
Par : Mohammed CHOUAKI
L’Ambassade des États-Unis à Alger a officiellement annoncé, ce lundi 20 juillet 2026, l’installation permanente d’une antenne du FBI sur le sol Algérien. Cette décision marque un tournant stratégique dans la coopération sécuritaire entre les deux Pays, quinze ans après le retrait du bureau de l’attaché juridique (LEGAT) du FBI, présent dans la capitale Algérienne au cours des années 2000.
Un retour attendu, mais mesuré
Il s’agit plus précisément de l’ouverture d’un sous-bureau de l’attaché juridique du FBI (Law Enfoncement Attaché, ou LEGAT) au sein de la mission diplomatique Américaine. Contrairement à un bureau autonome, cette antenne reste rattachée au LEGAT régional de Tunis, qui couvre déjà l’Algérie, la Libye et la Tunisie.
Jusqu’ici, cette fonction était assurée à distance depuis la capitale Tunisienne. Le retour d’une présence permanente à Alger témoigne d’un climat de confiance renouvelé entre les services Algériens et Américains, ainsi que d’une volonté partagée de renforcer la lutte contre la criminalité transnationale.
Dans la continuité d’un rapprochement sécuritaire
Ce retour n’intervient pas par hasard. Il s’inscrit dans une dynamique de coopération entamée ces dernières années, marquée par plusieurs initiatives conjointes :
• En juin 2024, des agents du FBI ont formé le Groupe d’opérations spéciales de la police Algérienne (GOSP) à la médecine tactique.
• En juillet 2025, un atelier de formation organisé conjointement par le Ministère Algérien de la Justice et l’Ambassade des États-Unis a réuni des experts du FBI et des cadres Algériens (Police, Gendarmerie, Banque d’Algérie) sur la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.
Ces actions témoignent d’un transfert de compétences dans des domaines sensibles, où la synergie entre les deux Pays devient un atout opérationnel.
Un dispositif américain autrefois plus étoffé
Il y a quinze ans, Alger accueillait un LEGAT de plein exercice, dans la foulée du renforcement de la coopération antiterroriste post-11 septembre. Ce dispositif s’est progressivement effrité : le bureau de l’ICITAP (formation des enquêteurs) a fermé il y a six ans, suivi deux ans plus tard par celui de l’OPDAT (appui aux Magistrats et Procureurs).
Aujourd’hui, le programme LEGAT du FBI compte une centaine de bureaux et sous-bureaux dans le Monde, chargés de la liaison avec les services de Police et de renseignement des Pays hôtes sur le terrorisme, la criminalité transnationale, la cybercriminalité et l’entraide judiciaire. Le sous-bureau d’Alger vient combler un vide dans une région où la présence Américaine restait jusqu’ici concentrée sur Tunis.
Signification géostratégique
Au-delà de l’aspect technique, ce retour du FBI à Alger a une forte portée symbolique et géostratégique :
• Il consacre une normalisation avancée des relations entre Alger et Washington sur le plan sécuritaire.
• Il confirme la place de l’Algérie comme acteur clé dans la stabilité régionale, notamment face aux menaces transfrontalières au Sahel et en Libye.
• Il ouvre la voie à une coopération renforcée sur des dossiers sensibles comme le renseignement, la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée.
Ce retour du FBI à Alger, une quinzaine d’années après son retrait, n’est donc pas qu’un simple rétablissement administratif : c’est le signe d’une nouvelle dans le partenariat stratégique entre les deux Pays.
Par : Mohammed CHOUAKI – Lille
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