
Par – Abdelkader Reguig
Il est des hommes dont le destin se confond avec celui de leur patrie. Si Mohamed Segheir Heleili est de ceux-là. Né en 1934 à Arris, au cœur des Aurès, cette terre de bravoure et de résistance, il incarne cette génération d’Algériens qui ont tout sacrifié pour que vive l’Algérie libre.
L’appel de la Révolution
Alors qu’il poursuivait ses études à la Zitouna de Tunis, la voix de la patrie opprimée fut plus forte que les bancs de l’école. Dès 1954, à peine âgé de vingt ans, il interrompt son parcours pour rejoindre les rangs de la Révolution. Ce choix, il ne le fera jamais regretter.
De l’été 1955, où il fut membre de la cellule d’impression et de diffusion de l’administration suprême de la région Aurès-Nementchas, jusqu’aux plus hautes responsabilités militaires, son parcours force le respect. Secrétaire particulier du commandant Adjoul Adjoul, secrétaire détaché à l’administration générale de la 1ère zone auprès d’Abbes Laghrour et d’Adjoul Adjoul en 1956, responsable du secteur de Rémila après le Congrès de la Soummam, officier chargé des liaisons et des renseignements dans la région d’Arris, Commandant Général de la région 4 (Kihel), Officier politique puis Commandant Général de la Zone 2 , chaque étape de son engagement porte la marque d’un homme de terrain, d’un organisateur rigoureux et d’un patriote intègre.
Au service de l’Algérie indépendante
À l’indépendance, Si Mohamed Segheir Heleili n’a pas déposé les armes du devoir. Commandant de secteur militaire dans les régions militaires 4, 2 et 5, il poursuit son œuvre avec la même abnégation. Élu Député en 1977, membre du Comité Central du FLN en 1979, Mouhafadh de Sidi-Bel-Abbès puis de Tlemcen, responsable régional du FLN, membre du Conseil National de l’Organisation Nationale des Moudjahidines — son parcours témoigne d’une fidélité sans faille aux idéaux de Novembre.
Et parce que la mémoire est un devoir, il a couché sur le papier son témoignage dans un ouvrage précieux : « Témoin des événements de la Révolution dans les Aurès ». Un legs inestimable pour les générations futures.
Un homme de cœur et de convictions
Mais au-delà des titres et des fonctions, c’est l’homme que je veux saluer ici. L’homme que j’ai eu l’honneur et la joie de côtoyer pendant plus de quatre décennies.
Je me souviens de notre première rencontre, en novembre 1975, alors que j’étais chargé de mission de la Révolution Agraire pour la Wilaya de Mostaganem. Ces assises historiques du Conseil National de la Révolution Agraire, sous l’égide du Président Houari Boumediene, consacrées au bilan et aux perspectives de la Révolution Agraire, furent le théâtre de nos premiers échanges. De cette rencontre est née une estime mutuelle qui ne s’est jamais démentie.
À partir de 1982, nos chemins ne cessèrent de se croiser : lui, Mouhafadh chargé des Élections à Mostaganem pour la législature ; moi, Secrétaire National chargé du bureau sectoriel des ingénieurs de l’UNIASA. Puis nous nous retrouvâmes au Comité Central du FLN, compagnons de route, frères d’armes dans la construction de l’Algérie nouvelle.
Les épreuves et la fidélité
Si Mohamed Segheir Heleili était un homme de principes. Et c’est précisément parce qu’il refusait de plier qu’il a connu les affres de l’ingratitude. Le Colonel Tahar Zbiri lui-même m’a confié un jour ses regrets d’avoir contrarié sa nomination à la Wilaya 1.
Ce jour du deuxième jour de l’Aïd El-Kébir où j’amenai Si Mohamed Segheir voire le Président Chadli Bendjedid qui est resté gravé dans ma memoire. Grâce à ma relation avec la famille Bourekba, j’avais ce rare privilège d’accéder au Président. Quand je présentai Si Mohamed au Cheikh, ce fut un moment émouvant, d’une intensité rare. Deux hommes, deux destins liés par l’histoire, se retrouvaient. Le Président, dans un élan de sincérité, m’interpella ensuite : Voici une version réécrite, avec l’orthographe et la ponctuation corrigées :
— Je ne savais pas que tu étais membre du Conseil de la Nation… et, en plus, tu n’as pas peur !
— De quoi aurais-je dû avoir peur ? De la confiscation de mon passeport ? J’en avais déjà fait l’expérience après ma visite au président Ahmed Ben Bella, en juillet 1979. Mais la peur n’a jamais été ma compagne.
— Alors tu es un récidiviste.
Plus tard, lors d’une réception, le Président Chadli me parla de Si Mohamed Segheir avec une profonde estime, saluant sa droiture et son intégrité. Il me rappela comment il l’avait fait sortir de prison, convaincu de son innocence et de sa probité, alors que certains voulaient l’écarter de son poste de Commandant de secteur en l’accusant faussement de collusion lors de la tentative de coup d’État des 14 et 15 décembre 1967.
Un héritage impérissable
Aujourd’hui, Si Mohamed Segheir Heleili est encore des nôtres. Les années l’ont quelque peu fatigué, mais son héritage, lui, demeure. Il nous lègue l’exemple d’un homme qui n’a jamais trahi ses convictions, qui a servi l’Algérie avec honneur et dignité, et qui a connu les sommets comme les abîmes sans jamais perdre son âme.
À toi, Si Mohamed, mon ami, mon frère, mon compagnon,
Que la terre des Aurès, celle qui t’a vu naître et qui t’a nourri de sa bravoure, te regarde avec fierté dans cette vaste Algérie que tu as défendue ; qu’Oran, qui t’a accueilli, te soit bienveillante. Que ton nom reste gravé dans la mémoire de ceux qui aiment l’Algérie véritable, celle des hommes intègres et des patriotes sincères.
Tu as été, et tu resteras, un exemple pour nous tous.
Longue vie à ce lion des Aurès, à ce grand moudjahid.
P.-S. -Écrit en hommage à un homme d’exception, avec toute mon affection et mon respect éternel.
Contact: orarexe@gmail.com
Par : Abdelkader REGUIG
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شكرا اخي سي عبد القادر على هذا المقال الجيد والمفيدالذي يعطي للمجاهد الرمز ضابط جيش التحرير سي هلايلي محمد الصغير بعضا من حقه في ان يعرف به لجيل الشباب الحالي ولاجيال المستقبل .فالمجاهدهلايلي التحق بالثورة في بدايتها وعايش كل الاحداث التي وقعت بالولاية التاريخية الاولى بحلوها ومرها وتضحياتها ومعاناتها وشارك في معارك كثيرة وترقى في الرتب وبعد الاستقلال واصل العمل والنضال من اجل بناء الجزاءر التي حلم بها الاباء المؤسسون لثورة54.كما انه من المجاهدين المثقفين القلاءل الذين قدموا شهاتدتهم ونظرتهم ومواقفهم حول اهم ما حدث اثناء الثورة.وهو من الرجال الذين بقت ايديهم نظيفة في فترة الاستقلال. حفضه الله ورعاه .ب