
Par : Mohammed CHOUAKI
Le Président Abdelmadjid TEBBOUNE a réaffirmé, lors d’un entretien périodique avec les médias nationaux diffusé lundi 27 juillet 2026, que les membres de la Diaspora Algérienne peuvent accéder aux plus hautes responsabilités de l’État, y compris au sein du gouvernement, à condition de faire preuve d’expérience et d’efficacité. Cette déclaration intervient dans un contexte de réchauffement du dialogue avec la communauté nationale à l’étranger, marquée par des appels au retour des opposants et des mesures concrètes visant à renforcer les liens entre l’Algérie et ses enfants expatriés.
Une déclaration présidentielle forte
Lors de son point presse, le Chef de l’État a insisté sur l’ouverture totale des postes à haute responsabilité, sans distinction de lieu de résidence, pour les Algériens de l’étranger. « Les portes sont ouvertes », a-t-il martelé, soulignant que la seule condition requise est la compétence, l’expérience et l’efficacité, quel que soit le Pays où réside le candidat. Cette position s’inscrit dans une stratégie plus large visant à mobiliser les compétences de la Diaspora, jugée « élitiste » et capable de contribuer activement au développement du Pays.
Contexte : entre réconciliation et exigence d’actes
Cette annonce fait suite à une série de déclarations et d’initiatives récentes en direction de la Diaspora. Le 16 juillet 2026, à Berlin, TEBBOUNE avait déjà assuré que les opposants Algériens établis à l’étranger étaient « les bienvenus » dans leur Pays. Cette prise de parole a été suivie d’une lettre ouverte, signée par plusieurs dizaines d’Algériens de la Diaspora (France, Canada, États-Unis, Belgique), demandant des garanties concrètes : fin des interdictions de circuler, abrogation de l’article 87 bis du code pénal, et arrêt des pratiques de « repentance » imposées comme condition de retour.
Les signataires insistent sur la nécessité de traduire les paroles Présidentielles en actes vérifiables, notamment par une amnistie générale en faveur des détenus politiques et d’opinion. Ils rappellent également que toute ouverture à la Diaspora ne peut être dissociée de mesures similaires en faveur des opposants vivant en Algérie.
Mesures concrètes en faveur de la Diaspora
Depuis son investiture, le Président TEBBOUNE a multiplié les mesures visant à faciliter le retour et l’investissement des Algériens de l’étranger :
• Réduction des prix des vols (Air Algérie, Algérie Ferries), notamment en période estivale, pour alléger le coût des déplacements.
• Accès à la retraite via la Caisse nationale des retraites (CNR), même pour les résidents à l’étranger.
• Facilitations administratives : possibilité de rentrer en Algérie avec une simple carte d’identité en cas de passeport expiré, sans visa.
• Prise en charge des frais de rapatriement des dépouilles des Algériens décédés à l’étranger depuis 2023.
• Création d’un Secrétariat d’État chargé de la Communauté Nationale à l’étranger, rattaché au Ministère des Affaires étrangères, pour mieux traiter les préoccupations de la Diaspora.
Enjeux stratégiques : compétences, influence et modernisation
Au-delà des aspects symboliques, cette ouverture s’inscrit dans une logique de modernisation de l’État et de l’économie algérienne. La Diaspora, perçue comme une force d’innovation et d’influence, est appelée à jouer un rôle moteur dans les secteurs clés : technologie, énergie, santé, éducation, et diplomatie économique.
Le Président a également rappelé l’engagement de l’État à protéger ses citoyens expatriés contre d’éventuels arbitraires dans leurs Pays de résidence, enjoignant aux Ambassades et Consulats de défendre activement leurs droits.
Réactions et attentes
Si la déclaration Présidentielle a été saluée par certains comme un signal fort de reconnaissance et d’inclusion, elle suscite aussi des attentes élevées. Les membres de la Diaspora, notamment les opposants et les militants, attendent des mesures concrètes pour lever les obstacles administratifs et juridiques qui entravent encore leur retour ou leur engagement politique et économique en Algérie.
La question de l’article 87 bis du code pénal, souvent critiqué pour son usage extensif contre les voix critiques, reste un point de tension majeur. Son abrogation, demandée par les signataires de la lettre ouverte, est perçue comme un test de crédibilité pour l’ouverture annoncée par le Président.
Perspectives
À l’approche des prochains grands chantiers de réforme et de la consolidation des institutions, la mobilisation des compétences de la Diaspora pourrait devenir un levier décisif pour l’Algérie. Reste à voir si les « portes ouvertes » annoncées par TEBBOUNE se traduiront par des nominations effectives, des réformes législatives et une véritable inclusion politique et économique des Algériens de l’étranger.
Par : Mohammed CHOUAKI – Lille
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