L’empreinte hydrique : un nouveau critère stratégique pour les politiques alimentaires en Algérie ?

Par : Dr Amina Salhi

Une vision prospective pour renforcer la sécurité alimentaire à l’horizon 2050

Le monde est confronté à des défis croissants liés à la sécurité alimentaire, au changement climatique et à la pression exercée sur les ressources en eau. Dans ce contexte, une question essentielle émerge : il ne s’agit plus seulement de produire davantage, mais de produire mieux, en utilisant les ressources hydriques de manière plus efficiente.

Parmi les outils d’analyse développés au niveau international figure le concept de «  »l’empreinte hydrique » » (*Water Footprint*). Cet indicateur scientifique permet d’estimer la quantité d’eau mobilisée tout au long de la production d’un aliment ou d’un produit agricole. Il constitue aujourd’hui un outil d’aide à la réflexion sur la gestion durable des ressources.

Une interrogation prospective mérite ainsi d’être ouverte : « l’empreinte hydrique pourrait-elle devenir, à terme, un critère d’analyse complémentaire dans l’évaluation des politiques alimentaires en Algérie « 

L’objectif d’une telle réflexion ne serait pas de limiter la production agricole, mais d’encourager une utilisation plus efficiente de l’eau grâce à la recherche scientifique, à l’innovation et à des décisions fondées sur des données objectives.

Une meilleure connaissance de l’empreinte hydrique des différentes filières pourrait contribuer à enrichir les études relatives aux systèmes de production, aux techniques d’irrigation, à la valorisation des ressources et à l’amélioration continue de la qualité des produits alimentaires.

Cette approche pourrait également favoriser le développement de bases de données nationales, renforcer les travaux de recherche sur l’efficience de l’utilisation de l’eau et soutenir une planification plus intégrée entre les politiques agricoles, hydriques et alimentaires.

La sécurité alimentaire et la sécurité hydrique sont étroitement liées. Chaque goutte d’eau préservée grâce à une meilleure efficacité représente un investissement dans l’alimentation de demain, dans la résilience économique et dans la préservation des ressources nationales.

L’Algérie dispose de compétences scientifiques, d’universités, de centres de recherche et d’expertises techniques capables d’alimenter une réflexion de cette nature. Ces atouts peuvent accompagner l’émergence d’une vision plus intégrée de la gestion des ressources et du développement durable.

À l’avenir, les nations les plus performantes ne seront pas uniquement celles qui produiront le plus, mais aussi celles qui sauront produire avec davantage d’efficience, en conciliant sécurité alimentaire, préservation de l’eau et innovation.

Peut-être est-il temps d’ouvrir un débat autour de l’empreinte hydrique comme outil scientifique d’aide à la décision, afin d’enrichir les réflexions sur l’avenir de la sécurité alimentaire en Algérie.

Car préparer l’avenir, c’est aussi apprendre à mesurer aujourd’hui ce que nous souhaitons préserver pour demain.

Par : Dr Amina Salhi – Alger

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