Le retour de Stéphane Romatet à Alger, signe d’un dégel prudent

Par : Mohammed CHOUAKI

L’Ambassadeur de France en Algérie, Stéphane Romatet, reprend son poste à Alger un an après son rappel à Paris. Ce retour, annoncé dans un contexte de reprise du dialogue entre les deux capitales, marque une étape importante dans la normalisation progressive des relations Algéro-Françaises.

Selon l’Élysée, le diplomate se rendra dès ce vendredi en Algérie, aux côtés de la Ministre déléguée aux Armées, Alice Rufo, pour participer aux commémorations du 8 mai 1945 à Sétif. Paris dit vouloir ainsi « restaurer un dialogue efficace » avec Alger, après des mois de tensions diplomatiques.

Une crise qui remonte à 2025

Stéphane Romatet avait été rappelé à Paris en avril 2025, dans un climat de forte crispation entre les deux pays. Cette décision faisait suite à l’expulsion par Alger de douze agents Français relevant du Ministère de l’Intérieur, sur fond de mesures de réciprocité prises par les deux capitales.

Depuis, l’Ambassadeur a continué à suivre le dossier Algérien depuis Paris, tandis que les canaux diplomatiques restaient largement dégradés. Son retour physique à Alger est donc interprété comme un signal politique important, même si les observateurs parlent encore d’un dégel prudent plutôt que d’une véritable relance globale.

Des signes d’apaisement

Le rapprochement entre Alger et Paris s’est amorcé ces derniers mois à travers plusieurs échanges de haut niveau. La visite du Ministre Français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, à Alger en février 2026, puis les déclarations de Jean-Noël Barrot sur la reprise du dialogue, ont préparé ce terrain.

Ce retour intervient aussi dans un moment symbolique, à la veille des commémorations du 8 mai 1945, qui restent une date sensible dans la mémoire Algérienne. Pour Paris, l’enjeu est de relancer une coopération plus fluide, notamment sur les questions sécuritaires, diplomatiques et consulaires.

Une relation encore fragile

Malgré ce geste, la relation Algéro-Française demeure traversée par des dossiers lourds : mémoire, sécurité, circulation consulaire et coopération migratoire. Les derniers mois ont montré qu’un geste d’apaisement ne suffit pas, à lui seul, à effacer des mois de tension.

Le retour de Stéphane Romatet à Alger traduit néanmoins une volonté commune de rouvrir un canal de dialogue plus stable. Il s’agit, pour l’heure, d’un signal politique fort, mais encore loin d’une réconciliation complète.

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Par : Mohammed CHOUAKI – Lille

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