
Par : Mohammed CHOUAKI
Longtemps attendu, souvent repoussé, le projet du Métro d’Oran revient au centre de l’actualité avec une nouvelle dimension symbolique et technique : l’acquisition d’une machine souterraine de grande envergure, destinée à accélérer les travaux d’un chantier présenté comme stratégique pour la capitale de l’Ouest Algérien. Le projet de Métro d’Oran existe depuis de nombreuses années et a fait l’objet d’études portant sur un tracé d’environ 19,66 km et 20 stations, avec une réalisation annoncée en plusieurs phases.
L’idée n’est pas nouvelle. Dès les premières études, le métro d’Oran a été pensé comme un axe structurant pour désengorger la circulation, relier les grands pôles urbains et connecter les quartiers les plus fréquentés de la ville à des stations de correspondance avec d’autres modes de transport. Mais malgré les annonces successives, le chantier a longtemps traîné, au point de devenir pour beaucoup un projet emblématique des lenteurs des grandes infrastructures en Algérie.
Une machine pour creuser la ville

L’arrivée d’une machine souterraine de type tunnelier change la nature du projet, car elle marque le passage d’une phase de planification à une logique d’exécution plus lourde et plus visible. Ce type d’équipement, souvent qualifié de “monstre” dans le langage médiatique, permet de creuser les tunnels tout en limitant les perturbations en surface, ce qui est particulièrement important dans une ville dense comme Oran.
Pour un Métro urbain, l’usage d’une telle machine est un signal fort : il montre que les travaux souterrains ne relèvent plus seulement du dessin technique, mais d’un chantier d’ingénierie à grande échelle. Dans le cas d’Oran, cela s’inscrit dans la volonté de doter la ville d’un réseau moderne, principalement en sous-sol, avec une conduite automatique et des stations accessibles aux personnes à mobilité réduite selon les études déjà évoquées.
Un projet structurant pour Oran
Le futur métro d’Oran est conçu pour desservir des zones clés de la ville, notamment El Hassi, le centre urbain, Hai Essabah, le stade Olympique et le pôle universitaire de Bir El Djir, avec des correspondances vers d’autres transports publics. Cette logique d’armature urbaine est essentielle dans une agglomération en forte croissance, où la pression sur la route et le tramway devient de plus en plus forte.
Le projet vise aussi à renforcer l’attractivité économique de la ville. Un Métro n’est pas seulement un moyen de transport : il modifie les habitudes de mobilité, favorise l’accès aux services, fluidifie les déplacements domicile-travail et soutient la valorisation des quartiers traversés. À Oran, où les enjeux de circulation, d’extension urbaine et de modernisation des infrastructures sont majeurs, l’effet attendu est autant social qu’économique.
Un chantier longtemps attendu
Le Métro d’Oran est l’un de ces grands projets dont la population entend parler depuis des années. Les études ont été lancées au début de la décennie 2010, et plusieurs documents de l’époque évoquaient déjà une première ligne de près de 20 km, avec un coût estimatif important et un horizon de mise en service alors fixé bien plus tôt que la réalité actuelle. Mais entre ambitions initiales, ajustements techniques et contraintes de mise en œuvre, le projet a connu de nombreux retards.
Cette lenteur n’enlève rien à son importance stratégique, mais elle explique pourquoi chaque nouvelle annonce suscite un fort intérêt. L’arrivée d’une machine de creusement donne précisément l’impression que le dossier sort enfin du stade des promesses pour entrer dans celui du concret. Dans le langage des grands travaux, c’est souvent ce genre d’équipement qui redonne une crédibilité visible à un chantier.
Ce que cela peut changer
Si le projet avance selon le calendrier espéré, le Métro pourrait devenir l’un des leviers les plus puissants de réorganisation de la mobilité à Oran. Il soulagerait les axes les plus saturés, réduirait certains temps de trajet et offrirait une alternative plus régulière aux automobilistes comme aux usagers des bus et du tramway. Dans une métropole comme Oran, où les déplacements sont souvent un défi quotidien, l’impact pourrait être très concret
.

Au-delà du transport, le Métro est aussi un marqueur politique et urbain. Il symbolise la capacité d’un pays à investir dans des infrastructures lourdes et à transformer durablement le visage de ses grandes villes. À ce titre, l’arrivée de la machine souterraine prend une portée qui dépasse la technique : elle incarne l’idée d’un projet enfin remis en mouvement.
Un symbole d’ambition
Le futur Métro d’Oran reste à ce stade un projet, mais un projet qui semble entrer dans une séquence plus sérieuse, plus industrielle et plus visible. L’acquisition d’un tunnelier ou d’un équipement de creusement de grande capacité n’est jamais un détail : c’est souvent le signe que les décisions les plus lourdes ont été prises et que le chantier s’apprête à changer d’échelle.
Pour Oran, cette évolution nourrit une attente forte.
La ville, qui joue un rôle central dans l’ouest du Pays, a besoin d’infrastructures à la hauteur de sa croissance, de son dynamisme universitaire, de son activité portuaire et de son poids démographique. Si les travaux suivent leur cours, le Métro pourrait devenir l’un des projets les plus emblématiques de la modernisation urbaine en Algérie.
Par : Mohammed CHOUAKI – Lille

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