« Discours inacceptable » : Amar Bendjama recadre fermement le représentant Marocain à l’ONU

Par : Mohammed CHOUAKI

À la tribune des Nations Unies, l’Ambassadeur Amar Bendjama, représentant permanent de l’Algérie, a vivement réagi aux déclarations du représentant Marocain, qualifiées                 d’« inacceptables ». Dans un droit de réponse incisif, le diplomate Algérien a dénoncé un discours « truffé de mensonges » et réaffirmé la position d’Alger sur la question du Sahara Occidental.

Un échange tendu à l’ONU

Lors d’une récente session dédiée aux questions de décolonisation, le représentant Marocain à l’ONU, Omar Hilale, a prononcé un discours longuement centré sur l’Algérie, citant à de multiples reprises Alger sans toutefois évoquer, selon Bendjama, « une seule fois le mot Sahara Occidental », pourtant au cœur de l’ordre du jour.

« C’est une performance qui devrait figurer dans le palmarès de la mauvaise foi », a lancé Amar Bendjama, exerçant à deux reprises son droit de réponse pour rectifier ce qu’il a décrit comme un « narratif fallacieux ».

« L’Algérie n’a pas été citée dans mon intervention »

Dans sa réplique, l’Ambassadeur Algérien a tenu à préciser qu’il n’avait, dans son allocution initiale, « ni cité le Maroc, ni évoqué sa politique intérieure », son propos étant « exclusivement centré sur la question du Sahara Occidental, un territoire occupé illégalement et dont le peuple attend le plein exercice de son droit inaliénable à l’autodétermination ».

Il a également souligné que le représentant Marocain avait mentionné l’Algérie « plus de 40 fois » dans son intervention, un « record » selon lui, tout en évitant soigneusement les termes « décolonisation », « droits de l’homme » ou « peuple du Sahara Occidental ».

Le fond du différend : autodétermination et référendum

Au-delà de la forme, Amar Bendjama a réitéré la position constante de l’Algérie : le droit du peuple Sahraoui à l’Autodétermination reste   « fermement inscrit dans le droit international et les résolutions de l’ONU ».

Interrogeant la partie Marocaine sur sa réticence à organiser un référendum, il a lancé : « Si ce projet d’autonomie était si intéressant, pourquoi ne pas le proposer à la consultation ? Avez-vous peur de l’appel de la liberté pour le peuple Sahraoui ? »

« Nous avons choisi le camp de la justice »

« Nous, Algériens, nous avons choisi le camp de la justice, de la décolonisation, de la liberté, de l’autodétermination et des droits de l’homme », a martelé Bendjama, rappelant que cet engagement s’applique « en faveur de la cause du peuple Sahraoui qui attend depuis près d’un demi-siècle que l’ONU lui rende justice ».

Le diplomate a aussi réfuté les accusations de soutien au « terrorisme » parfois brandies contre le Polisario, estimant que « tous les pouvoirs hégémoniques ont toujours tenté de diaboliser les résistants et les militants de la liberté ».

Contexte : une rivalité diplomatique récurrente

Cet échange s’inscrit dans une série d’affrontements verbaux récurrents entre Alger et Rabat à l’ONU, chaque camp défendant sa lecture du conflit du Sahara Occidental. Alors que le Maroc promeut son plan d’autonomie comme « seule voie crédible », l’Algérie insiste sur l’application des résolutions Onusiennes et la tenue d’un référendum d’autodétermination.

Position de principe et cadre juridique

L’Algérie réaffirme, dans le strict respect des principes de la Charte des Nations unies et des résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité et de l’Assemblée Générale, que la question du Sahara Occidental relève du processus de décolonisation et du droit inaliénable des peuples à l’Autodétermination. Cette position, constante et cohérente, s’inscrit dans la continuité de l’engagement historique d’Alger en faveur de la libération des territoires occupés et de la mise en œuvre des mécanismes Onusiens prévus à cet effet.

Appel à la responsabilité et à la modération

Dans ce contexte, l’Algérie appelle toutes les parties à faire preuve de retenue, à éviter toute escalade rhétorique et à privilégier un dialogue constructif sous l’égide des Nations unies. Elle invite également la communauté internationale à veiller à ce que les débats à l’ONU restent centrés sur le fond du dossier — à savoir le droit du peuple Sahraoui à décider librement de son avenir — et ne soient pas détournés par des considérations politiques ou des tentatives de dilution des responsabilités établies par le droit international.

Sources : Ouest-France – Spreads

Par : Mohammed CHOUAKI – Lille

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