De quoi je me mêle, Giovanni Infantino, dit Gianni Infantino ? Quand le patron de la FIFA s’invite dans les affaires Algériennes

Par : Abdelkader REGUIG *

I. Une ingérence inacceptable dans les affaires de l’Algérie

Le 26 février 2026, à Mexico, Gianni Infantino a franchi une ligne rouge. Devant la presse internationale, le Président de la FIFA a choisi de s’immiscer dans une affaire judiciaire Algérienne en réclamant la libération de Christophe Gleizes, un journaliste Français condamné par la justice de notre Pays à sept ans de prison pour des charges liées à la sécurité nationale et à l’apologie du terrorisme.

« Rendez-nous Christophe ! », a-t-il lancé, comme si la FIFA détenait un quelconque mandat pour dicter sa loi à l’Algérie souveraine. Cette posture, aussi arrogante qu’irresponsable, interpelle : depuis quand un responsable sportif Suisse se permet-il de juger les décisions de notre justice Nationale ?

Que l’on soit d’accord ou non avec la peine infligée à ce journaliste, l’Algérie est un État souverain, et ses institutions judiciaires fonctionnent dans le cadre strict de ses lois. Infantino n’a ni la légitimité, ni la compétence pour s’ériger en censeur des décisions de la justice Algérienne. Son rôle est de gérer le football Mondial, pas de se muer en procureur international.

II. L’ascension fulgurante : un coup d’État footballistique

Pour comprendre l’outrecuidance de cet homme, il faut rappeler les conditions troubles de son accession au pouvoir suprême du football Mondial. En mai 2015, le FIFA gâte éclate. Le scandale de corruption emporte l’ancienne direction, et Sepp Blatter est contraint à la démission. Michel Platini, alors favori, se voit suspendu par la commission d’éthique.

C’est dans ce vide que Gianni Infantino, jusqu’alors simple Secrétaire Général de l’UEFA connu pour animer les tirages au sort, décide de tenter sa chance. En seulement quatre mois, il mène une campagne chirurgicale. Le 26 février 2016, il déjoue tous les pronostics et remporte l’élection. Ce qui ne devait être qu’une candidature de substitution s’est transformé en un véritable coup d’État politique, dont il est sorti grand gagnant.

Depuis sa prise de fonction, le cumul de ses rémunérations dépasse les 32 millions d’euros. Son salaire annuel atteint environ 4,2 millions d’euros, bonus compris, sans compter les avantages en nature et les frais de déplacement. Un tour de passe-passe financier lui a même permis de porter ce pactole à 6 Millions de Dollars en 2024, soit plus de 16 000 dollars par jour. De quoi donner des leçons au monde entier, les poches pleines ?

La Coupe du monde 2026 s’annonce comme la plus gigantesque machine à cash jamais conçue : 48 équipes, 104 rencontres, 13 Milliards de Dollars de revenus, et 16 villes hôtes réparties entre les États-Unis, le Canada et le Mexique. Mais derrière cette vitrine clinquante, une question taraude les amateurs de football : ce sport appartient-il encore aux peuples ou s’est-il mué en un simple produit de consommation, vendu aux plus offrants parmi les oligarques et les multinationales ?

Autrefois, le Mondial faisait vibrer les foules pour le beau jeu. Aujourd’hui, le ballon roule, mais ce sont les milliards qui marquent des buts. Les supporters paient, les commanditaires encaissent, et les dirigeants s’autocongratulent. Gianni Infantino trône en maître absolu d’une organisation qui semble avoir troqué ses valeurs historiques contre un compte en banque.

III. L’alliance avec Trump : un siège au conseil d’administration de Gaza

En février 2026, Infantino a franchi un nouveau cap en signant un accord de partenariat stratégique à Washington avec le Board of Peace, une organisation internationale instaurée sous l’égide de Donald Trump pour superviser la reconstruction de Gaza.

Les détails de l’accord sont éloquents :

-Création d’un écosystème footballistique complet à Gaza.

-Engagement de la FIFA à aider à lever 75 Millions de Dollars pour ces infrastructures.

