
Par : Mohammed CHOUAKI
La première journée du Pape Léon XIV en Algérie a revêtu une forte dimension symbolique, mêlant protocole d’État, gestes de mémoire, appels au pardon et visite au cœur des lieux emblématiques d’Alger, entre la Grande Mosquée et Notre-Dame d’Afrique.
Arrivée et accueil officiel à l’aéroport
Léon XIV atterrit lundi matin à Alger‑Houari‑Boumediene, où il est reçu avec les honneurs militaires et sous la pluie par le Président Abdelmadjid TEBBOUNE, dans un cadre très protocolaire. Des coups de canon saluent son arrivée, et le Pape salue cette terre de Saint‑Augustin comme « terre de paix » et espace de rencontre entre Chrétienté et monde Musulman.
Hommage aux Martyrs et discours devant les autorités
Le pontife se rend ensuite au Maqam Echahid, où il rend hommage aux combattants de la guerre d’indépendance et aux victimes de la mémoire coloniale, inscrivant clairement sa visite dans une logique de réconciliation et de pardon. Il prononce devant les autorités et le corps diplomatique un discours appelant à « promouvoir une société civile vivante, dynamique et libre », tout en soulignant le rôle de l’Algérie comme acteur de médiation régionale.
Grande Mosquée d’Alger : geste interreligieux
L’après‑midi, Léon XIV visite la Grande Mosquée d’Alger, l’un des plus grands ensembles religieux au Monde, où il rencontre le recteur et un large cercle de personnalités religieuses et intellectuelles. Dans son allocution, il insiste sur la nécessité de préserver la dignité humaine, met en garde contre les dérives de la répression et les dérèglements du pouvoir, tout en saluant la capacité de l’Algérie à accueillir un Pape sur un territoire à majorité Musulmane.
Notre‑Dame d’Afrique et rencontre avec la communauté Chrétienne
En fin de journée, le Pape rejoint la Basilique Notre‑Dame d’Afrique, en surplomb de la baie, pour y célébrer avec les quelques milliers de catholiques Algériens et les communautés immigrées. Cette rencontre en marge du protocole d’État traduit une dimension pastorale et fraternelle, le Pape insistant sur la « fraternité entre fils d’Abraham » et sur la nécessité de cultiver le dialogue entre Chrétiens et Musulmans au quotidien.
Portée symbolique de la première journée
La première journée de Léon XIV à Alger est à la fois un événement diplomatique – première visite d’un Pape dans un pays à forte majorité Musulmane – et un geste de mémoire et de réconciliation, ancré dans la figure de Saint‑Augustin et dans l’histoire coloniale sensible entre l’Algérie et l’Europe. Pour la presse Algérienne, cette halte est présentée comme un « acte de soft power » renforçant l’image d’un pays stable, ouvert au dialogue et capable de jouer un rôle de pont entre les mondes Chrétien et Musulman.
Devant les autorités Algériennes, la société civile et le corps diplomatique, réunis au Centre des congrès de Djamaâ El‑Djazaïr à Alger, le pape Léon XIV a prononcé un discours intitulé « Rencontre avec les autorités, la société civile et le corps diplomatique », que l’on trouve dans sa version officielle en Français sur le site du Vatican.
Grandes idées du discours
Le Pape se présente comme « Pèlerin de Paix » venu rencontrer le « noble Peuple Algérien », en insistant sur la fraternité entre tous, car « nous avons le même Père dans les cieux ». Il souligne la profondeur du sens religieux du Peuple Algérien, dont il fait la base d’une « culture de la rencontre et de la réconciliation » et décrit Alger comme un espace de dialogue entre Chrétiens et Musulmans.
Appel à la paix, à la justice et au dialogue
Léon XIV exhorte les décideurs et la société civile à « devenir les acteurs d’un nouveau chapitre de l’histoire », en sortant des malentendus et des conflits pour construire une paix fondée sur la justice et la dignité, face notamment aux violations du droit international et aux tendances néocoloniales. Il insiste sur la nécessité de promouvoir une société civile vivante, dynamique et libre, en éduquant à la liberté, au sens critique, à l’écoute et au dialogue, afin de reconnaître dans l’autre « un compagnon de route et non une menace ».
Guérison de la mémoire et pardon
Le pontife appelle aussi à la « Guérison de la Mémoire » et à la réconciliation entre anciens adversaires, en rappelant des figures de pardon et de sacrifice, notamment les martyrs de la décennie noire Chrétiens et Musulmans restés fidèles à la charité. Il termine en demandant pour l’Algérie une paix intérieure et une fraternité durable, sur lesquelles il invoque la bénédiction de Dieu.
Par : Mohammed CHOUAKI

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