
Par : Dr Amina SALHI
Pourquoi sommes-nous malades alors que nous mangeons à notre faim ?
Pendant des siècles, la principale préoccupation des nations était de produire suffisamment pour nourrir leur population. Aujourd’hui, un nouveau paradoxe s’impose. Jamais l’humanité n’a eu autant accès à l’alimentation, et pourtant les maladies chroniques progressent dans toutes les régions du Monde.
Comment expliquer que des sociétés où les rayons des supermarchés sont abondamment approvisionnés connaissent une augmentation du diabète, des maladies cardiovasculaires, de l’obésité ou de certaines formes de cancer ?
La réponse ne réside plus uniquement dans la quantité des aliments disponibles, mais dans leur qualité nutritionnelle, leur sécurité sanitaire et nos habitudes de consommation.
Nous mangeons davantage, mais mangeons-nous mieux ?
Cette question résume l’un des plus grands défis de santé publique de notre époque.
Aujourd’hui, la santé ne commence plus à l’hôpital. Elle commence dans les champs agricoles, dans les laboratoires, dans les industries agroalimentaires, dans les écoles, mais aussi dans chaque foyer où se prennent les décisions alimentaires du quotidien.
Un aliment sûr n’est pas seulement un produit conforme aux normes. C’est un aliment qui protège la santé, apporte une valeur nutritionnelle adaptée et inspire confiance au consommateur.
À l’inverse,une alimentation déséquilibrée, associée à un mode de vie sédentaire et à d’autres facteurs de risque, peut favoriser le développement de nombreuses maladies chroniques. C’est pourquoi la prévention constitue aujourd’hui un pilier essentiel des politiques de santé publique.
Pour relever ce défi, la qualité alimentaire doit devenir une priorité stratégique. Cela implique de renforcer les systèmes de contrôle, de développer des laboratoires performants, d’investir dans la recherche scientifique, de soutenir l’innovation agroalimentaire et de promouvoir l’éducation nutritionnelle dès le plus jeune âge.
L’Algérie possède de nombreux atouts pour relever cette ambition : des compétences scientifiques, un potentiel agricole important, des universités, des centres de recherche et une volonté de développer une économie plus diversifiée. En faisant de la qualité alimentaire un axe majeur de développement, elle peut améliorer la santé de sa population tout en renforçant la compétitivité de ses filières agroalimentaires.
Au-delà des politiques publiques, chacun a également un rôle à jouer. Choisir une alimentation équilibrée, limiter les produits ultra-transformés, respecter les règles d’hygiène alimentaire et valoriser les produits de qualité sont des gestes qui contribuent à la prévention.
La santé est une responsabilité collective. Elle mobilise les pouvoirs publics, les professionnels de santé, les producteurs, les industriels, les chercheurs et les consommateurs.
Car au XXIᵉ siècle, la véritable richesse d’une nation ne se mesure pas seulement à son économie, mais aussi à la santé de sa population.
La question n’est donc plus : « Avons-nous assez à manger ? »
La véritable question est désormais : « Mangeons-nous ce qui nous permet de vivre plus longtemps et en meilleure santé ? »
L’avenir des nations ne dépendra pas uniquement de leur capacité à produire davantage, mais de leur capacité à nourrir leurs citoyens avec des aliments sûrs, de qualité et porteurs de santé. C’est ainsi que se construit une véritable souveraineté alimentaire et sanitaire.
Par : Dr Amina SALHI – Alger
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