Madrid : le MPPS reprend sa mobilisation hebdomadaire pour les Prisonniers Politiques Sahraouis

Par : Mohammed CHOUAKI

Le Mouvement pour les Prisonniers Politiques Sahraouis (MPPS) a repris, lundi 7 septembre, ses rassemblements hebdomadaires devant le Ministère Espagnol des Affaires Etrangères, réclamant la libération des détenus Sahraouis incarcérés dans les prisons Marocaines.

C’est un rendez-vous que rien, hormis la trêve estivale, ne semble pouvoir interrompre. Ce lundi 7 septembre, entre 10h30 et 11h30, des militants Sahraouis et des membres du Mouvement de Solidarité Espagnol se sont de nouveau réunis sur la Plaza de la Provincia, au cœur de Madrid, juste à côté de la Plaza Mayor, devant le siège du Ministère Espagnol des Affaires Etrangères, de l’Union Européenne et de la Coopération.

Cette reprise s’inscrit dans une action menée sans relâche depuis plus de cinq ans par le MPPS. Le Mouvement avait d’ailleurs commémoré, le 2 mars dernier, le cinquième anniversaire de ces veillées hebdomadaires, marquant cinq années durant lesquelles un noyau de militants s’est tenu, chaque lundi, immobile sur cette même place, brandissant des portraits et scandant les noms des détenus Sahraouis incarcérés au Maroc.

Une double revendication

Les manifestants poursuivent un double objectif : exiger la libération pure et simple des prisonniers politiques Sahraouis détenus par le Maroc, et réclamer du Gouvernement Espagnol une position plus ferme en défense des droits de ces détenus. Chaque semaine, ils dénoncent les conditions de détention qui leur sont infligées — isolement, mauvais traitements, privation de soins médicaux — ainsi que l’éloignement imposé aux familles, les prisons concernées se trouvant parfois à plus de 1 000 kilomètres du Sahara Occidental.

Le cas le plus souvent évoqué reste celui du « groupe de Gdeim Izik », issu du démantèlement en 2010 du camp de protestation situé près de Laâyoune, dans le Sahara Occidental occupé. Dix-neuf de ses membres demeurent détenus, plusieurs ayant été condamnés à la perpétuité. Le MPPS réclame également que la lumière soit faite sur les circonstances de la mort en détention d’Omar Bahia Abdelmajid, arrêté lors d’une manifestation en novembre 2024 et décédé sans que les causes de son décès n’aient été clarifiées.

La responsabilité historique de l’Espagne pointée du doigt

Au-delà de l’appel humanitaire, la mobilisation porte une charge politique claire : celle de la responsabilité historique de l’Espagne, ancienne puissance coloniale du Sahara Occidental jusqu’en 1975, dont le processus de décolonisation demeure, selon les militants, inachevé. Le MPPS invoque à ce titre la résolution 1514 (XV) des Nations Unies, qui consacre le droit des peuples à l’Autodétermination, et rappelle que les Procédures spéciales de l’ONU ont plusieurs fois appelé à la libération de détenus Sahraouis — des appels restés sans effet auprès de Rabat.

Les revendications du mouvement visent nommément le Ministre Espagnol des Affaires Etrangères, José Manuel Albares, accusé de passivité face aux expulsions d’observateurs internationaux et aux conditions de détention des prisonniers Sahraouis. Le manifeste publié en mars critique également l’inflexion diplomatique du Chef du Gouvernement, Pedro Sanchez, qui soutient depuis 2022 le plan d’autonomie Marocain — une position perçue par le Front Polisario comme un abandon du principe d’Autodétermination, présentée par les militants comme intervenant avec la complicité de la France.

« Nous continuerons à être là tous les lundis », ont affirmé les militants du MPPS, déterminés à maintenir la pression sur les autorités Espagnoles et à « briser le mur du silence » entourant la situation des prisonniers politiques Sahraouis.

Sources : Al 24news – Algerie Patriotique  

Par : Mohammed CHOUAKI – Lille

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