Algérie – France : TEBBOUNE reçoit Gérald Darmanin, un signal de dégel Judiciaire

Par : Mohammed CHOUAKI

Le Ministre Français de la Justice, Gérald Darmanin, s’est rendu lundi 18 mai 2026 à Alger, où il a été reçu par le Président Algérien Abdelmadjid TEBBOUNE pour une rencontre de deux heures et demie, marquant une étape clé dans la tentative de réchauffer les relations Franco-Algériennes.

Objectifs principaux de la visite

Contexte diplomatique

• La visite intervient après une crise diplomatique aiguë entre la France et l’Algérie depuis 2024.

• Darmanin a mis en avant la volonté de retrouver un rapport « simple et franc » avec Alger.

• Il a rencontré son homologue Algérien, Lotfi Boudjemaa, ainsi que des hauts magistrats des deux pays pour relancer la coopération judiciaire à l’arrêt

Déroulement

Darmanin est arrivé dimanche à Alger et a été reçu officiellement par le Ministre Algérien de la Justice avant l’entretien avec le Président TEBBOUNE, étape non prévue initialement à l’agenda mais devenue centrale. Cette visite express est qualifiée de « geste d’apaisement » par la chancellerie Française.

Cette rencontre souligne l’importance des deux pays à dépasser leurs différends diplomatiques pour retrouver une collaboration concrète sur des enjeux de sécurité et de justice communs.

En France, la visite de Gérald Darmanin à Alger a suscité des réactions politiques très clivées, marquant la persistance de l’affrontement entre la majorité Présidentielle et la droite sur la ligne à adopter avec l’Algérie.

Réactions par camp politique

Points de friction politique

1 La ligne « fermeté » vs « conciliation »

• Bruno Retailleau estime que la réponse Française doit reposer sur un « rapport de force suffisamment prégnant », notamment sur les OQTF et les visas.

• La majorité Présidentielle considère au contraire que ce rapport de force a « échoué spectaculairement » et qu’il faut « renouer la confiance » avec Alger.

2 Le dossier Christophe Gleizes

• Le journaliste Français incarcéré en Algérie depuis mai 2024 est devenu un symbole de la crise bilatérale.

• Tous les camps exigent sa libération, mais s’opposent sur la méthode : pression ferme (LR, RN) ou dialogue discret (majorité).

3 La « DZ mafia » et la sécurité

• La lutte contre le cartel criminel de Marseille fait l’objet d’un relatif consensus sécuritaire, mais les partis de droite accusent le gouvernement d’avoir attendu trop longtemps pour agir.

4 Geste symbolique controversé

• Darmanin s’est incliné devant un mausolée glorifiant des combattants du FLN, ce que certains députés RN et LR ont jugé comme une « soumission » face à l’Algérie tandis qu’il retient encore un journaliste Français.

Conséquence politique en France

Ces réactions montrent que la relation avec l’Algérie reste un sujet hautement politisé, avènement diviseur au sein de la France, et que toute avancée diplomatique continue d’être scrutée à travers le prisme électoral (présidentielle 2027).

En somme, si Darmanin a salué un « dégel diplomatique », la classe politique Française reste sévèrement scindée entre partisans de la fermeté et partisans du rapprochement avec Alger.

Par : Mohammed CHOUAKI – Lille

Auteur/autrice

Views: 16

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *