
Contribution du sénateur Abdelkader Reguig.
Dans un communiqué solennel publié le 19 Faverdin 1405, le Secrétariat Général du Conseil Suprême de la Sécurité Nationale Iranienne annonce que la guerre contre « l’ennemi » a permis d’atteindre la plupart des objectifs fixés. Téhéran rejette donc tout cessez-le-feu imposé et pose un ultimatum de 15 jours pour des négociations au Pakistan, assorti d’un plan en dix points.
Le ton est martial, la rhétorique triomphale. Plus d’un mois après le début des hostilités – « le quarantième jour », précise le texte – le Conseil Suprême de la Sécurité Nationale Iranienne adresse un message de « bonne nouvelle » au peuple Iranien : « Vos enfants courageux ont réduit l’ennemi à une impuissance historique et à une défaite permanente. »
Selon le communiqué, l’adversaire implorerait un cessez-le-feu depuis plusieurs semaines, une requête systématiquement rejetée par les autorités Iraniennes, déterminées à poursuivre la guerre jusqu’à l’élimination de « la menace à long terme pesant sur le pays ».
Des négociations à Islamabad, sous conditions draconiennes
Dans un revirement stratégique notable, l’Iran annonce l’ouverture prochaine de négociations avec les États-Unis – qualifiés d’ « Ennemi » – à Islamabad, la capitale Pakistanaise. Ces pourparlers, d’une durée maximale de deux semaines, se dérouleront ainsi « dans un climat de méfiance absolue » envers la partie Américaine, précise le Secrétariat Général.
Ils ne signent en aucun cas la fin de la guerre : « L’Iran n’acceptera d’y mettre fin qu’après que les détails de ces principes auront été finalisés lors des négociations ultimes. »
Un plan en dix points a déjà été soumis aux États-Unis par l’entremise du Pakistan. Parmi ses dispositions majeures :
-Le transit organisé par le détroit d’Ormuz sous coordination avec les forces armées Iraniennes, conférant à Téhéran « une position économique et géostratégique unique »
-La fin de la guerre contre toutes les composantes de l’Axe de la résistance, ce qui équivaudrait, selon le texte, à une « défaite historique pour l’agression de l’entité sioniste »
-Le retrait des forces Américaines de toutes leurs bases et positions de déploiement dans la région ;
-Le paiement intégral des réparations à l’Iran
-La levée de toutes les sanctions primaires et secondaires, ainsi que des résolutions des Conseils des Gouverneurs et de sécurité
-La libération de tous les fonds et avoirs Iraniens gelés à l’étranger
-L’adoption d’une résolution contraignante du Conseil de Sécurité des Nations Unies pour consolider ces arrangements en droit international.
Une victoire diplomatique en vue ?
Le Premier Ministre Pakistanais aurait informé Téhéran que « la partie Américaine, malgré ses menaces de façade, a accepté ces principes comme base des négociations et s’est soumise à la volonté du peuple Iranien ». L’information n’a pour l’instant reçu aucune confirmation officielle de Washington.
Les négociations débuteront le vendredi 21 Faverdin (soit le 10 avril 2026) à Islamabad, sous la supervision du guide de la Révolution, l’ayatollah Sayyed Mojtaba Khamenei – fils et successeur désigné du guide suprême Ali Khamenei, dont le communiqué précise qu’il est « Que Dieu le protège ».
Le Secrétariat Général appelle le peuple Iranien, les élites et les courants politiques à « maintenir une unité nationale totale » et à « poursuivre vigoureusement les célébrations de la victoire » pendant la durée des pourparlers.
Une mise en garde finale
L’Iran prévient toutefois que ses « doigts sont sur la détente » et que « la moindre erreur de l’ennemi se verra opposer une réponse décisive et ferme ». En cas d’échec des négociations, « nous continuerons le combat côte à côte jusqu’à la satisfaction de toutes les revendications du peuple Iranien ».
Ce communiqué, d’une ampleur et d’une solennité rares, intervient dans un contexte de tensions régionales extrêmes. Il confirme ainsi la volonté de Téhéran de transformer une supériorité militaire revendiquée sur le terrain en un nouvel ordre sécuritaire et politique régional, fondé sur « la reconnaissance de la puissance et de la souveraineté de l’Iran et de l’Axe de la résistance ». Les prochains jours diront toutefois si l’administration Américaine accepte de négocier sur cette base.
Par : Abdelkader Reguig – Oran
Contact: orarexe@gmail.com
Views: 5