à la sévérité déjà appliquée par les tribunaux dans des affaires liées aux incendies criminels — comme celle de Tizi Ouzou en 2021, où 38 personnes avaient été condamnées à mort en appel — nourrissent aujourd’hui, au sein d’une partie du monde judiciaire et politique Algérien, l’idée que la fermeté annoncée par le Chef de l’État répond à une attente réelle face à la répétition de Sinistres à caractère criminel.

Des mesures d’accompagnement social annoncées en parallèle

Au-delà du volet pénal, le Président TEBBOUNE a également ordonné l’indemnisation intégrale de l’ensemble des personnes touchées par les incendies avant le 15 septembre, couvrant les habitations, le bétail et les équipements détruits, ainsi que le rétablissement de l’électricité, de l’eau potable et des télécommunications dans un délai maximal d’une semaine. Des enquêtes sont par ailleurs en cours pour établir les responsabilités, plusieurs personnes suspectées d’implication dans le déclenchement des feux ayant déjà été arrêtées.

Les prochaines étapes

Le texte de loi doit désormais franchir deux étapes avant son entrée en vigueur : son adoption en Conseil des Ministres puis en Conseil du Gouvernement, avant sa transmission à l’Assemblée Populaire Nationale pour un examen que la Présidence souhaite rapide, l’objectif affiché étant une inscription définitive dans le code pénal avant le 15 septembre 2026.

Sources : Le Soir d’Algerie – Le Parisien – TSA – La Nouvelle Tribune – Algerie Patriotique 

Par : Mohammed CHOUAKI – Lille

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