
Par : Mohammed CHOUAKI
Ottawa mise sur l’immigration Francophone pour renforcer les communautés de langue Française hors Québec. Pour les candidats Algériens, cette orientation ouvre des voies concrètes, notamment par Entrée express, où la maîtrise du Français est devenue un atout décisif.
Le Canada veut accueillir davantage d’immigrants Francophones hors Québec. Le Gouvernement Fédéral cherche à soutenir le poids démographique des communautés Francophones en situation minoritaire, en Ontario, au Nouveau-Brunswick, au Manitoba, en Alberta ou en Colombie-Britannique. Pour y parvenir, il s’appuie sur plusieurs outils, dont le principal est Entrée express, le système fédéral de sélection des travailleurs qualifiés.
L’Algérie, deuxième pays source
Les chiffres officiels montrent déjà la place de l’Algérie dans cette dynamique. En 2025, 2 700 ressortissants Algériens Francophones ont obtenu la résidence permanente au Canada hors Québec.
L’Algérie arrive ainsi au deuxième rang des pays de citoyenneté des nouveaux résidents permanents Francophones.
Le Cameroun reste loin devant, avec 11 935 admissions. L’Algérie devance de peu le Maroc, qui compte 2 615 admissions. Le Maghreb fournit donc une part importante de l’immigration Francophone vers les provinces et territoires Canadiens hors Québec.
Le Français au cœur de la sélection
Dans Entrée express, les candidats sont classés selon un score qui tient compte de l’âge, du niveau d’études, de l’expérience professionnelle et des compétences linguistiques. Le Français y occupe désormais une place centrale. Une bonne maîtrise de la langue, attestée par un test reconnu, rapporte des points supplémentaires. Elle permet aussi d’être invité lors de tirages réservés aux candidats Francophones, souvent avec des seuils de points plus bas que ceux des tirages généraux.
Pour de nombreux diplômés Algériens, formés en partie en Français, c’est un avantage réel. Un candidat qui maîtrise aussi l’Anglais peut encore améliorer son classement, le bilinguisme étant valorisé dans le système.
Des possibilités concrètes, des exigences réelles
L’accès n’est pas automatique pour autant. Les candidats doivent réunir plusieurs éléments : des résultats de test linguistique valides, une évaluation de leurs diplômes, une expérience professionnelle qualifiée justifiable et des fonds suffisants pour s’installer. La préparation du dossier prend donc du temps.
Les programmes provinciaux et les initiatives dédiées aux communautés Francophones peuvent aussi compléter ce parcours. Plusieurs provinces cherchent à attirer des profils Francophones dans des secteurs en tension : santé, éducation, métiers techniques, informatique.
Un enjeu pour l’Algérie aussi
Cette ouverture Canadienne intéresse une partie de la jeunesse diplômée Algérienne. Elle relance aussi, en Algérie, le débat sur le départ des compétences, surtout dans les professions médicales et d’ingénierie. Pour le Canada, la langue Française n’est plus seulement un héritage culturel. Elle devient un critère de sélection, et les Algériens figurent parmi ceux qui en profitent le plus.
Par ; Mohammed CHOUAKI – Lille
Views: 3