Algérie-Niger « le puits Kafra Sud-Est 1 », symbole d’un partenariat stratégique relancé

Par :  Pr Sofiane BENSMAINE

Le lancement imminent du forage du puits d’exploration « Kafra Sud-Est 1 », dans le nord du Niger, marque une étape concrète dans la relance du partenariat énergétique entre l’Algérie et le Niger, porté par le groupe Sonatrach et ses filiales.

Un projet phare à la frontière Algéro-Nigérienne

Situé dans la région d’Agadez, à environ 85 km de la frontière sud de l’Algérie, le puits « Kafra Sud-Est 1 » fait partie du vaste bloc pétrolier de Kafra, qui s’étend sur plus de 23 700 km². Ce projet, décrit comme « prometteur » par les autorités des deux pays, est le premier du genre réalisé par une entreprise Algérienne dans le nord du Niger.

L’Entreprise Nationale de Forage (ENAFOR), filiale de Sonatrach, a achevé en un temps record les dernières retouches avant le démarrage des opérations, qui viseront une profondeur de 3 900 mètres.

Des réserves confirmées, un potentiel à consolider

Les premiers forages exploratoires menés sur le bloc de Kafra, notamment les puits KFR-1 et KFRN-1 en 2018–2019, avaient déjà révélé un potentiel hydrocarbure majeur, avec des réserves récupérables estimées à plus de 260 millions de barils de pétrole.

Le nouveau programme de forage, qui inclut plusieurs puits dont « Kafra Sud-Est 1 », vise à :

• confirmer l’étendue et la qualité des réserves ;

• préparer la phase de développement et d’exploitation du champ ;

• permettre au Niger de faire passer sa production de pétrole d’environ 20 000 à près de 110 000 barils par jour à terme.

Une coopération énergétique relancée après une pause

La coopération Algéro-Nigérienne dans le domaine des hydrocarbures, initiée dès 2005 sur le bloc de Kafra, avait connu une longue pause, notamment après le coup d’État de juillet 2023 au Niger. Début 2026, une série de rencontres de haut niveau entre les Ministres Algérien et Nigérien des Hydrocarbures a permis de :

• valider de nouveaux plans opérationnels pour Kafra ;

• relancer les activités de Sonatrach et de ses filiales (SIPEX, ENAFOR) sur place ;

• signer, le 24 mars 2026, un protocole d’accord Algéro-Nigérien dans le domaine des hydrocarbures.

Ce regain d’activité s’inscrit dans une dynamique plus large, qui inclut également le projet de Gazoduc Transsaharien (TSGP) et l’implantation de Naftal au Niger, consolidant la position de l’Algérie comme partenaire énergétique clé pour Niamey.

Enjeux stratégiques pour Alger et Niamey

Pour le Niger, le projet Kafra représente un levier de souveraineté énergétique et de développement économique, dans un contexte où le pays cherche à diversifier ses alliances et à valoriser ses ressources.

Pour l’Algérie, il s’agit à la fois :

• d’étendre l’influence de Sonatrach en Afrique de l’Ouest et au Sahel ;

• de sécuriser des volumes supplémentaires dans une logique d’intégration régionale ;

• de renforcer son rôle de hub énergétique entre l’Afrique du Nord et l’Afrique Subsaharienne.

Le puits « Kafra Sud-Est 1 » n’est donc pas seulement une opération technique : c’est un symbole politique et économique de la volonté des deux États de faire des hydrocarbures un pilier de leur partenariat stratégique.

Par : Pr Sofiane BENSMAINE – Cambrai

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