À l’Émir d’Abou Dhabi et à son conseiller : la mémoire ne s’efface pas

Par : le Sénateur Abdelkader REGUIG

Président de l’Ordre des Ingénieurs Experts Arabes – Genève – Suisse

Monsieur Anwar Gargash, Conseiller diplomatique,

Vous parlez de « raison », de « clarté des intérêts »,d’« énigmes à décrypter ». Permettez à un Algérien de vous répondre avec la clarté que vous appelez de vos vœux, puisque visiblement l’Histoire vous fait défaut.

Une leçon de diplomatie qui tombe mal

Vous reprochez au Gouvernement du Président Abdelmadjid TEBBOUNE une diplomatie « floue », guidée selon vous par des « tensions internes ». Curieuse posture de la part d’un État dont la politique Etrangère consiste, depuis des années, à souffler sur les braises partout où il pose le pied : au Yémen, au Soudan, en RDC, au Somaliland. Un État qui a fait de l’instabilité des autres peuples son modèle économique n’est pas le mieux placé pour donner des cours de méthode diplomatique à qui que ce soit.

Vous dénoncez des « énigmes à décrypter ».

-Mais qui décryptera, pour nous, votre silence sur le soutien apporté au MAK, mouvement séparatiste classé comme terroriste par l’Algérie ?

-Qui nous expliquera la protection accordée à des fugitifs de la justice Algérienne ?

-Qui nous détaillera votre coopération militaire avec l’axe Tel-Aviv–Rabat, dont les visées contre l’Algérie ne sont un secret pour personne dans la région ?

Ce que vous appelez « ambiguïté » chez nous n’est que le reflet de ce que vous refusez d’assumer chez vous.

L’ingratitude a un prix

Il faut que vous vous souveniez — ou qu’on vous le rappelle, puisque la mémoire semble être devenue une denrée rare à Abou Dhabi.

Dans les années 1970, quand votre fédération n’était encore qu’un projet fragile, regardé avec scepticisme par une partie du Monde Arabe, c’est l’Algérie de Houari Boumédiène qui a mis tout le poids de son prestige — celui d’une révolution qui avait fait plier une puissance coloniale — pour légitimer votre jeune État à la Ligue Arabe. C’est Boumédiène qui a défendu Cheikh Zayed, qui a œuvré à apaiser vos différends frontaliers avec vos voisins, qui a offert à votre fédération naissante une couverture diplomatique qu’elle n’aurait pas eue seule.

Et quand Cheikh Zayed a voulu reprendre en main ses propres ressources face au cartel des compagnies pétrolières Occidentales, ce n’est pas un cabinet Américain ou Britannique qui est venu bâtir votre industrie pétrolière : c’est l’Algérie. C’est un cadre Algérien de la Sonatrach, Mahmoud Hamra Krouha, envoyé personnellement par Boumédiène, qui a fondé et structuré l’ADNOC à partir de 1973. Votre compagnie pétrolière nationale, celle-là même qui a fait votre richesse et votre puissance actuelles, porte en elle l’empreinte Algérienne.

Voilà ce qu’a été l’Algérie pour vous : un parrain, un protecteur, un allié désintéressé quand vous n’étiez rien sur la scène internationale.

Et voilà comment vous nous remerciez

Pendant que l’Algérie payait de sa diplomatie et de son expertise pour vous faire exister, vous avez choisi de signer les accords d’Abraham et de nouer une complicité avec ceux qui mènent, sous les yeux du Monde, ce que le peuple Palestinien désarmé subit comme un massacre de masse, un véritable génocide. Vous vous êtes rapprochés du Maroc et d’Israël pour former un axe hostile à l’Algérie. Vous avez financé des Partis d’extrême droite connus pour leur hostilité envers les Arabes et les Musulmans. Vous avez soutenu des Obédiences séparatistes et racistes visant directement l’intégrité de notre pays.

C’est vous qui avez comploté contre le Monde Arabe, pas nous.

L’Algérie n’a pas de leçon à recevoir

Contrairement à vous, l’Algérie n’a jamais signé la moindre normalisation portant atteinte aux causes Arabes et Africaines. Elle n’a jamais mis sa sécurité nationale en balance contre les intérêts de qui que ce soit. Elle s’appuie sur une armée nationale indépendante et une politique étrangère souveraine, qui ne se dicte pas depuis l’extérieur et qui n’a besoin d’aucun garant étranger pour justifier sa place dans le Monde.

Alors non, Monsieur Gargash, ce n’est pas « le tapage » qui masque l’absence de vision de l’Algérie. C’est votre État pirouette rhétorique qui masque l’absence de réponse sur le fond parce que vous n’en avez aucune à apporter.

L’Algérie n’a pas besoin qu’on lui explique où sont ses intérêts. Elle vient de démontrer, une fois de plus, que le Président Abdelmadjid TEBBOUNE sait exactement comment les défendre, et avec qui cesser, définitivement, de faire semblant.

Contact : orarexe@gmail.com

Par: Abdelkader REGUIG

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