
Par : Mohammed CHOUAKI
La Ministre Espagnole de la Défense, Margarita Robles, a envoyé un message de fermeté au Maroc en déclarant depuis Ceuta qu’« on ne touche pas à Ceuta et Melilla », ajoutant en substance que toucher à Ceuta revient à toucher à toute l’Espagne. Cette sortie intervient dans un contexte de fortes tensions entre Madrid et Rabat, alimentées par la question migratoire et par les récentes déclarations de responsables Marocains sur le statut des enclaves Espagnoles.
Dans sa prise de parole, la Ministre a cherché à rassurer les habitants de la ville autonome, affirmant que les forces armées resteraient déployées pour soutenir la population et garantir la sécurité. Elle a aussi insisté sur le caractère Espagnol de Ceuta et Melilla, une ligne reprise par plusieurs responsables à Madrid, qui considèrent que l’intégrité territoriale du pays n’est pas négociable.
Cette mise au point intervient alors que le débat sur Ceuta et Melilla a été relancé par des propos attribués au Ministre Marocain de la Justice, Abdellatif Ouahbi, qui a évoqué un « dossier en suspens » au sujet des deux enclaves. Du côté Espagnol, ces déclarations ont été perçues comme une nouvelle provocation, dans un climat déjà alourdi par la crise migratoire de fin juillet à Ceuta.
Une crise migratoire encore vive
À Ceuta, la situation reste extrêmement sensible après l’arrivée massive de migrants en provenance du Maroc, un épisode qui a provoqué une mobilisation exceptionnelle des autorités Espagnoles. L’enclave a été placée sous surveillance renforcée, tandis que Madrid a déployé des moyens militaires pour épauler la Garde civile.
Plusieurs médias ont rapporté que le Maroc et l’Espagne avaient renforcé leur dispositif sécuritaire autour de la ville autonome après la diffusion de rumeurs sur les réseaux sociaux et la crainte d’une nouvelle vague de départs. Cette séquence a ravivé les inquiétudes Espagnoles face à ce que certains observateurs décrivent comme une pression hybride exercée sur le flanc sud du pays.
Les tensions sont d’autant plus vives que la question migratoire se mêle à celle, bien plus ancienne, de la souveraineté sur Ceuta et Melilla. Madrid rappelle que ces territoires font partie intégrante de l’Espagne, tandis que certains discours au Maroc entretiennent l’idée d’un contentieux encore ouvert.
Madrid durcit le ton
La réponse Espagnole a été immédiate. Margarita Robles a rejeté toute ambiguïté et martelé que l’intégrité territoriale de l’Espagne ne saurait faire l’objet d’aucune discussion. Dans la même séquence, des sources diplomatiques Espagnoles ont répété que le caractère Espagnol de Ceuta et Melilla ne faisait aucun doute.
Cette fermeté traduit aussi la volonté de Madrid de décourager toute instrumentalisation du dossier migratoire ou territorial. Elle s’inscrit dans un contexte où les autorités Espagnoles s’inquiètent depuis plusieurs mois de la pression croissante du Maroc sur les enclaves du Nord de l’Afrique.
Au-delà du bras de fer verbal, la crise révèle la fragilité persistante des relations entre les deux voisins, pourtant liés par des intérêts communs en matière de sécurité, de lutte antiterroriste et de gestion migratoire. Reste désormais à savoir si cet épisode n’est qu’une nouvelle tension passagère ou le signe d’un durcissement durable entre Rabat et Madrid.
Par : Mohammed CHOUAKI – Lille
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