Cette implication aux côtés de l’ancien – et peut-être futur – Président Américain suscite d’importantes vagues de critiques, notamment en Europe. Plusieurs parlementaires Européens et des ONG accusent Infantino de commettre une violation manifeste du devoir de neutralité politique et religieuse inscrit à l’article 4 des statuts de la FIFA. En s’affichant ainsi, il ne dirige plus le football ; il le transforme en arme diplomatique au service d’une vision politique controversée.

IV. Le silence assourdissant sur Gaza : l’hypocrisie du « Gollum » du football

Car voilà le cœur du problème, la contradiction qui rend l’attitude d’Infantino intolérable. Si ce dernier brandit une chaise vide pour un journaliste Français condamné en Algérie, il n’a jamais daigné prononcer un seul mot pour les victimes Palestiniennes.

Selon un rapport de l’ONU de décembre 2025, 289 journalistes ont été tués lors des opérations militaires Israéliennes à Gaza, et plus de 200 autres ont été arrêtés et détenus arbitrairement. Pas une once d’indignation venant de Zurich.

Mais le silence de la FIFA est tout aussi criminel concernant les sportifs. D’après le Comité Olympique Palestinien et l’Association Palestinienne de football, 565 footballeurs ont été tués à Gaza entre octobre 2023 et 2026. C’est l’équivalent de 38 équipes entières rayées de la carte, dont le célèbre Suleiman al-Obeid, surnommé le « Pelé Palestinien », abattu alors qu’il se trouvait avec des personnes attendant l’aide humanitaire. Infantino connaît-il le nom du jeune Mohammed Ramez Al-Sultan, 14 ans, tué avec quatorze membres de sa famille ? Probablement pas. Aucun deuil, aucune sanction contre Israël.

Un contraste saisissant : la Russie avait été exclue du Mondial 2022 en seulement quatre jours pour son invasion de l’Ukraine. Mais Israël peut continuer à détruire le sport Gazaoui sous les yeux d’un Infantino qui agit comme un véritable « dôme de fer » footballistique, protégeant l’État hébreu de toute conséquence internationale.

L’opacité et le mépris de la FIFA se doublent d’une discrimination logistique éhontée. Pour participer à ce Mondial 2026, 52 pays Africains ont été soumis à une procédure de visa discriminatoire, exigeant des sommes allant de 5 000 à 15 000 dollars par supporter, là où les Européens, les Japonais ou les Israéliens – eux exemptés de ces fardeaux financiers – ne paient que 34 dollars. Pendant que les peuples Africains sont empêchés de vibrer pour leur équipe, Gianni Infantino se permet de les inviter à se « détendre » face aux critiques. Une arrogance crasse qui révèle une méconnaissance affligeante des responsabilités éthiques de sa fonction.

V. L’Algérie ne se laisse pas dicter sa conduite

« La veille de sa fête d’indépendance, Giovanni Infantino dit Gianni Infantino devrait mesurer ses mots : l’Algérie, qui a payé son affranchissement de son sang, n’a de comptes à rendre ni de leçons à recevoir de personne. » Et surtout pas d’un Président de la FIFA qui doit son poste à un coup d’État footballistique, qui vend son âme à Trump pour quelques Dollars et qui ferme les yeux sur les massacres perpétrés à Gaza.

Présider la FIFA, ce n’est pas seulement organiser des matchs ou distribuer des chèques. C’est être le gardien des valeurs universelles qui unissent des millions de supporters. Mais entre l’ascension fulgurante de 2016, l’alliance politicienne avec Washington, l’ignominieux silence face au drame Palestinien et l’ingérence dans les affaires intérieures de l’Algérie, le football est devenu une machine à cash pilotée par un homme dont la boussole éthique s’est depuis longtemps brisée.

L’Algérie n’a pas besoin de la FIFA pour savoir ce qui est juste. L’Algérie n’a pas besoin d’Infantino pour juger ses propres affaires. Qu’il s’occupe du football – et encore, avec plus d’équité – et nous, nous nous occuperons de notre souveraineté, comme nous l’avons toujours fait.

*Senateur

Contact: orarexe@gmail.com

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