
Par : Mohammed CHOUAKI
Billet éditorial inspiré du texte du Recteur Chems-Eddine Hafiz
Chaque année, à la même époque, des milliers de familles en France se retrouvent suspendues aux résultats du baccalauréat. Dans certains foyers, cette attente est vive, mais discrète. Dans d’autres, elle devient un moment solennel, où se joue, en apparence, une part de l’avenir de l’enfant, et en réalité, une part de l’histoire familiale.
Dans son nouveau Billet hebdomadaire, publié par la Grande Mosquée de Paris, le Recteur Chems-Eddine Hafiz place cette réalité au cœur de sa réflexion : l’école, pour les familles Musulmanes, n’est pas seulement un lieu d’apprentissage. Elle est le premier ascenseur social, le levier le plus accessible d’émancipation, de mobilité et de reconnaissance dans la société.
Une éducation pensée comme un projet collectif
Ce qui caractérise souvent la posture de nombreuses familles Musulmanes en France, ce n’est pas seulement l’importance donnée à la réussite scolaire, mais la manière dont cette réussite est pensée comme un projet collectif. Le diplôme n’est pas seulement l’affaire de l’enfant : il est soutenu, porté, parfois même défendu par les parents, les grands-parents, les proches.
Dans ces familles, la réussite au lycée, l’entrée dans une filière, l’accès à un diplôme supérieur sont vus comme des étapes décident dans l’ascension sociale. L’école devient alors le lieu où se concrétise l’investissement des parents, leur espoir d’un avenir plus stable, plus juste, plus ouvert.
Le Recteur Hafiz rappelle, avec une lucidité nécessarisa, que cette vision de l’éducation n’est pas un hasard. Elle s’enracine dans une expérience historique, souvent liée à l’immigration, où le diplôme a été perçu comme le moyen le plus sûr de conquérir sa place dans la société Française, de briser les cycles de précarité et de défiance.
L’école comme espace d’émancipation
Plus qu’un simple instrument de sélection, l’école est, pour beaucoup de familles Musulmanes, un véritable espace d’émancipation. C’est là que l’enfant apprend à se construire, à acquérir des compétences, à développer une autonomie intellectuelle, à découvrir le monde. C’est aussi là qu’il peut, à travers la réussite, gagner en confiance, en légitimité, en reconnaissance.
Dans son Billet, le Recteur insiste sur cette dimension : l’école n’est pas seulement un lieu de transmission des savoirs. Elle est un lieu de construction de l’individu, de sa capacité à s’affirmer dans la société, à prendre part aux débats, à accéder à des métiers valorisés, à modifier son statut social.
Cette vision de l’école comme ascenseur social n’est pas nouvelle. Elle est partagée par de nombreuses familles, issues de l’immigration Maghrébine, Africaine ou Asiatique, qui ont vu dans le diplôme un moyen de changer de destin. Mais elle prend une résonance particulière pour les familles Musulmanes, qui peuvent être confrontées, en plus des difficultés classiques, à des discriminations, à des stéréotypes, à des obstacles structurels.
Un message de confiance dans l’institution Républicaine
Ce qui rend le texte de Chems-Eddine Hafiz particulièrement intéressant, c’est qu’il ne se contente pas de constater une réalité. Il porte un message de confiance dans l’institution scolaire Républicaine. Il rappelle que l’école, malgré ses difficultés, ses inégalités, ses défauts, reste un lieu où l’effort peut encore permettre de changer de vie.
Dans un contexte où les débats sur l’école, la laïcité, l’identité nationale sont souvent polarisés, où certains discours tendent à disqualifier l’institution scolaire, ce message de confiance est précieux. Il invite les familles Musulmanes à poursuivre leur investissement dans l’éducation, à ne pas céder à la défiance, à rester engagées dans ce projet d’émancipation par le diplôme.
Le Recteur rappelle aussi que la transmission par l’éducation constitue un pilier essentiel de l’intégration et de l’élévation sociale. Il ne s’agit pas seulement de réussir soi-même, mais de transmettre aux enfants les moyens de réussir mieux, de construire un avenir plus solide.
Une réalité qui dépasse les communautés
Il est important de souligner que cette vision de l’école comme ascenseur social ne concerne pas uniquement les familles Musulmanes. Elle est partagée par de nombreuses familles, quelles que soient leurs origines, leurs religions, leurs histoires. Mais elle prend une résonance particulière pour les familles Musulmanes, qui peuvent être confrontées à des obstacles spécifiques, à des stéréotypes, à des discriminations.
Dans ce contexte, le message du Recteur Hafiz devient un appel à ne pas céder à la défiance, à poursuivre l’investissement dans l’éducation, à rester engagé dans ce projet d’émancipation par le diplôme. Il rappelle que l’école, malgré ses difficultés, reste un lieu où l’effort peut encore permettre de changer de vie.
Un enjeu pour la société Française
Au-delà de la dimension communautaire, ce Billet pose également un enjeu pour la société Française tout entière. Si l’école est le premier ascenseur social pour les familles Musulmanes, c’est aussi parce qu’elle doit rester, pour toutes les familles, un lieu d’émancipation, de mobilité, de reconnaissance.
Cela implique de lutter contre les inégalités scolaires, de renforcer les moyens dans les écoles des quartiers défavorisés, de garantir un accès équitable aux filières valorisées, de combattre les discriminations dans l’orientation et dans l’emploi. Cela implique aussi de reconnaître que l’investissement des familles dans l’éducation est un atout pour la société, et non une menace.
Le Recteur Hafiz, dans son Billet, ne fait pas seulement un constat. Il lance un appel à la société Française : reconnaître l’importance de l’école pour les familles Musulmanes, soutenir cet investissement, garantir que l’école reste un véritable ascenseur social, pour toutes les familles, quelles que soient leurs origines.
Dans un contexte où les débats sur l’éducation, la laïcité et l’intégration sont souvent polarisés, le Billet du Recteur Chems-Eddine Hafiz apporte une voix claire, constructive. Il rappelle que l’école, pour les familles Musulmanes, est le premier ascenseur social, le levier le plus accessible d’émancipation et de reconnaissance.
Il invite à ne pas céder à la défiance, à poursuivre l’investissement dans l’éducation, à rester engagé dans ce projet d’émancipation par le diplôme. Et il lance un appel à la société Française : reconnaître cette réalité, soutenir cet investissement, garantir que l’école reste un véritable ascenseur social, pour toutes les familles.
C’est un message qui résonne avec les préoccupations de nombreuses familles, qui voit dans l’éducation non seulement un droit, mais un projet de vie, un moyen de construire un avenir plus stable, plus juste, plus ouvert.
Par : Mohammed CHOUAKI – Lille
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