
Par : Mohammed CHOUAKI
Longtemps, Bamako a cru pouvoir se détourner d’Alger sans en payer le prix politique et diplomatique. Mais la réalité du rapport de force régional, combinée à l’échec des options militaires et des alignements de circonstance, a fini par rappeler aux autorités Maliennes que l’Algérie restait un acteur incontournable de la stabilité Sahélienne.
Le récent réchauffement entre les deux Pays n’est pas seulement un geste protocolaire. Il traduit surtout la victoire d’une ligne Algérienne restée constante, fondée sur le dialogue, le refus des solutions militaires et la défense de l’unité du Mali.
Une crise née d’un calcul risqué
Depuis la dégradation brutale des relations entre les deux voisins, la transition Malienne a multiplié les signaux de rupture à l’égard d’Alger, en contestant son rôle de médiateur et en accusant l’Algérie d’ingérence. Cette posture s’inscrivait dans une stratégie plus large de recentrage souverainiste, mais elle a rapidement montré ses limites face à l’enlisement sécuritaire et diplomatique.
La destruction d’un drone Malien par l’armée Algérienne au printemps 2025 a servi de déclencheur à une nouvelle phase de tension. Au lieu d’apaiser le front, Bamako a durci le ton, avant de se retrouver isolé sur le plan régional et privé d’une relation de travail qu’il était difficile de remplacer.
La patience stratégique d’Alger
Contrairement à d’autres capitales qui auraient répondu par l’escalade, Alger a maintenu une ligne lisible et stable. Les autorités Algériennes ont continué à défendre une approche politique de la crise Malienne, en rappelant que les solutions purement militaires au Sahel avaient déjà échoué à plusieurs reprises
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Cette constance a fini par peser. Alors que les tensions au Mali se sont aggravées et que la transition a peiné à stabiliser le Pays, l’Algérie est apparue comme l’un des rares acteurs capables de proposer un cadre de sortie de crise crédible. L’Accord d’Alger de 2015 est resté, malgré les vicissitudes, la référence la plus structurante pour un règlement politique durable.
Le retour au réalisme de Goïta
Le retour de l’Ambassadeur Malien à Alger et la réouverture de l’espace aérien entre les deux pays marquent un infléchissement net de la ligne de Bamako. Ces décisions traduisent moins une conversion soudaine qu’une reconnaissance implicite : la rupture avec Alger coûtait davantage qu’elle ne rapportait.
En rétablissant certains canaux, les autorités de transition semblent admettre qu’elles ne peuvent durablement se priver d’un voisin dont le poids diplomatique, sécuritaire et symbolique demeure centrale dans la région. Pour Goïta, le retour au dialogue est aussi un aveu de pragmatisme face à une situation intérieure et régionale devenue difficilement soutenable.
Une leçon régionale
Au fond, l’épisode Malien illustre une règle simple des crises Sahéliennes : l’isolement diplomatique finit toujours par coûter plus cher que la négociation. L’Algérie, en gardant sa ligne de principe sans céder à la surenchère, a préservé sa crédibilité et imposé le temps long face aux calculs immédiats.
Ce dénouement partiel ne règle pas tout. Mais il confirme qu’au Mali, la diplomatie d’Alger n’a pas été démentie par les faits ; elle a été, au contraire, validée par eux.
Par : Mohammed CHOUAKI
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