Boulos recadre Rabat : « L’Algérie est un partenaire clé pour la paix au Sahara »

Par : Mohammed CHOUAKI

Massad Boulos, Haut Conseiller du Président Américain Donald Trump pour le Moyen-Orient, le Monde Arabe et l’Afrique, a publiquement salué la position de l’Algérie dans le conflit du Sahara Occidental. Lors d’une interview accordée à France 24 fin février 2026, il a remercié le Président Abdelmadjid TEBBOUNE et le Ministre des Affaires Etrangères Ahmed Attaf pour leur rôle d’observateur favorable à une solution acceptée par les parties en conflit. Cette déclaration intervient après des pourparlers à Madrid entre le Maroc et le Front Polisario, avec l’Algérie et la Mauritanie en tant qu’observateurs.

Contexte des déclarations de Boulos

Boulos a insisté sur l’engagement constructif d’Alger en faveur de la paix, soulignant que l’Algérie est un partenaire clé des États-Unis dans la région. Il a précisé que les parties directement concernées – Maroc, Front Polisario, Algérie et Mauritanie – doivent dialoguer pour aboutir à un accord viable, sans limiter les options à l’autonomie Marocaine prônée par Rabat. Ces propos recadrent les accusations Marocaines désignant Alger comme partie prenante active, en recentrant le débat sur un processus inclusif.

Évolution récente du conflit

Le conflit oppose le Maroc, qui contrôle environ 80% du territoire et propose une large autonomie, au Front Polisario, soutenu par l’Algérie, qui réclame un référendum d’Autodétermination via la MINURSO (Mission des Nations Unies pour le Référendum au Sahara Occidental). Les États-Unis, sous Trump réélu, maintiennent leur reconnaissance de la souveraineté Marocaine sur le Sahara tout en poussant au dialogue, comme l’indique Boulos qui évoque des “points communs significatifs” entre Rabat et Alger. La résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU en février 2026 laisse la porte ouverte à d’autres initiatives, y compris le référendum initialement prévu.

Implications géopolitiques

Ces salutations de Boulos marquent un ton optimiste de Washington, qui voit en l’Algérie un acteur stabilisateur malgré les tensions régionales. Elles contrastent avec des déclarations antérieures pro-Marocaines de Boulos, appelant à une “solution définitive” via l’autonomie, tout en invitant Alger à un “dialogue fraternel”. Ce positionnement pourrait favoriser une reprise des négociations, dans un contexte où l’énergie et la sécurité Maghrébine influencent les relations transatlantiques.

Les dernières résolutions du Conseil de Sécurité de l’ONU sur le Sahara Occidental prorogent annuellement le mandat de la MINURSO (Mission des Nations Unies pour l’Organisation d’un Référendum au Sahara Occidental) tout en appelant à une solution politique juste et mutuellement acceptable. En date de mai 2026, la plus récente est la résolution 2797 (2025), adoptée le 31 octobre 2025, qui valide explicitement le plan d’autonomie Marocain de 2007 comme base réaliste de négociations.

Résolutions récentes clés

• Résolution 2797 (31 octobre 2025) : Proroge la MINURSO jusqu’au 31 octobre 2026. Elle appuie les efforts de l’Envoyé personnel de l’ONU (Staffan de Mistura) pour des négociations basées sur le plan d’autonomie sous souveraineté Marocaine, considéré comme “une solution des plus réalistes”. Adoptée par 11 voix pour (États-Unis, France, Royaume-Uni, etc.), 3 abstentions (Chine, Russie, Pakistan) et sans vote de l’Algérie.

• Résolution précédente (2024) : Numérotée 2756 selon certains rapports, prorogée jusqu’au 31 octobre 2025, avec un appel similaire à une solution politique sans avancée décisive.

Points principaux de la résolution 2797

Cette résolution marque une inflexion pro-Marocaine, en affirmant que “l’autonomie sous souveraineté Marocaine pourrait être une solution des plus réalisables” et en exhortant les parties (Maroc, Front Polisario, Algérie, Mauritanie) à négocier sans préalables sur cette base. Elle réaffirme le principe d’autodétermination mais oriente vers un compromis plutôt qu’un référendum pur, tout en demandant un examen stratégique de la MINURSO dans les six mois. L’Algérie a boycotté le vote, critiquant un cadre favorisant les “ambitions territoriales” du Maroc, tandis que la Russie dénonce une “démarche de cowboys” Américaine.

État actuel

Aucune nouvelle résolution n’a été adoptée depuis octobre 2025, le mandat de la MINURSO courant jusqu’à fin octobre 2026. Les tensions persistent, avec des critiques sur le non-respect du cessez-le-feu et l’insuffisance d’aide aux réfugiés Sahraouis.

Par : Mohammed CHOUAKI – Lille

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