Dominique de Villepin : La conquête des territoires et des ondes en vue de 2027

Par : Abdelkader REGUIG

À moins d’un an de l’élection Présidentielle, Dominique de Villepin intensifie sa présence sur la scène politique française. Sa stratégie repose sur deux piliers : une couverture médiatique soutenue et un ancrage territorial renforcé. En l’espace d’un an, l’ancien Premier Ministre a multiplié les interventions – 43 interviews, une activité soutenue sur les réseaux sociaux et une tournée méthodique à travers l’Hexagone via son mouvement La France Humaniste (LFH), lancé en juin 2025. Son ambition dépasse désormais le simple rôle de témoin d’une époque révolue : il entend façonner l’avenir politique du Pays.

Une rentrée placée sous le signe du face-à-face avec Macron

Le 4 janvier 2026, sur BFM Politique, Dominique de Villepin promet d’être « de tous les grands combats à venir ». Sa cible principale ? Emmanuel Macron, qu’il accuse de céder aux pressions de Donald Trump suite à l’intervention Américaine au Venezuela, et dont il dénonce la « toute-puissance » dans une interview à La Tribune Dimanche le 26 janvier. Son constat est sans appel : « plus personne ne gouverne ». Pour remédier à cette situation, il prône un rétablissement de l’autorité de l’État, tout en rejetant toute nouvelle réforme de l’immigration qu’il juge superflue.

Le terrain comme laboratoire d’une alternative

Sur le terrain, Villepin s’emploie à incarner une véritable alternative. À Caen (10 avril) comme à Rennes (6 mai), il cultive le contact avec les élus locaux et le monde agricole. Sur le plan international, il propose une rupture audacieuse : faire du Maghreb le partenaire privilégié de l’Europe, en se libérant des logiques coloniales. Sa doctrine puise ses racines dans son parcours – Afrique, Amérique Latine, années Chirac – qu’il résume en un seul mot : la « mesure ». Il oppose ce volontarisme aux extrêmes droites et à la « bataille identitaire » qu’elles alimentent.

Interrogé sur sa boussole intime, Villepin se livre sans détour :

« Dominique de Villepin rêve de cette France. Toute assignation à une religion, toute stigmatisation d’une partie de nos concitoyens, il n’y croit pas. Il ne croit pas en une vieille France, objet de fantasme identitaire, pas plus qu’en une nouvelle France qui viendrait à rompre avec notre histoire et notre héritage. Ces deux visions, sous couvert de défendre la France, doutent en réalité d’elle. Je crois pour ma part, comme le Général de Gaulle, à une certaine idée de la France, riche de sa diversité, de sa complexité et de sa singularité. Je crois en une France éternelle. Cette ambition seule peut nous rassembler et nous rendre, les uns et les autres, plus grands et plus forts. »

Villepin est la France

La France, enfant en Afrique ou en Amérique, je l’ai rêvée. Rêvée de la mesure de son poids, de ses positions – ces positions contre l’injustice, contre le génocide, contre la guerre. Lui, enfant en Algérie, a vécu l’aspiration des peuples à la liberté et se retrousse les manches pour donner à la France sa grandeur, sa souveraineté, son poids contre les extrémistes. Villepin président, c’est la grandeur de la France.

Une machine de guerre électorale en ordre de marche

« Il faut réparer notre pays, qui aujourd’hui est un pays malheureux ; réparer la République ; réparer l’État qui ne fonctionne plus. Il y a trois images indispensables pour entrer dans cette élection, qui vous montrent le chemin qu’il y a encore à parcourir.

La première image : les Françaises et les Français se poseront la question : qui face à Donald Trump a Xi Jinping et à Vladimir Poutine pour défendre les intérêts de la France ? qui pour incarner cette réparation ?

Deuxième image – je pense m’être préparé, et je suis modeste – : qui pour défendre la souveraineté de la France ? La souveraineté financière, la souveraineté en matière de sécurité, la souveraineté économique ? J’ai beaucoup travaillé ces dernières années pour appréhender tous les leviers, et en particulier créer un grand fonds de souveraineté et de solidarité.

Et puis, troisième image : il faut réparer notre pays, et réparer le rapport aux politiques. Aujourd’hui, on doute de la bonne volonté des politiques, et j’ai compris que c’était un défi qu’il fallait relever. »

Officiellement, il n’est pas candidat. Officieusement, la machine est en marche. Son positionnement critique, sa présence médiatique et son ancrage local font de lui un acteur incontournable du paysage politique. Reste à savoir si cette stratégie de reconquête dépassera le cercle de ses fidèles. La réponse se jouera sur le terrain et dans les urnes, dans les mois à venir.

Contact : orarexe@gmail.com

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