L’Algérie a officiellement lancé la construction d’une centrale électrique de 40 mégawatts au Tchad, baptisée « centrale de solidarité Algéro-Tchadienne »

Par : Mohammed CHOUAKI

La centrale a une capacité de 40 MW et sera située à N’Djamena, capitale du Tchad. Le financement est 100% Algérien et l’entreprise responsable est Sonelgaz International, filiale du groupe public Algérien. Les premiers travaux ont été lancés lundi à N’Djamena avec la pose de la première pierre. La livraison des équipements commence dans les prochains jours et la date cible pour la remise officielle est juillet 2026.

Contexte diplomatique

Ce projet suit celui du Niger (également 40 MW à Niamey, lancé en mars 2026 par le Premier Ministre Algérien Sifi Ghrieb). L’accord Algérie-Tchad a été signé le 14 mai 2026 à Alger par les Ministres Mourad Adjal (Algérie) et Pascalet Kanabé Marcelin (Tchad).

Cette initiative s’inscrit dans la doctrine énergétique de solidarité de l’Algérie pour l’Afrique, via son Agence de coopération internationale pour la solidarité et le développement (créée en 2020, budget d’1 Milliard de Dollars). Le Président TEBBOUNE a orienté cette coopération Sud-Sud pour soutenir les pays Africains.

Objectif

Renforcer l’offre énergétique Tchadienne face à une demande supérieure aux capacités disponibles.

L’impact attendu sur le réseau électrique de N’Djamena est substantiel : la centrale de 40 MW Algérienne devrait réduire considérablement les délestages et améliorer l’alimentation de manière durable.

Contexte de crise énergétique à N’Djamena

La puissance installée actuelle est de 240 MW, mais elle est incapable de répondre à la demande qui est en explosion. Des délestages récents pèsent sur le quotidien des habitants. Seul 1/3 de la ville est couvert par le réseau électrique, et les équipements sont vétustes avec des postes sources saturés en surrégime permanent. Le taux d’accès à l’électricité est de seulement 11% en milieu urbain au Tchad.

Impact de la centrale de 40 MW

La centrale de solidarité Algéro-Tchadienne représente environ 17% de la puissance installée actuelle (240 MW) et devrait :

• Stabiliser le réseau face à la saturation des postes sources

• Réduire les coupures préventives qui évitent le black-out général

• Améliorer l’alimentation instantanée de la capitale, comme l’ont fait les 20 MW précédents de Djarmaya

• Soutenir l’extension du réseau vers les 2/3 restants de la ville

Complémentarité avec autres projets

Cette centrale s’ajoute aux initiatives en cours : NOOR TCHAD (24 MW solaires, objectif 40 MW), la centrale DENALI (32 MW thermique, 98% terminé), le projet RESPITE (30 MW solaire + 60 MWh stockage en 2026), et une future centrale HFO de 180 MW. L’objectif est de passer d’une gestion de crise à une stabilité durable pour N’Djamena.

Par : Mohammed CHOUAKI – Lille

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