Déchets et énergie : l’Algérie mise 4,4 Milliards d’Euros sur une nouvelle économie circulaire

Par : Mohammed CHOUAKI

L’Algérie envisage la mise en place d’un vaste programme national destiné à transformer les déchets ménagers en une source d’énergie et de richesse. Estimé à 4,4 Milliards d’Euros, le projet ambitionne de créer une filière intégrée couvrant la collecte, le tri, le recyclage et la valorisation énergétique des déchets.

Un projet à dimension nationale

Les promoteurs de cette initiative souhaitent établir un réseau couvrant l’ensemble du territoire national. Le dispositif reposerait sur des centres de collecte et de tri répartis entre les différentes Wilayas et communes, ainsi que sur des unités spécialisées dans la transformation des déchets en énergie propre.

Le projet s’inscrit dans une logique de partenariat entre de grands groupes économiques Algériens et un Opérateur Européen. Des discussions seraient notamment engagées avec le groupe Cosider, à travers l’une de ses filiales, le groupe Madar, ainsi qu’avec le Fonds National d’Investissement, le FNI.

Cinq plateformes et cinq unités

Le programme prévoit la réalisation de cinq grandes plateformes de tri et de recyclage, auxquelles devraient s’ajouter cinq unités de valorisation énergétique des déchets. Ces installations seraient complétées par des équipements modernes, notamment des camions intelligents, des centres de traitement et des systèmes automatisés de tri.

Les technologies envisagées s’inspireraient notamment des expériences Suédoise et Allemande, deux pays souvent cités pour leurs systèmes avancés de gestion et de valorisation des déchets. L’objectif serait de permettre à l’Algérie de développer progressivement un savoir-faire local grâce au transfert de technologies et à la formation de compétences nationales.

Produire de l’énergie propre

Au-delà de la simple élimination des déchets, le projet vise à les transformer en ressources utiles. Les matières collectées pourraient servir à produire de la biomasse, du biocarburant et de l’énergie destinée à différents usages industriels ou publics.

Cette approche permettrait également de réduire les volumes de déchets envoyés vers les décharges, de limiter les émissions de carbone et de préserver les ressources naturelles. Elle s’inscrit dans les orientations nationales liées à l’économie verte et à la transition énergétique.

La réussite du programme dépendra toutefois de la qualité du tri à la source. Sans séparation efficace entre les déchets organiques, plastiques, métalliques et autres matériaux recyclables, les unités de traitement risquent de fonctionner en dessous de leurs capacités.

Plus de 68 000 emplois annoncés

Les promoteurs estiment que le projet pourrait générer plus de 68 000 emplois directs. Des milliers d’emplois indirects pourraient également être créés dans le transport, la logistique, la maintenance, la construction et la formation professionnelle.

Les start-up et les associations environnementales devraient aussi être associées à cette dynamique. Leur participation pourrait contribuer à développer des campagnes de sensibilisation et à encourager les citoyens à adopter le tri sélectif.

Vers une économie circulaire

L’un des principaux objectifs du projet est de faire passer les déchets du statut de problème environnemental à celui de ressource économique. Cette transformation est au cœur du concept d’économie circulaire, qui consiste à réduire le gaspillage, réutiliser les matériaux et limiter l’enfouissement.

Pour l’Algérie, l’enjeu est double : améliorer la propreté des villes tout en diversifiant les sources de production énergétique. Le pays pourrait ainsi réduire la pression exercée sur les décharges et créer une nouvelle filière industrielle fondée sur le recyclage et la récupération énergétique.

Des défis à surmonter

Malgré son ambition, le projet devra relever plusieurs défis. La réussite d’un tel programme suppose une organisation rigoureuse de la collecte, une coordination entre les communes, des investissements réguliers et une maintenance permanente des équipements.

La question du financement constitue également un enjeu majeur. L’enveloppe de 4,4 Milliards d’Euros devra être mobilisée dans le cadre de partenariats solides, avec une répartition claire des responsabilités entre les acteurs publics et privés.

Enfin, le projet nécessitera une évolution des habitudes citoyennes. Le tri sélectif ne pourra se développer sans une sensibilisation durable des ménages, des entreprises et des collectivités locales

Une nouvelle filière stratégique

Avec ce programme, l’Algérie cherche à poser les bases d’une véritable industrie de la valorisation des déchets. La collecte, le recyclage et la production d’énergie pourraient devenir des secteurs créateurs d’emplois et de valeur ajoutée

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Si les financements et les partenariats annoncés se concrétisent, ce projet pourrait marquer une étape importante dans la transition vers une économie plus verte. Il reste désormais à passer de l’annonce à la réalisation, en garantissant la transparence, l’efficacité et la viabilité économique des futures installations.

Par : Mohammed CHOUAKI – Lille

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